ISF: la taxation des « produits ostentatoires » de richesse envisageable
Les ministres en charge de l’Économie et des Comptes publics se sont déclarés ouverts dimanche à la possibilité de taxer certains "produits...

ISF: la taxation des « produits ostentatoires » de richesse envisageable

Les ministres en charge de l’Économie et des Comptes publics se sont déclarés ouverts dimanche à la possibilité de taxer certains "produits...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les ministres en charge de l’Économie et des Comptes publics se sont déclarés ouverts dimanche à la possibilité de taxer certains "produits ostentatoires", tels que les yachts ou les jets privés sans remise en cause de la réforme de l'impôt sur la fortune (ISF).

Invité du Grand Jury sur RTL/LCI/Le Figaro, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a soutenu l'idée d'une adaptation de la fiscalité existante mais souhaite éviter le risque d'"ouvrir la boîte de Pandore qui consisterait à fracasser les riches pour aider les pauvres".

"Un véhicule à grosse cylindrée, on peut durcir le malus sur la pollution. Je suis également prêt à envisager une nouvelle tranche pour la taxe de francisation, en fonction de la taille du bateau, avec deux limites: attention à la filière des voiliers et à une fiscalité trop lourde sur les yachts, risquée pour les ports" de la Côte d'Azur notamment, a détaillé Bruno Le Maire.

Pas question en revanche de revoir la réforme prévue de l'ISF qui ne concernera plus que le patrimoine immobilier et exonèrera les valeurs mobilières (actions et obligations, fonds d'investissement).

"Il s'agissait d'une des promesses de campagne d'Emmanuel Macron, l'ISF est un épouvantail pour ceux qui veulent créer des richesses et investir en France. Je suis opposé à toute création d'une nouvelle taxe qui viendrait compléter l'ISF (recentré, ndlr) sur l'immobilier", a expliqué M. Le Maire.

Le ministre a rappelé la volonté du gouvernement de mettre en place "une politique fiscale stable, juste et qui finance l'investissement".

- Les produits ostentatoires -

Également interrogé sur le sujet, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, s'est déclaré, sur BFM TV, "favorable" à la mise en place d'une taxation de ces "produits ostentatoires".

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, le 28 septembre 2017 à Paris
Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, le 28 septembre 2017 à Paris
AFP/Archives

"Ce qui est productif pour l'économie ne sera pas surtaxé, et ce qui est une valeur immobilière ne sera pas plus taxé, simplement comme avant. Je suis favorable à la taxation des produits ostentatoires", a déclaré M. Darmanin.

"S'il y a, ici ou là, de la part de la majorité parlementaire, des volontés de correction, et notamment sur les signes ostentatoires de richesse, à condition que ce ne soit pas la (foire) farfouille aux idées les plus farfelues, personnellement j'y suis favorable", a ajouté le ministre des Comptes publics.

Des positions rejointes par le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, qui a estimé, sur France 3, avoir "toujours été pour l'intégration des oeuvres d'art dans l'ISF", mesure qu'il estime également "logique" pour "les yachts de luxe".

Le projet de budget 2018 prévoit de transformer l'ISF, qui touche aujourd'hui 351.000 foyers, en "impôt sur la fortune immobilière" (IFI), de façon à exempter de taxes les valeurs mobilières et les placements (actions, assurance-vie...).

Cette mesure, censée stimuler l'activité en encourageant les contribuables les plus aisés à investir dans "l'économie réelle", devrait entraîner un manque à gagner de près de 3,2 milliards d'euros pour l'État.

Cette réforme suscite de nombreuses critiques, notamment au sein de la gauche, qui a dénoncé un "cadeau" fiscal pour les ménages les plus fortunés, sans garantie sur les retombées économiques du nouveau dispositif.

Partager cet article

Dans la même thématique

ORSAY: Hopital Paris Saclay, services des   urgences adultes et pediatriques, service de neonatalogie pendant la canicule
10min

Politique

Canicule : « Ça va être terrible, on va atteindre les 10.000 morts, l’équivalent d’une guerre et on ne réagit pas », dénonce le sénateur écologiste Guillaume Gontard

Alors que le bilan de la canicule historique n’est pas connu, les attaques contre le gouvernement, venant de la gauche, du RN, mais même du bloc central, se multiplient. « La chaîne de prévision » et « la chaîne de réaction » ont « tenu », rétorque le premier ministre, Sébastien Lecornu. Mais il reconnaît une fragilité sur « la capacité de rafraîchissement des établissements de santé ». Les premières clim' devraient arriver « en fin de semaine ou début de semaine prochaine ».

Le

ISF: la taxation des « produits ostentatoires » de richesse envisageable
5min

Politique

Loi anti fast-fashion : le Sénat adopte définitivement le texte pénalisant les produits Shein et Temu

Les sénateurs ont définitivement adopté, lundi, la proposition de loi anti fast-fashion, après un accord en commission mixte paritaire pour ne cibler que les plateformes chinoises. Les vêtements de Shein, Temu et AliExpress se verront désormais infliger une pénalité financière. Comme à l’Assemblée, la gauche s’est en partie abstenue, regrettant que le texte délaisse les dérives plus larges de l’industrie textile en Europe.

Le

Photo illustration bois de sapin pour le chauffage
6min

Politique

Climat : les forêts françaises, « puits de carbone » en danger, alerte l'ONG Canopée

Dans un rapport publié ce lundi, l'association de protection des forêts Canopée pointe la réduction de la surface des forêts françaises, puits de carbone qui compensent les émissions de CO2, et indispensables à l'objectif de neutralité carbone à horizon 2050. Une hausse des prélèvements de bois qui s'explique notamment par une hausse des usages énergétiques.

Le

FREE CHRISTOPHE GLEIZES
7min

Politique

Christophe Gleizes, 1 an en prison : « Nous réfléchissons à entrer dans une phase plus offensive de la campagne pour sa libération »

Christophe Gleizes, journaliste sportif de 37 ans, est détenu en Algérie depuis un an. Il a été condamné le 29 juin 2025 à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » avec mandat de dépôt. Ce lundi, RSF réitère son appel à une « libération immédiate ». Thibaut Bruttin, directeur général de l’organisation qui chapeaute le comité de soutien du journaliste sportif, fait un point pour Public Sénat sur la situation.

Le