Incendie Lubrizol : « La seule mesure de prévention efficace serait l’interdiction de la sous-traitance sur les sites Seveso et sur les sites nucléaires »
Lors de son audition devant la commission d’enquête du Sénat Lubrizol, Annie Thébaud-Mony, sociologue de la santé et directrice de recherche honoraire à l’Inserm, a dénoncé le rôle de la sous-traitance.

Incendie Lubrizol : « La seule mesure de prévention efficace serait l’interdiction de la sous-traitance sur les sites Seveso et sur les sites nucléaires »

Lors de son audition devant la commission d’enquête du Sénat Lubrizol, Annie Thébaud-Mony, sociologue de la santé et directrice de recherche honoraire à l’Inserm, a dénoncé le rôle de la sous-traitance.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

La commission d’enquête du Sénat, créée suite à l’incendie de Lubrizol, a auditionné ce jeudi Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

Cette sociologue de la santé est très critique sur la sous-traitance. Dans toutes les catastrophes étudiées par cette spécialiste des conséquences du recours à la sous-traitance, le « non-respect des règles », « des normes » est systématique.

Annie Thébaud-Mony a rappelé aux sénateurs présents que Lubrizol avait d’ailleurs été condamné il y a 6 ans à 4 000 euros d’amendes à la suite d’une fuite « qui était quand même un signe avant-coureur inquiétant ».

Il ressort également de ses travaux sur la sous-traitance, que la communication entre les travailleurs et la direction est quasi absente : « La sous-traitance rompt le lien entre celui qui prescrit le travail et ceux qui l’exécutent ».

La directrice de recherche honoraire à l’Inserm a également insisté sur le fait que les travailleurs (sous-traitants ou non) avaient « une formation insuffisante voire inexistante » et que la plupart du temps les travailleurs, « salariés du site ou travailleurs extérieurs et/ou syndicalistes », ne sont pas écoutés « quant aux dangers potentiels ».

Annie Thébaud-Mony estime que « la seule mesure de prévention efficace » serait d’interdire la sous-traitance « sur les sites Seveso et les sites nucléaires » : « Comme dans la prévention routière, un renforcement nécessaire des sanctions pour infraction et mise en danger de la vie d’autrui serait extrêmement nécessaire par rapport à (…) tous ces crimes industriels. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Sebastion Lecornu press conference in Merignac
5min

Politique

 « Défaut de renseignement », « sous-estimation » de la colère sociale, « stratégie de pourrissement » : le gouvernement a-t-il failli samedi dernier ?  

Face aux pillages et dégradations lors des manifestations de ce samedi 17 octobre, le gouvernement est vivement critiqué pour sa doctrine de maintien de l’ordre. Alors que circulaient depuis plus d’un mois des appels à manifester ce samedi 17 octobre et que les lycéens et étudiants sont dans la rue depuis trois semaines, le gouvernement semble avoir sous-estimé la colère et les débordements possibles ce samedi.

Le

Clashes During Paris Austerity Protests
6min

Politique

Après les pillages du 17 octobre, faut-il couper les réseaux sociaux ?

Gabriel Attal relance l’idée d’un blocage temporaire des plateformes dans les zones touchées par les violences, après le chao du week-end. Elles facilitent les rassemblements et démultiplient les images de casse, mais leur rôle dépasse la seule organisation des émeutes.

Le

Paris France Protests
9min

Politique

Violences du 17 octobre : pourquoi l’état d’urgence est écarté par le gouvernement ?

Après un week-end marqué par des scènes de chaos et de pillages dans plusieurs villes, l’exécutif exclut pour le moment le recours à l’état d’urgence, préférant la mise en place de « couvre-feux localisés ». De quels moyens dispose l’exécutif pour rétablir l’ordre ? Inventaire de la boîte à outils sécuritaire dont dispose le gouvernement pour rétablir l’ordre.

Le

NORD – RASSEMBLEMENT MAIRIE
3min

Politique

Après les violences du 17 octobre, les maires font front devant leurs mairies

Au lendemain d’une mobilisation contre la vie chère qui a dégénéré en pillages et en assauts contre des hôtels de ville, l’Association des maires de France (AMF) appelle à un rassemblement ce lundi 19 octobre, à partir de midi. Les maires de Paris, Lyon et Marseille seront reçus par Sébastien Lecornu, à leur demande.

Le