L’attelage Macron-Bayrou en passe de prendre corps
Après avoir scellé de façon spectaculaire leur "alliance" pour la présidentielle, Emmanuel Macron et François Bayrou se retrouvent jeudi en fin...

L’attelage Macron-Bayrou en passe de prendre corps

Après avoir scellé de façon spectaculaire leur "alliance" pour la présidentielle, Emmanuel Macron et François Bayrou se retrouvent jeudi en fin...
Public Sénat

Par Véronique MARTINACHE

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Après avoir scellé de façon spectaculaire leur "alliance" pour la présidentielle, Emmanuel Macron et François Bayrou se retrouvent jeudi en fin d'après-midi pour concrétiser ce pacte, à la veille de la présentation du chiffrage budgétaire du programme Macron.

Les deux dirigeants se rencontreront jeudi à 17H15 au Palais de Tokyo à Paris et devraient s'exprimer à la presse à l'issue de cette réunion, selon l'entourage de M. Macron.

Les éléments de cette alliance au centre s'emboîtent très rapidement depuis l'annonce surprise du renoncement du président du MoDem à présenter sa propre candidature.

Emmanuel Macron a accepté mercredi l'offre du maire de Pau en moins d'une heure, la qualifiant de "tournant de la campagne présidentielle".

"Je pense qu’il a été touché", a estimé M. Bayrou jeudi. "Il était dans une passe un peu difficile. Le sentiment qu’il a eu, je pense, c'est que nous étions dans un moment très important pour lui et pour le changement de la vie politique française".

- "Ne change rien" -

François Bayrou
François Bayrou
AFP

Selon un sondage Harris interactive réalisé avant l'annonce de M. Bayrou, Marine Le Pen (25% des intentions de vote) arriverait en tête au premier tour de la présidentielle devant le candidat de la droite François Fillon. Un autre sondage BVA-Salesforce donne Emmanuel Macron deuxième à 21% derrière la présidente du FN, qui creuse son avance à 27,5%.

Selon une autre étude (Tilder/LCI/Opinionway) spécifiquement consacrée au ralliement du président du MoDem, cette décision "ne change rien" pour 72% des électeurs (56% parmi les électeurs de M. Bayrou de 2012). 13% d'entre eux ont désormais "plus envie" de voter pour M. Macron, 14% en ont "moins envie".

C'est "le danger que représente Marine Le Pen" qu'a invoqué en premier lieu M. Bayrou pour expliquer son choix.

"Il voulait faire bouger les lignes et éviter un second tour Le Pen - Fillon autant que possible", décryptait son entourage.

"Vieille politique", balaie le Front national, tandis que le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a salué le "sens de la responsabilité" du maire de Pau.

Pour le candidat du PS Benoît Hamon, cette annonce "clarifie les choses": Emmanuel Macron est "un candidat du centre-droit".

C'est à droite que les réactions ont été les plus nombreuses et les plus acerbes. François Bayrou "paie sa place, cette fois officiellement, pour s'asseoir à côté de l’héritier parricide de François Hollande", a lancé François Baroin. "Le vent a trouvé sa girouette", a tweeté Eric Woerth.

Si officiellement à droite une alliance Macron-Bayrou "n'est pas une mauvaise nouvelle" pour le candidat LR, en coulisses, on estime que "Fillon a du souci à se faire". Macron "élargit sa base, son socle", confiait une source parlementaire.

- "Un homme libre" -

Frédéric Dabi, de l'Ifop, relevait toutefois que cette alliance n'est pas sans risque pour le candidat d'En Marche!

"François Bayrou est un véritable chiffon rouge pour l'électorat de droite", explique-t-il dans L'Opinion.

"François Bayrou est has been", estimait il y a peu un parlementaire PS soutenant Emmanuel Macron.

Publiquement, les proches du candidat d'En Marche! saluent l'expérience et l'image de probité dont peut se prévaloir M. Bayrou, assurant que les conditions qu'il a posées ne devraient pas poser de gros problèmes.

Emmanuel Macron a d'ailleurs déjà accédé à sa principale exigence, la promesse d'une loi de "moralisation de la vie publique".

M. Bayrou demande par ailleurs "une véritable alternance, un vrai changement des pratiques et des orientations", une amélioration de la représentativité politique, et souhaite préserver le niveau de la rémunération du travail.

"Nous n'avons rien négocié du tout. La seule chose que nous avons abordée clairement en amont, c'est le choix du pluralisme", a-t-il déclaré jeudi à l'AFP, alors que se profile également la question des investitures pour les législatives.

"Beaucoup de femmes et d'hommes de sensibilité centriste avaient déjà rejoint le mouvement et, comme d'autres, ils ont vocation à être candidats aux législatives", a souligné sur Europe 1 Richard Ferrand, secrétaire général d'En Marche!.

Interrogé sur le rôle de François Bayrou dans la campagne, il a souligné que "c’est un homme libre". "Il mènera la campagne qu’il souhaite."

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