Gestion des dons qui ont afflué, conduite de travaux délicats sur un joyau patrimonial: l'Assemblée examine ce vendredi le projet de loi...
L’Assemblée nationale au chevet de Notre-Dame
Gestion des dons qui ont afflué, conduite de travaux délicats sur un joyau patrimonial: l'Assemblée examine ce vendredi le projet de loi...
Par Pierre ROCHICCIOLI
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Gestion des dons qui ont afflué, conduite de travaux délicats sur un joyau patrimonial: l'Assemblée examine ce vendredi le projet de loi encadrant la restauration de Notre-Dame, dont les délais réduits et les dérogations envisagées aux règles font l'objet de débats passionnés.
"Si aucune opération de restauration de monument historique n'avait encore donné lieu à une telle adaptation législative, c'est parce que nous sommes face à une situation inédite dans notre histoire. Le chantier qui s'annonce est exceptionnel, ambitieux, unique", a justifié le ministre de la Culture Franck Riester à l'ouverture des débats, alors que certains députés d'opposition dénonçaient l'inutilité d'"une loi d'exception".
Chef d'œuvre de l'art gothique, la cathédrale de Paris a été frappée le 15 avril par un incendie qui a détruit sa charpente et la flèche, signée Viollet-le-duc.
Le président Macron a souhaité que l'édifice puisse être restauré en cinq ans, un délai jugé irréaliste par certains spécialistes.
"Une vieille dame vient de chuter et avant même de faire un diagnostic sur son état, on lui prescrit une ordonnance, des anxiolytiques, un régime et on lui demande de préparer un marathon", a dénoncé la députée insoumise Clémentine Autain.
"C'est un délai ambitieux, volontariste qui permet de mobiliser l'ensemble des équipes concernées", a justifié Franck Riester affirmant que les travaux ne se feront "pas à la hâte" et respecteront "les règles de restauration" du "code du patrimoine".
Des ouvriers sur le chantier de restauration de Notre-Dame gravement endommagée par un incendie, le 7 mai 2019 à Paris
AFP
Face aux dons et promesses de dons de particuliers, d'entreprises ou de collectivités, qui approcheraient désormais le milliard d'euros, le gouvernement a prévu d'inscrire dans la loi un dispositif de gestion et de contrôle.
Le texte entérine l'ouverture de la souscription nationale depuis le 16 avril et prévoit que l'ensemble des dons recueillis seront reversés à l'État ou un établissement public.
Les donateurs particuliers pourront bénéficier d'une réduction d'impôts de 75% dans la limite de 1.000 euros pour tous les dons effectués entre le 16 avril et le 31 décembre 2019.
Cette première partie du projet de loi a été peu critiquée au Palais Bourbon, la seule question en débat étant de savoir ce que l'État ferait d'un éventuel surplus des dons, une fois les travaux réalisés.
Franck Riester a cependant appelé à la prudence ceux qui évoque déjà des excédents: "si certains dons nous sont déjà parvenus, d'autres sont en attente de concrétisation et le coût total des travaux n'a pas été chiffré", a-t-il dit.
Il a également réaffirmé que l'ensemble des dons "iront uniquement et intégralement à Notre-Dame". Le montant total des travaux ne dépasserait pas 600 à 700 millions d'euros selon diverses estimations.
- "Chèque en blanc" -
Inventaire des principaux dégâts constatés après l'incendie de Notre-Dame de Paris
AFP
La seconde partie du projet de loi est plus controversée. Elle porte sur la création par ordonnances d'un établissement public pour concevoir, réaliser et coordonner les travaux. Il est prévu également une habilitation du gouvernement à déroger si nécessaire à certaines règles d'urbanisme, de protection de l'environnement, de commande publique ou de préservation du patrimoine.
"Ce matin vous nous proposez, par habilitation, de vous donner un chèque en blanc", a dénoncé Frédérique Dumas (UDI-Agir) citant un sondage Odoxa paru ce vendredi dans la presse selon lequel "72% des Français" seraient "très opposés à une loi d'exception" pour Notre-Dame.
"La France, qui en matière de patrimoine fait référence partout dans le monde, a en main tous les outils qui doivent permettre une restauration et une conservation réussies. Inutile de déroger aux règles et le choix de l'ordonnance nous fait sortir du jeu", a abondé le socialiste Christophe Bouillon.
Les plus gros donateurs pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris
AFP/Archives
"Le Parlement est une nouvelle fois réduit à donner tout pouvoir à l'exécutif à travers des ordonnances", a renchéri Elsa Faucillon (PCF) dénonçant "un précédent dangereux pour les futures opérations de reconstruction".
"Il n'est pas question de se servir de la restauration de Notre-Dame pour piétiner le droit français et européen du patrimoine, de l'environnement ou de l'urbanisme", a assuré le ministre de la Culture.
Le premier ministre a mis sur la table une série de concessions, qui s’adressent surtout au PS, sur le budget. Mais « sur la partie recettes, je reste fortement sur ma faim », pointe le président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner, qui attend des précisions d’ici mardi, notamment sur la taxation des grandes entreprises et des hauts revenus.
Le Premier ministre espère toujours parvenir à un compromis avec les principales forces politiques sur le budget. Il a présenté ce vendredi 16 janvier les mesures clefs d’une nouvelle version du projet de loi de finances, issues de ses échanges avec les forces du bloc central et une partie des oppositions.
Après la signature prévue samedi au Paraguay entre les pays latino-américains du Mercosur et l’Union européenne, les députés européens se prononceront mercredi sur l’opportunité de saisir la Cour de Justice de l’Union européenne contre cet accord controversé. Si la Commission européenne s’est engagée à suspendre l’application provisoire du traité en cas de vote de la résolution, rien pourtant ne l’y oblige.
D’ici la fin de la journée, le Premier ministre présentera des pistes de compromis pour tenter de construire un accord sur le budget. Une dernière tentative pour convaincre le PS de ne pas censurer le gouvernement.