Jean-Christophe Rufin : « L’Histoire, c’est des guerres, des épidémies, des famines… On l’avait oublié »
Pour Jean-Christophe Rufin, écrivain membre de l’Académie française et invité de Livres & Vous le 11 avril, la Nature nous a rattrapé. Une cruelle leçon de modestie, selon le Prix Goncourt 2001.

Jean-Christophe Rufin : « L’Histoire, c’est des guerres, des épidémies, des famines… On l’avait oublié »

Pour Jean-Christophe Rufin, écrivain membre de l’Académie française et invité de Livres & Vous le 11 avril, la Nature nous a rattrapé. Une cruelle leçon de modestie, selon le Prix Goncourt 2001.
Public Sénat

Par Pierre-Henri Gergonne

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

La crise sanitaire ? Un « retour de l'Histoire », estime Jean-Christophe Rufin, écrivain, médecin et ancien diplomate. C'est de chez lui, du côté du Mont Blanc, que Jean-Christophe Rufin, confiné mais au grand air, observe les ravages du coronavirus.

« L'Histoire, c'est des guerres, des épidémies, des famines...et cela on l'avait oublié. Tout cela semblait très loin », dit-il dans l’émission littéraire Livres & Vous que nous avons enregistrée à distance.

Pourtant, l'académicien pressentait la catastrophe. Ce petit quelque chose qui altère les douceurs de la vie et qui insidieusement inquiète. « Il y avait quelque chose qui flottait dans l'air. On sentait que quelque chose allait arriver, on sentait que le système ne fonctionnait plus. Comme si, de manière générale, on avait trop tiré sur la corde. » Jean-Christophe Rufin se sent « rattrapé par la Nature ». 

De cette crise, il va nous rester une notion de fragilité

L'épidémie actuelle mène aussi à la modestie. « Oui la modestie, voilà ce qu'elle m'inspire, souligne l'auteur, Prix Goncourt au début de ce siècle. On n’a pas fait le tour de toutes les menaces de la Nature. On ne maîtrise pas tout. De cette crise, il va nous rester cette notion de fragilité et nous devrons vivre avec. »

Le Dr Raoult, un artiste ?

Confiné mais pas isolé, Jean-Christophe Rufin demeure un observateur attentif de la seule actualité du moment. Et des polémiques qu'elle charrie. Comme celle du débat toujours en cours autour de l'efficacité de la chloroquine, cette molécule défendue par le Pr Didier Raoult à Marseille. « Il y a un retour de l'humain dans son discours. C'est en fait la médecine de toujours, loin des items statistiques et des contrôles juridiques. Presque une forme d'art. »

Reste que, comme pour beaucoup, le confinement pèse sur les épaules de Jean-Christophe Rufin là où les montagnes, la Nature, lui ouvre ses bras. « J'essaye d'éviter les gendarmes », sourit-il, plus préoccupé encore par les atteintes aux libertés que génère la crise sanitaire.

« Une démocratie peut aller très loin dans les contrôles. Elle peut aller très vite aussi dans le sens de l'anéantissement total des libertés. » Alors, parfois, Jean-Christophe Rufin, l'œil fixé sur les sommets sent monter des réflexes de « maquisard ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Jean-Christophe Rufin : « L’Histoire, c’est des guerres, des épidémies, des famines… On l’avait oublié »
2min

Politique

Loi d’urgence agricole et débat sur les pesticides : « Il faut se ranger derrière les autorisations européennes », estime le Sénateur Franck Menonville

Co-auteur d’un texte sur la réintroduction de certains pesticides, le sénateur centriste Franck Menonville demande au gouvernement de reprendre ses dispositions dans le projet de loi d’urgence agricole qui sera présenté dans quelques semaines. Auprès de Public Sénat, l’élu rappelle que les substances concernées sont autorisées par la législation européenne.

Le

Jean-Christophe Rufin : « L’Histoire, c’est des guerres, des épidémies, des famines… On l’avait oublié »
3min

Politique

Salon de l’agriculture : « Nous avons besoin de retrouver notre souveraineté agroalimentaire qui faisait la force de notre pays » plaide Sophie Primas

Au lendemain de la visite du Premier ministre au Salon de l’agriculture, la sénatrice LR Sophie Primas appelle à replacer la production au cœur des priorités. Face à la colère persistante du monde agricole, elle plaide pour des mesures concrètes en faveur de la compétitivité, de la souveraineté alimentaire et d’une concurrence européenne plus équitable.

Le