Jean-Marie Le Pen condamné en appel pour deux injures visant les homosexuels
La cour d'appel de Paris a condamné jeudi Jean-Marie Le Pen pour deux injures publiques visant les homosexuels, et parmi eux le...

Jean-Marie Le Pen condamné en appel pour deux injures visant les homosexuels

La cour d'appel de Paris a condamné jeudi Jean-Marie Le Pen pour deux injures publiques visant les homosexuels, et parmi eux le...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La cour d'appel de Paris a condamné jeudi Jean-Marie Le Pen pour deux injures publiques visant les homosexuels, et parmi eux le policier tué dans l'attentat des Champs-Élysées en 2017, mais l'a relaxé s'agissant d'une saillie assimilant les homosexuels au "sel dans la soupe".

Le cofondateur du Front national, âgé de 91 ans, a été condamné à deux peines de 30 jours-amende à 40 euros, soit 2.400 euros d'amende pouvant se transformer en emprisonnement en cas de non-paiement.

C'est plus que les 800 euros sous forme de jours-amende que l'ancien tribun de l'extrême droite, coutumier des provocations et des poursuites judiciaires, s'était vu infliger en première instance, en novembre 2018.

Mais là où le tribunal correctionnel l'avait condamné pour les trois séries de propos qui lui étaient reprochés, la cour d'appel a estimé qu'il n'avait pas excédé les limites du droit à l'humour en affirmant que "les homosexuels, c'est comme le sel dans la soupe: s'il n'y en a pas assez c'est un peu fade, s'il y en a trop c'est imbuvable".

Il a donc été relaxé des délits de provocation à la haine et d'injure s'agissant de cette sortie de décembre 2016.

En revanche, la cour a confirmé sa condamnation pour injure pour avoir affirmé en mars 2016, dans son "Journal de bord" vidéo sur son blog: "Je crois que la pédophilie, qui a trouvé ses lettres de noblesse... interdites, mais tout de même, dans l'exaltation de l'homosexualité, met en cause toutes les professions qui approchent l'enfance et la jeunesse".

Il devra payer 2.000 euros de dommages et intérêts et 2.000 euros au titre des frais de justice à l'association Mousse, qui lutte contre les discriminations homophobes et sexistes. "Ces indemnités permettront de faire un don à l'association Ardhis, qui soutient les réfugiés LGBT", a réagi l'association dans un communiqué: "Merci M. Le Pen".

Jean-Marie Le Pen a aussi vu sa condamnation pour injure confirmée, pour avoir commenté les obsèques du policier Xavier Jugelé, tué en avril 2017 dans un attentat jihadiste sur les Champs-Élysées, au cours desquelles son compagnon s'était exprimé, en ces termes: "Je pense que cette particularité familiale doit être tenue à l'écart de ce genre de cérémonie, qui gagnerait d'ailleurs à plus de discrétion".

Le dossier s'étant soldé par deux propos condamnés pour injure alors que chacune des trois saillies reprochées à M. Le Pen avait fait l'objet de poursuites à la fois pour injure et provocation à la haine, son avocat, Frédéric Joachim, s'est dit "heureux de constater que sur les six poursuites intentées, Jean-Marie Le Pen a été relaxé pour quatre d'entre elles".

S'agissant du "sel dans la soupe", l'avocat s'est satisfait de voir reconnue "la liberté d'expression" de son client.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le