Intercommunalités : l’ancien monde fait de la résistance
Une première analyse des résultats des élections au sein des intercommunalités montre la persistance de l’ordre ancien, marqué par un fort clivage droite gauche.

Intercommunalités : l’ancien monde fait de la résistance

Une première analyse des résultats des élections au sein des intercommunalités montre la persistance de l’ordre ancien, marqué par un fort clivage droite gauche.
Public Sénat

Par Hugo Lemonier

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On le croyait mort, mais il bouge encore. L’ordre ancien a fait son grand retour à l’occasion des élections intercommunales : « La carte politique est marquée par une grande stabilité au plan local », remarque Nicolas Portier, délégué général de l’Assemblée des communautés de France (AdCF). « On retrouve la force de l’ancrage des formations traditionnelles. »

Selon l’AdCF, « 59,7 % des présidents d’intercommunalités ont été réélus dans les 268 principales structures existantes ». Premier enseignement : la droite apparaît comme la grande gagnante dans les intercommunalités. Après renouvellement, elle en détient 56,7 %, contre 32,5 % pour la gauche.

Malgré la perte d’importants fiefs comme Bordeaux, la droite s’est maintenue aux municipales dans plus de 50 % des villes de plus de 9 000 habitants. Elle remporte même la présidence de Metz Métropole, avec à sa tête l’ex-sénateur LR François Grosdidier.

Le retour de la gauche

Quant à la gauche, claudicante au sortir des présidentielles, elle conserve ses bastions et opère même un retour dans les grandes métropoles : « On a vu les scores élevés de Nathalie Appéré à Rennes, Johanna Rolland à Nantes… », cite Nicolas Portier. « Parfois, il y a eu des alliances dès le premier tour avec les écologistes, mais on a vu globalement une grande résistance des socialistes ». Une tendance qui se retrouve lors du « troisième tour » des intercommunalités dans des villes comme Dijon, où François Rebsamen se maintient à la présidence de la métropole.

« Même quand il y a eu un changement de génération, comme à Rouen, on a vu une belle résistance de la gauche, sociale ou sociale-écologiste, qui se réaffirme dans un certain nombre de grandes villes », estime le délégué général de l’AdCF.

Reste tout de même l’incroyable percée écologiste dans les grandes métropoles, comme Bordeaux, Strasbourg et Tours. « Mais dans ces trois villes, les trois maires doivent cohabiter avec le maire d’une commune voisine n’appartenant pas à EELV », note l’AdCF. Pierre Hurmic, à Bordeaux, a ainsi soutenu le maire PS de Mérignac Alain Anziani, obtenant en échange la première vice-présidence.

Les verts trébuchent face les barons locaux

Mais à Marseille et Grenoble, les verts ont dû faire face à l’opposition des villes alentour. Battue par Michèle Rubirola, Martine Vassal a pu conserver la présidence de la Métropole d’Aix-Marseille, grâce au soutien des autres maires de l’intercommunalité.

Cette lecture très politique des élections intermédiaires est limitée aux grandes villes, tempère Nicolas Portier : « L’affichage des étiquettes partisanes a été extrêmement discret : les listes étaient souvent composites et cela nous a demandé un travail assez difficile d’identification. » Mais, l’absence de LREM des conseils municipaux promet cependant une cuisante défaite de la majorité présidentielle aux sénatoriales.

Côté parité, l'ancien monde a, là aussi, la vie dure. Seulement 8% des présidences étaient occupées par des femmes. 13% des communautés de communes sont aujourd'hui présidées par des femmes. Une toute, toute petite avancée.

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