L’équipe de Benoît Hamon détaille le cadrage budgétaire de son projet
Le candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon prévoit d'augmenter les dépenses publiques de 71 milliards d'euros sur le...

L’équipe de Benoît Hamon détaille le cadrage budgétaire de son projet

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Le candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon prévoit d'augmenter les dépenses publiques de 71 milliards d'euros sur le quinquennat, compensées par de nouvelles recettes, a affirmé vendredi son équipe lors d'une conférence de presse.

Sur ces 71 milliards d'euros de nouvelles dépenses annuelles à l'horizon 2022, 35 seraient dévolus à la version révisée du revenu universel d'existence, comme déjà annoncé.

Pour les 36 milliards restants, le plus gros poste de dépenses serait la sécurité, la justice et la défense (6,9 milliards), devant l'augmentation des dépenses de solidarité (minima sociaux, Allocation personnalisée d'autonomie, allocations familiales, franchises, allocation bien vieillir, pour un montant de 6,7 milliards d'euros), les infrastructures et le logement (5,3 milliards), l'enseignement et la recherche (3,8 milliards).

"La priorité des priorités (...) c'est de soutenir la demande (...) Nous sommes dans ces périodes un peu particulières de notre histoire où il faut à la fois aider les entreprises à réussir et à la fois aider les ménages à consommer pour qu'ils puissent remplir les carnets de commandes", a plaidé Jean-Marc Germain, codirecteur de campagne de Benoît Hamon, qui a salué comme "un des acquis du quinquennat" de François Hollande le rétablissement des marges des entreprises.

Face à ces dépenses, le candidat prévoit de nouvelles recettes. "Tout ce que Benoît Hamon propose est financé à l'euro près", a assuré M. Germain.

Cinq milliards d'euros proviendraient d'une taxe sur les super-profits des banques, onze milliards de la lutte contre l'évasion et l'optimisation fiscales, dix milliards seraient pris sur les 40 du pacte de responsabilité et du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, cinq milliards correspondraient à des économies de dépenses, dix milliards à des "coûts évités par les politiques de prévention" (santé, pollution, lutte contre les discriminations...) et 30 à l'impact pour les finances publiques des politiques macroéconomiques (+0,3 point de PIB par an).

En réponse à une demande du Parti radical de gauche, les entreprises de moins de 50 salariés seront exemptées des contreparties que le candidat souhaite instaurer en termes d'emploi, de recherche, d'innovation ou de réduction du temps de travail en échange du CICE.

L'équipe de M. Hamon, dont les travaux économiques ont été coordonnées par le député PS et économiste Pierre-Alain Muet, prévoit une croissance moyenne sur le quinquennat de 1,95%, soit +0,65 point par rapport à la croissance potentielle de 1,3%.

Elle table sur un taux de chômage en fin de quinquennat de 5,8% et sur un déficit public de 2,7% du PIB en 2022. Après un pic en 2018 (3,5%) et 2019 (3,2%), le déficit redescendrait à 3% du PIB en 2020 et 2,9% en 2021.

En matière fiscale, 12 milliards d'euros sur les 35 du revenu universel seront en fait versés sous forme de baisse d'impôts, ce qui permettra d'améliorer la progressivité de l'impôt sur le revenu.

S'agissant de la taxe sur les robots, rebaptisée "contribution sociale sur les robots", M. Germain a expliqué qu'elle servirait à alimenter "un fonds de transition travail qui permettra de financer les formations" nécessaires à la conversion professionnelle des personnes dont l'emploi aura disparu en raison de la robotisation. "Son montant sera ajusté en fonction des besoins (...) Le sujet n'est pas de chercher du rendement", a-t-il précisé.

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