Jean-Luc Moudenc : « Le second tour des municipales doit pouvoir se tenir en juin »
Jean-Luc Moudenc, le président de France urbaine, espère que le second tour des municipales pourra se tenir en juin si les conditions sanitaires sont réunies. C’est une question importante pour les exécutifs locaux qui voient leurs projets d’investissements retardés. L’association réunie les métropoles et grandes agglomérations et elle appelle également à leur donner une place centrale dans la relance de l’économie. Jean-Luc Moudenc souhaite aussi une réouverture encadrée des cafés et restaurants dans les départements en vert. Le maire LR de Toulouse répond aux questions d’Oriane Mancini.

Jean-Luc Moudenc : « Le second tour des municipales doit pouvoir se tenir en juin »

Jean-Luc Moudenc, le président de France urbaine, espère que le second tour des municipales pourra se tenir en juin si les conditions sanitaires sont réunies. C’est une question importante pour les exécutifs locaux qui voient leurs projets d’investissements retardés. L’association réunie les métropoles et grandes agglomérations et elle appelle également à leur donner une place centrale dans la relance de l’économie. Jean-Luc Moudenc souhaite aussi une réouverture encadrée des cafés et restaurants dans les départements en vert. Le maire LR de Toulouse répond aux questions d’Oriane Mancini.
Public Sénat

Par Oriane Mancini

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Le déconfinement à Toulouse :

« Cela se passe plutôt bien et de manière très progressive. Les gens sont prudents et assez attentistes. Tout le monde respecte les consignes notamment dans les transports en commun. On sent que les choses se mettent en place et que la vie revient peu à peu. »

 

L’application StopCovid :

« Je pense qu’il faut une phase d’expérimentation avec des territoires candidats dont certaines grandes villes. Il faut bien sûr que les garanties annoncées par le gouvernement soient strictement observées. Sans confiance, cela ne marchera pas. Pour trancher tous les débats, il faut essayer concrètement avec des personnes volontaires. Si cette application peut être un atout supplémentaire pour éviter la propagation du virus, on aurait tort de ne pas tenter. France urbaine n’a pas encore pris formellement position sur cette question. »

 

Le début de déconfinement :

« Il y a beaucoup d’inquiétudes parce que c’est une période compliquée et sans précédent. Nous avançons avec beaucoup de prudence. Nous nous sommes posés en partenaire de l’État puisque le chef de l’État a désigné le couple préfet maire au cœur du dispositif. Nous adhérons à l’esprit de la démarche et à la méthode. Après, ce déconfinement soulève de nombreux problèmes. La réouverture des écoles est par exemple un véritable casse-tête. »

 

La réouverture des écoles :

« À Toulouse, nous avons par exemple ouvert un tiers des établissements pour les 2 premières semaines. L’orientation définie par l’éducation nationale était de ne rouvrir que certains niveaux. J’observe que certains parents se sont ravisés et que nous avons eu beaucoup moins d’enfants qu’annoncé. Cela signifie que les gens sont très prudents voire réticents. La peur est encore là et c’est compréhensible. Nous travaillons avec le rectorat pour rouvrir d’autres niveaux le 25 mai et ensuite la totalité des écoles début juin. Cela suppose de mettre le protocole sanitaire en place et je ne suis pas inquiet parce que les choses sont bien établies. Cela fonctionne. En revanche, nous avons un problème de ressources humaines. Une partie de nos agents ne peut pas reprendre parce qu’ils ont des comorbidités, des fragilités pathologiques par exemple. Nous sommes en train de regarder pour opérer des recrutements temporaires de manière à augmenter notre capacité d’action. Un point me chagrine un peu c’est le fait que l’éducation nationale n’a pas considéré les enfants des enseignants et des personnels des collectivités comme prioritaires. Je demande que ce soit le cas. L’idée n’est pas de privilégier nos agents mais parce que cela permet de mobiliser plusieurs centaines de personnels supplémentaires. À Toulouse par exemple, cela représente 300 personnes qui sont bloquées faute de solutions pour faire garder leurs enfants. J’espère que ce problème sera réglé dans les 10 ou 15 jours. »

 

L’ouverture des parcs :

« J’y suis favorable mais à Toulouse nous sommes dans un département vert donc nous avons cette possibilité. La réouverture est progressive avec une remise à niveau et une sécurisation des espaces après 2 mois sans entretien. L’idée est de rouvrir la totalité d’ici l’été. Là encore, nous faisons face à un manque de personnels et nos prestataires ont aussi le même problème. En zone rouge, je pense que l’on pourrait envisager une réouverture immédiate mais à condition de mettre les moyens pour garantir le respect d’un certain nombre de précautions. Peut-être que l’on pourrait rendre le port du masque obligatoire dans ces parcs et jardins. S’il y a un protocole spécifique et renforcé, leur réouverture est peut-être possible. » 

 

L’enjeu du tourisme :

« Le secteur du tourisme est un secteur important avec un fort développement du tourisme urbain. Les grandes villes ont notamment investi massivement dans ce secteur. C’est un des secteurs les plus sévèrement touché par la crise et c’est bien que le gouvernement en réunisse les acteurs aujourd’hui. La France est la première destination touristique et il faut essayer de préserver le maximum de choses. Nous avons fait des propositions comme la reprise des cafés et restaurants par exemple. Ils participent au vivre ensemble et ce sont des acteurs du tourisme. Dans les départements en vert, le maintien de leur fermeture sans discussion est quelque chose d’excessif. Je suis favorable à la construction de protocoles sanitaires avec les professionnels et que le choix leur soit laissé ensuite, d’une réouverture ou non. Si l’on peut redémarrer partiellement cette activité, ce sera bien pour notre pays. »

 

Les municipales :

« Tout cela est suspendu à l’avis du conseil scientifique annoncé pour le 23 mai. Une majorité d’élus de France urbaine, considère que ce second tour doit se tenir en juin. D’abord pour une raison de logique. Dès l’instant où tout rouvre peu à peu, cela paraît curieux de ne pas pouvoir ouvrir un bureau de vote avec des mesures sanitaires renforcées. Ensuite, tant que les exécutifs ne sont pas installés, les projets sont à l’arrêt et la machine économique ne peut repartir. Il y a beaucoup d’arguments de fond pour un achèvement du processus électoral dans les 5000 communes qui n’ont pas élu leur conseil entièrement. La position de France urbaine c’est que ce scrutin doit avoir lieu le plus tôt possible mais à la condition absolue de sécurité sanitaire. »

 

L’impact économique :

« Les finances des collectivités sont sévèrement impactées et nous demandons une aide supplémentaire à l’État. Les discussions sont en cours avec le gouvernement. Nous avons des pertes de recettes et des dépenses supplémentaires. Sur 2020, nous allons tenir le coup et l’État nous proposera sans doute une compensation partielle. Ce qui m’inquiète ce sont les années suivantes. La répercussion va être très forte. Certaines recettes fiscales vont reculer dans des proportions que nous sommes incapables d’évaluer. Aussi, nous demandons à l’État de ne pas considérer uniquement le court terme mais de s’inscrire dans la durée. Ensuite, il faut mettre en place ensemble une méthode concertée d’évaluation permanente. »

 

Les transports publics :

« Il y a un budget qui est en train de plonger, c’est celui des transports publics et il est très important dans les grandes villes. La première ressource c’est une cotisation qui vient des entreprises et qui va forcément s’effondrer. L’autre ressource, c’est la part payée par les usagers et cette recette a diminué durablement. Ces 2 recettes représentent 80% du financement de ces transports publics et il faut une solution de compensation de l’État. »

 

Le secteur aérien :

« Oui je suis inquiet puisque Toulouse est la capitale européenne de l’aéronautique. Nous sommes très impactés et je redoute des pertes d’emplois. L’État a un rôle considérable à jouer parce que c’est une activité d’excellence et un enjeu de souveraineté. Il faut que l’État prenne en considération l’ensemble de la filière et pas seulement Airbus. Une crise c’est aussi une mutation et l’État doit l’accompagner pour que tout cela aille vers un nouvel espoir, un nouveau deal. »

 

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