Inventaire estival en vue au Front national
Après les législatives, le parti de Marine Le Pen veut organiser des groupes de travail pour identifier ses forces mais aussi corriger certains points de l’organisation ou du programme.

Inventaire estival en vue au Front national

Après les législatives, le parti de Marine Le Pen veut organiser des groupes de travail pour identifier ses forces mais aussi corriger certains points de l’organisation ou du programme.
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La phase de « rénovation » a débuté au Front national. Le bureau politique s’est réuni ce mardi pour faire le bilan de la séquence électorale et préparer la suite. Une longue séance d’explication qui a duré près de six heures.

À leur sortie, les membres du bureau affichent leur unité, malgré la déception des résultats aux législatives et les critiques exprimés par certains cadres (lire notre article).

Florian Philippot, le numéro deux du parti, assure que l’ambiance était « positive » et que la réunion s’est déroulée dans un esprit de « camaraderie » et « courtoisie », en reprenant les mots prononcés par Marine Le Pen la veille. « Bureau politique constructif », résume de son côté l’eurodéputé Gilles Lebreton, qui a fait part de « remarques exposées avec franchise » mais « bien accueillies ».

Au final, pas de réelle annonce, si ce n’est un agenda des huit prochains mois. Qu’il s’agisse de la campagne, du programme ou encore du fonctionnement du parti, au total sept groupes de travail thématiques vont être chargés lors des trois prochaines semaines de faire l’inventaire des points forts et des points faibles du parti. Leurs conclusions seront rendues dans un séminaire organisé dans la deuxième moitié de juillet et donneront lieu à des « décisions ».

« À tout problème il faut avoir une solution »

« Il y a des pistes d’évolution, des corrections, des recommandations qui vont sortir de ces groupes. Ce qui est bien, il faut le garder, et à tout problème il faut avoir une solution », nous explique Jean-Lin Lacapelle, qui préfère pour le moment insister sur les points forts de son parti. « Quand on arrive à un second tour d’une présidentielle, c’est qu’il y a beaucoup de très bonnes choses, dans le mouvement, dans la pensée politique, dans la structure : il faut les identifier et les renforcer », détaille le secrétaire général adjoint en charge des fédérations.

« Les points à améliorer » : il n’en sera officiellement pas question aujourd’hui, ils seront compilés au cours de l’été. La refondation passera par un congrès, qui se tiendra fin février, début mars 2018.

Les critiques les plus virulentes, exprimées par le président d’honneur Jean-Marie Le Pen, n’ont pas franchi la porte du siège à Nanterre. Persona non grata au bureau politique, le patriarche s’est vu refuser l’accès et n’a pas ménagé ses mots. « Le FN vient de subir deux échecs cinglants (…) le bureau exécutif aurait dû démissionner ».

À la question « Marine Le Pen doit-elle démissionner ?», Jean-Marie Le Pen a répondu « à mon avis, oui ». Et d'ajouter :

« Madame Le Pen n'a pas compris les raisons de son échec, en tout cas elle ne les a pas admises, avec une tendance à faire porter sur les autres les responsabilités qui sont les siennes. »

Sénatoriales en ligne de mire

L’objectif dans un premier temps pour le Front national est de préparer les prochaines échéances électorales, notamment les élections sénatoriales du 24 septembre. Une commission d’investiture doit débuter ses travaux début juillet, et désigner une bonne partie des candidats aux sénatoriales avant le mois d’août.

Dans cette optique de la refondation, le parti cherche également à nouer des passerelles avec d’autres personnalités dans l’espoir de constituer un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale. « Il faut rassembler plus largement, probablement au-delà du Front national. Un rassemblement de personnalités encore plus large peut nous permettre de passer des étapes supplémentaires et de gagner, car c'est bien là l'essentiel », a assuré David Rachline ce matin sur France 2.

Cette stratégie est aussi portée par Louis Aliot, réélu dimanche député des Pyrénées-Orientales, ou encore Jérôme Rivière, l’ex-UMP qui plaide depuis longtemps pour « une union des droites ».

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