Iran: Fabius dénonce une décision « gravissime » pour la sécurité internationale
L'ex-ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a jugé mercredi que la décision "unilatérale" de Donald Trump de se retirer...

Iran: Fabius dénonce une décision « gravissime » pour la sécurité internationale

L'ex-ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a jugé mercredi que la décision "unilatérale" de Donald Trump de se retirer...
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L'ex-ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a jugé mercredi que la décision "unilatérale" de Donald Trump de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien était "gravissime" pour la stabilité du Moyen-Orient et la crédibilité des accords internationaux à venir.

Pour Laurent Fabius, qui avait négocié l'accord de juillet 2015 au nom de la France, cette décision est "un coup grave porté à la sécurité internationale", a-t-il dit sur RTL.

Elle est "grave, et même gravissime, car même si pour le moment la réaction du président Rohani a été modérée", et que "juridiquement l'accord continue d'exister", la question de savoir "si les Iraniens vont respecter les engagements qu'ils ont pris dans les circonstances nouvelles" est posée.

Il y a "derrière la possibilité de tensions aggravées au Moyen-Orient", a-t-il ajouté, et, "plus largement encore, c'est toute la crédibilité des accords internationaux qui est en cause": "si un accord entériné par les Nations unies unanimes, et qui a été respecté - l'AIEA en témoigne -, est mis en cause unilatéralement par un pays comme les Etats-Unis, à quoi alors est-ce qu'on peut croire ?", a-t-il interrogé.

En particulier, alors qu'"on cherche à dénucléariser la Corée du Nord", la décision américaine offre selon lui "un argument en or massif": "lorsque la question des signatures va être posée, (...) est-ce que les Coréens du Nord ne vont pas dire +comment signer avec un pays qui lui-même n'a pas respecté un accord international entériné et respecté?+", a-t-il souligné.

Interrogé sur un risque de guerre, il a souligné qu'"il y a beaucoup de scénarios possibles" mais en a évoqué "deux extrêmes".

Dans un scénario "optimiste", "l'Iran reste dans son engagement de ne pas avoir de bombe atomique, l'Europe, la Chine, les Russes, font le nécessaire pour que, en ce qui les concerne, les sanctions ne soient pas rétablies (...) et qu'on continue comme ça en essayant d'atténuer les tensions jusqu'au moment où, peut-être, les Américains, avec un président différent, reviendront sur leur position".

Dans un scénario "noir", l'Iran sortirait de son engagement, provoquant "du même coup une réaction dans d'autres pays de la région - Arabie saoudite, peut-être l'Egypte, la Turquie" - qui souhaiteraient alors "se doter de la bombe", ce qui alimenterait "des tensions accrues" et "finalement une déstabilisation générale" avec, "au plus noir", "une possibilité de conflit direct entre l'Iran et les Etats-Unis".

Interrogé pour savoir si la décision américaine constituait un échec pour la diplomatie française, l'ancien ministre a dit ne pas vouloir "du tout se situer sur ce terrain là car (il n'a) pas à porter de jugement politique".

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