L’enquête pour « abus de faiblesse » visant Darmanin classée sans suite
Le parquet de Paris a classé sans suite mercredi l'enquête pour "abus de faiblesse" visant Gérald Darmanin, ouverte à la suite d...

L’enquête pour « abus de faiblesse » visant Darmanin classée sans suite

Le parquet de Paris a classé sans suite mercredi l'enquête pour "abus de faiblesse" visant Gérald Darmanin, ouverte à la suite d...
Public Sénat

Par Sophie DEVILLER

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Le parquet de Paris a classé sans suite mercredi l'enquête pour "abus de faiblesse" visant Gérald Darmanin, ouverte à la suite d'une plainte d'une femme qui accusait le ministre des Comptes publics de l'avoir obligée à des relations sexuelles pour obtenir un logement et un emploi.

Les investigations n'ont "pas permis de caractériser dans tous ses éléments constitutifs une infraction pénale", a indiqué à l'AFP le parquet.

L'enquête "a établi l'absence de toute infraction, preuve que ces accusations étaient sans aucun fondement", a réagi M. Darmanin dans un communiqué.

"Je laisse ceux qui ont sali mon nom et mon honneur à leur conscience", a-t-il ajouté.

Cette procédure avait été lancée en février à la suite d'une plainte d'une habitante de Tourcoing (Nord) dont M. Darmanin a été le maire entre 2014 et 2017.

Dans un témoignage publié par Mediapart, la plaignante, qui se fait appeler "Sarah", racontait avoir sollicité Gérald Darmanin, pour la première fois en septembre 2015, dans l'espoir notamment de changer de logement.

D'après son récit, un échange par SMS s'était alors engagé et "Sarah", qui se dit en situation de précarité, avait envoyé au maire une photo d'elle pour se rappeler à son souvenir. Plusieurs mois après, ils s'étaient vus à son domicile et avaient eu une première relation sexuelle.

La femme déclarait avoir continué à échanger des SMS avec lui par la suite, notamment des "messages coquins" et des photos d'elle dénudée afin qu'il "ne (l)'oublie pas".

Le ministre, poids lourd du gouvernement, a été entendu le 12 avril par les enquêteurs de la police judiciaire dans le cadre de cette procédure.

- seconde enquête -

Gérald Darmanin, 35 ans, est visé par une seconde enquête après avoir été accusé de "viol" par une autre femme, Sophie Patterson-Spatz, 46 ans.

Le parquet a également classé sans suite cette procédure en juillet 2017 et en février 2018.

"Les actes d'enquête réalisés n'ont pas permis d'établir l'absence de consentement de la plaignante et n'ont pas caractérisé davantage l'existence d'une contrainte, d'une menace, d'une surprise ou d'une quelconque violence à son endroit", avait relevé le ministère public.

Mais Sophie Patterson-Spatz a déposé une nouvelle plainte à Paris, avec constitution de partie civile, demandant qu'un juge d'instruction reprenne les investigations.

Elle accuse le ministre de l'avoir violée en 2009 alors qu'elle sollicitait de l'aide dans une affaire judiciaire.

A l'époque, elle s'était adressée à M. Darmanin, alors jeune chargé de mission au service des affaires juridiques de l'UMP, pour tenter de faire annuler une condamnation à son encontre datant de 2004, pour des faits de chantage et d'appels malveillants contre un ancien compagnon.

Selon elle, M. Darmanin lui aurait alors fait miroiter son appui auprès de la Chancellerie en échange de faveurs sexuelles.

Dans cette affaire, le ministre a évoqué devant les enquêteurs les "avances" de la plaignante, sans nier un rapport sexuel.

"Elle n'était pas consentante, elle a été contrainte", avait au contraire assuré à l'AFP l'avocate de Sophie Patterson-Spatz, Me Elodie Tuaillon-Hibon.

Gérald Darmanin, qui a affirmé mi-février sur RMC/BFMTV, "les yeux dans les yeux", n'avoir "jamais abusé d'aucune femme" ni de son "pouvoir", a porté plainte pour dénonciation calomnieuse contre ses deux accusatrices.

Le ministre a déposé une autre plainte fin avril après avoir reçu des lettres d'injures et de menaces de mort en lien avec les accusations portées par les deux femmes.

"Salaud, traître… avec Macron tu finiras comme Paul Doumer…", menaçait l'une des lettres citées par La Voix du Nord, en référence à l'ancien président de la République, assassiné en 1932. "Traître, Judas, faux-cul (...), t'inquiète pas, les femmes parlent et parleront…", affirmait un autre courrier.

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