Le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis condamne la posture de Frédérique Vidal qui persiste à vouloir mener une enquête sur l’activisme supposé de certains universitaires.
« Islamo-gauchisme » : « Frédérique Vidal ferait bien de s’occuper de la détresse des étudiants », tance Stéphane Troussel
Le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis condamne la posture de Frédérique Vidal qui persiste à vouloir mener une enquête sur l’activisme supposé de certains universitaires.
Par Héléna Berkaoui
Temps de lecture :
3 min
Publié le
Mis à jour le
Invité de la matinale de Public Sénat ce lundi, le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis fustige la ministre de l’Enseignement supérieur empêtrée dans un débat sur « l’islamo-gauchisme » depuis une semaine. Malgré la fronde des universitaires, Frédérique Vidal assure, dans les colonnes du Journal du dimanche, vouloir mener une enquête dans les universités pour « distinguer les scientifiques de ceux qui nourrissent l’activisme ». Sur RTL, ce matin la ministre a aussi dit regretter cette polémique.
« La ministre ferait bien de s’occuper de la détresse des étudiants », lance le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis. « Cette sortie est incompréhensible », pour Stéphane Troussel. « La même ministre, il y a quelques mois, face au même débat, expliquait que ce n’était pas cela le problème de fond qui était posé à l’université », soulève le président du conseil départemental de Seine. Lors de l’examen du projet de loi de programmation pour la recherche, Frédérique Vidal affirmait effectivement, sur Public Sénat, qu’elle n’avait « aucun doute sur le respect des valeurs de la République dans les universités ».
Autre sujet de préoccupation pour le président du conseil départemental : la situation des étudiants. Contrairement à d’autres départements, la Seine-Saint-Denis ne dispose pas à ce jour de bureau d’aide psychologique universitaire. Il regrette dans le même temps que le gouvernement ait écarté la proposition de ses collègues socialistes à l’Assemblée nationale pour l’extension du RSA aux jeunes de 18 à 25 ans. « La position du gouvernement est incompréhensible », pour Stéphane Troussel.
Fracture vaccinale : « il faut s’adapter aux réalités du territoire »
Ces dernières semaines, les communes de Seine-Saint-Denis ont constaté avec effarement qu’une partie des personnes vaccinées étaient en réalité issues d’autres départements d’Île-de-France. En cause, la fracture numérique favorisant les patients plus connectés et plus au fait des possibilités de réserver des créneaux de vaccination en ligne.
« Dans un département comme la Seine-Saint-Denis, où il y a des inégalités sociales de santé très fortes, il faut s’adapter aux réalités du territoire », appelle le président du conseil départemental du département, Stéphane Troussel. Invité de la matinale de Public Sénat ce lundi, il rappelle que la stratégie vaccinale ne peut « passer uniquement par les plateformes numériques de type Doctolib parce qu’il y a un certain nombre de personnes âgées, de plus de 75 ans, plus vulnérables, plus fragiles, plus isolées, marquées par la fracture numérique ».
« Il faut déployer une stratégie vaccinale qui va vers les populations, cette stratégie se déploie enfin, depuis quelques jours, avec l’ouverture d’un centre de vaccination à Bobigny et là les rendez-vous sont organisés à la suite d’appels téléphoniques », indique Stéphane Troussel.
Le Premier ministre souhaite rehausser les plafonds qui limitent le montant des franchises pour les médicaments et les consultations médicales. Une mesure impopulaire qui annonce la couleur des débats sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale.
Du succès de la mobilisation contre la loi Duplomb au classement sans suite de la pétition sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre, les pétitions en ligne s’imposent comme un nouveau mode d’interpellation des élus. Sans portée juridique contraignante, elles peinent toutefois à infléchir le travail parlementaire. Leur succès révèle surtout l’aspiration croissante des citoyens à peser sur les décisions publiques entre deux élections, alors que les institutions peinent encore à leur ouvrir une véritable place.
Mercredi, le Parlement a définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole qui prévoit l'utilisation à titre dérogatoire, pour certaines cultures, de deux néonicotinoïdes interdits en France. Un texte qui va faire l'objet d'une saisine du Conseil constitutionnel par différents groupes politiques. L'année dernière, les Sages avaient censuré une disposition similaire issue d'un texte d'origine sénatoriale, mais les parlementaires ont, depuis, revu leur copie.
Les deux quinquennats d’Emmanuel Macron ont été marqués par un nombre important de gouvernements. Sur ces neuf ans, c’est le ministère de la Santé qui a connu le plus de ministres, talonné par les ministères en charge des Collectivités territoriales ou de l’Environnement. Les Armées, l’Economie et les Affaires étrangères sont ceux avec le plus de stabilité. Le reflet de choix politiques ou le fruit d’une instabilité politique ?