Irresponsabilité pénale : Dupond-Moretti absent en séance, « les Français apprécieront », tacle Marie-Pierre de la Gontrie
A peine entamé, l’examen du projet de loi « Responsabilité pénale et sécurité intérieure » par les sénateurs, a donné lieu à un incident de séance. L’absence du garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, retenu à Poitiers pour les Etats généraux de la Justice, a été qualifiée d'« insupportable », par la gauche du Sénat.

Irresponsabilité pénale : Dupond-Moretti absent en séance, « les Français apprécieront », tacle Marie-Pierre de la Gontrie

A peine entamé, l’examen du projet de loi « Responsabilité pénale et sécurité intérieure » par les sénateurs, a donné lieu à un incident de séance. L’absence du garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, retenu à Poitiers pour les Etats généraux de la Justice, a été qualifiée d'« insupportable », par la gauche du Sénat.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Que Monsieur, Éric Dupond-Moretti ait décidé de faire campagne avec M. Macron, c’est son problème. Mais ça ne peut pas être au prix de la désertion du débat parlementaire […] C’est assez insupportable […] Nous sommes en campagne électorale et personne n’est dupe […] On voit bien que c’est la campagne d’abord et le Parlement après. Les Français apprécieront ».

On l’aura compris. La sénatrice socialiste, Marie-Pierre de la Gontrie n’a pas vraiment apprécié l’absence du garde des Sceaux, lundi après-midi, pour l’examen en séance publique du projet de loi « « Responsabilité pénale et sécurité intérieure ». Un texte assez technique dont la mesure phare introduit une exception au régime d’irresponsabilité pénale. Elle vise à répondre à l’émotion suscitée par l’affaire Sarah Halimi.

>> Lire notre article: Affaire Halimi : le Sénat adopte une proposition de loi pour réformer l’irresponsabilité pénale

« Vous préféreriez que le garde des Sceaux soit là, mais ce n’est pas la première fois que ça arrive »

Mais voilà, Éric Dupond-Moretti est retenu à Poitiers dans la Vienne pour le lancement des Etats généraux de la Justice. Marc Fesneau, ministre des Relations avec le Parlement, qui le remplaçait dans l’hémicycle, a donc demandé « la réserve » des articles concernant le ministère de la Justice. Ils seront examinés demain au lieu d’aujourd’hui comme l’ordre des articles le commandait. « Nous sommes en semaine gouvernementale. Vous avez la maîtrise de l’ordre du jour. Ces Etats généraux ont été programmés depuis longtemps et on aurait pu vous épargner ce rappel au règlement si on avait mieux pris en considération les besoins de notre travail parlementaire », a fait remarquer le président du groupe PS, Patrick Kanner.

Marc Fesneau s’est défendu de toute offense à l’égard du Parlement. « On fait en sorte que le garde des Sceaux soit là pour des éléments du texte qui le concerne […] On pourrait aussi ne pas demander l’inversion […] Je comprends que vous préféreriez que le garde des Sceaux soit là, mais ce n’est pas la première fois que ça arrive ».

>> Lire notre article: Au Sénat, bisbilles tenaces entre Éric Dupond-Moretti et Laurence Rossignol

« Mépris » du gouvernement

La présidente du groupe communiste, Éliane Assassi a souligné ne pas avoir été informée de l’absence du garde des Sceaux et du ministre de l’Intérieur, lors de la Conférence des présidents, la semaine dernière. « Dans mon esprit cela se rajoute à d’autres faits qui tendent à ce que le Parlement et particulièrement le Sénat, soient méprisés par le gouvernement […] Si on devait faire l’addition de tous les comportements inacceptables du gouvernement l’égard du Sénat, la liste serait très longe et à un moment donné nous ne pouvons pas l’accepter », s’est-elle agacée.

L’examen des articles concernant le régime de l’irresponsabilité pénale aura lieu mardi à partir de 14H30, dans une ambiance qu’on pressent électrique.

Partager cet article

Dans la même thématique

Irresponsabilité pénale : Dupond-Moretti absent en séance, « les Français apprécieront », tacle Marie-Pierre de la Gontrie
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Irresponsabilité pénale : Dupond-Moretti absent en séance, « les Français apprécieront », tacle Marie-Pierre de la Gontrie
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le