L'alliance entre les centristes François Bayrou et Emmanuel Macron a trouvé son équilibre sept semaines après son annonce, l'aîné se fondant ...
L’attelage Bayrou-Macron a trouvé son rythme de marche
L'alliance entre les centristes François Bayrou et Emmanuel Macron a trouvé son équilibre sept semaines après son annonce, l'aîné se fondant ...
Par Jérémy MAROT
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L'alliance entre les centristes François Bayrou et Emmanuel Macron a trouvé son équilibre sept semaines après son annonce, l'aîné se fondant "avec délicatesse" au sein d'En Marche! où il apporte son expérience des précédentes campagnes présidentielles.
M. Bayrou, lui-même candidat en 2002, 2007 et 2012, retrouve mercredi soir dans sa ville de Pau les frémissements des meetings d'avant premier tour, mais cette fois sans occuper le haut de l'affiche, cédée à M. Macron.
Le président du MoDem, d'abord soutien d'Alain Juppé lors de la primaire de la droite et du centre, avant de s'effacer le 22 février de la course présidentielle au profit de l'ancien ministre de l'Economie, devrait se contenter d'une vingtaine de minutes de discours, jalonné de quelques références à Henri IV, symbole français de réconciliation, selon son entourage.
Il reviendra aussi sur la moralisation de la vie publique et le renouvellement de la scène politique, deux axes érigés en préalable à son ralliement et facilement acceptés par M. Macron.
Pour le reste, M. Bayrou "n'encombre pas la piste" et s'est intégré "avec délicatesse" dans le paysage d'En Marche!, se félicite un cadre du mouvement, bien plus circonspect il y a deux mois lorsqu'il évoquait "l'ego surdimensionné" du maire de Pau.
"A l'époque, il nourrissait une forme d'amertume, avec l'impression qu'Emmanuel Macron avait raflé l'héritage centriste", explique cette même source, en référence aux piques lancées par M. Bayrou contre l'homme ("un hologramme" au service "de très grands intérêts financiers") et contre le programme ("je n'y ai pas trouvé beaucoup de substance").
Depuis, ce passif "a été purgé, ils s'en sont expliqué, ça n'a jamais été tendu", assure un très proche de M. Bayrou.
"Je viens d’un pays de rugby, quand il y a un match, il est parfois vigoureux", plaisantait à ce sujet récemment le Béarnais, qui n'avait pas été épargné par les flèches venimeuses du côté d'En Marche!.
Au quotidien, le patron du MoDem et celui d'En Marche!, tous deux férus d'histoire et littérature, sont en liaison constante.
"Ils s'appellent plusieurs fois par jour, se voient tous les deux jours en face à face ou dans des réunions d'équipe", confirme un proche de M. Macron.
François Bayrou "est très utile pour son expérience de la campagne, de la vie politique, du terrain", poursuit-il. "Par exemple, il apporte une grande attention à la façon dont le candidat s'exprime, l'incite à faire plus simple, plus courant car avec le temps lui-même a dû apprendre à décanter son propos", ajoute cette même source.
- Plan de sauvetage -
Dans l'entourage de M. Bayrou, on souligne aussi le coup de pouce de 3 à 5 points dans les sondages, selon les instituts, dans la semaine suivant l'accord, qui a permis à M. Macron de s'installer comme finaliste probable de la présidentielle.
En échange, M. Bayrou a sans doute sauvé son parti, lancé en 2007 dans le sillage de ses 18% à la présidentielle, dont "deux tiers des militants" étaient déjà prêts à voter pour M. Macron, selon un élu centriste.
Car l'alliance prévoit un accord d'appareil aux législatives impliquant que des candidats sous étiquette En Marche! siègent dans un groupe MoDem.
Concrètement, cela permettra à la formation de bénéficier des subventions publiques liées aux résultats dans les 577 circonscriptions.
En revanche, rien ne filtre officiellement concernant le nombre de circonscriptions réservées aux candidats MoDem, alors qu'avant le ralliement de M. Bayrou, un cadre d'En Marche! estimait que le Palois ne coûtait "pas cher", "moins de dix" circonscriptions.
François Bayrou (g) et Emmanuel Macron, le 23 février 2017 à Paris
AFP
"C'est une négociation qui n'a pas commencé", assure-t-on à En Marche!, en soulignant que c'est aussi au MoDem "d'identifier des circonscriptions et de proposer des noms".
En privé, plusieurs membres d'En Marche! s'interrogent sur le nombre de candidats que pourra présenter le MoDem, avec ses 15.000 adhérents.
M. Bayrou entretient également le flou sur son avenir en cas d'élection de M. Macron: au gouvernement, voire à sa tête ?
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