Il avait tiré en 2016 sur un aubergiste, resté depuis lourdement handicapé: l'ancien député Jean Gravier a été condamné vendredi à cinq ans de...
L’ex-député Jean Gravier condamné à 5 ans de prison pour avoir tiré sur un aubergiste
Il avait tiré en 2016 sur un aubergiste, resté depuis lourdement handicapé: l'ancien député Jean Gravier a été condamné vendredi à cinq ans de...
Par Céline CASTELLA
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Il avait tiré en 2016 sur un aubergiste, resté depuis lourdement handicapé: l'ancien député Jean Gravier a été condamné vendredi à cinq ans de prison par la cour d'assises de l'Allier pour violences volontaires.
L'avocate générale avait requis sept ans d'emprisonnement.
Un mandat de dépôt a été ordonné à l'encontre de l'ex-élu de 66 ans qui comparaissait libre depuis jeudi.
Au terme de deux heures trente de délibéré, la cour a donc prononcé une peine inférieure aux réquisitions du ministère public.
"C'est une décision mesurée, en deçà des réquisitions de l'avocat général, ce qui est de moins en moins le cas de nos jours", a noté l'avocat de M. Gravier Me Jean-Hubert Portejoie, précisant que son client avait accueilli la décision "avec calme".
La fille de la victime, Jennifer, s'est dite "soulagée que la violence volontaire ait été retenue et qu'une condamnation ait été prononcée".
Le 26 juillet 2016, l'ancien parlementaire, fortement alcoolisé et sous l'emprise de plusieurs médicaments, avait tiré au pistolet sur Jean-Luc Ait Maamar, patron de l'auberge de Saint-Genest (Allier), près de Montluçon, avec qui il avait eu une altercation, le blessant à la tête.
Alors âgée de 60 ans, la victime, dont le pronostic vital était engagé, avait finalement pu être opérée mais souffre depuis de graves séquelles.
Selon un témoin, juste avant les faits, l'aubergiste avait refusé de servir un nouveau verre à M. Gravier, qui était parti en voiture et s'était embourbé dans une zone de travaux à proximité de l'établissement.
Le commerçant était venu lui prêter main forte mais une dispute avait éclaté entre les deux hommes, et l'ancien élu avait quitté les lieux en tirant un coup de feu par la fenêtre de son véhicule.
Tout au long de l'audience, les avocats de Jean Gravier, Mes Gilles-Jean et Jean-Hubert Portejoie, ont tenté de démontrer que leur client avait tiré sans la volonté de toucher la victime.
Jeudi à la barre, l'ancien élu, en costume-cravate, avait reconnu avoir bu plusieurs verres tout au long de la journée alors qu'il était sous antidépresseurs.
"J'ai tiré comme une bravade pour dire +salut les gars vous m'avez assez vu ce soir+", sans l'intention de blesser M. Ait Maamar, a-t-il soutenu, alors que plusieurs témoins ont souligné son agressivité au moment des faits.
Pressé de questions par le président Sébastien Talenti, M. Gravier avait fini par avouer se sentir "pénalement coupable". "J'ai voulu tirer", avait-il admis, tout en s'abritant derrière ses "vides" et ses "souvenirs lacunaires".
- Cyclothymie -
Vendredi, experts et médecins ont évoqué la maladie du député atteint de cyclothymie, un trouble de l'humeur pour lequel il n'était pas correctement traité au moment des faits, selon ses avocats. L'un d'eux a évoqué une "altération du discernement" au moment des faits.
L'aubergiste Jean-Luc Ait Maamar s'entretient avec son avocat, lors du procès le 14 novembre 2019 contre l'ex député Jean Gravier qui l'avait gravement blessé
AFP
Venue en fauteuil roulant, la victime, dont les facultés cognitives ont été affectées, avait assuré "ne pas être animée d'un sentiment de vengeance". Tout au plus avait-elle souhaité "que la justice passe pour (sa) petite fille, sinon elle ne comprendrait pas qu'on vive dans un monde où l'on fait ce que l'on veut".
Sa fille, qu'il a élevée seul, avait dressé le portrait d'un père "flamboyant, charismatique, optimiste", qui "adorait cuisiner, (et avait) beaucoup baroudé" notamment en Amérique du Sud.
Avant de "se poser" à Saint-Genest où il s'était installé un mois et demi avant les faits dans l'auberge mise à disposition par la mairie pour "faire revivre le village". "Tout a changé, je n'arrive pas à faire le deuil de tout ce que nous ne ferons plus avec lui", a-t-elle témoigné en larmes.
Député UDF de l'Allier de 1993 à 1997, M. Gravier, également maire de Villebret (Allier) de 1983 à 2004, a déjà été condamné pour violences avec arme en 2004 par le tribunal correctionnel de Montluçon et pour prise illégale d'intérêts en 2003 par la Cour d'appel de Riom (Puy-de-Dôme).
C’est un chapitre méconnu de l’histoire de France : la politique menée par Michel Debré à La Réunion entre 1963 et 1988. Pendant vingt-cinq ans, l’ancien Premier ministre du général de Gaulle mettra tout en œuvre pour contenir les velléités autonomistes qui traversent l’île, notamment celles portées par les communistes réunionnais. Traumatisé par l’indépendance de l’Algérie, inquiet de la montée des mouvements anticoloniaux et frappé par la misère qui touche alors une grande partie de la population, il engage une politique volontariste de modernisation fondée sur de grands travaux, des investissements massifs mais aussi des mesures beaucoup plus contestées, comme le transfert de milliers de mineurs vers la métropole. Cette période complexe et controversée de l’histoire réunionnaise est au cœur du documentaire d’Alice Cohen, "Michel Debré et La Réunion", dérives d’une ambition républicaine à voir cet été sur Public Sénat.
Un festival remarquable dans un site remarquable. Surnommé « le Boudu », le Festival pop, rock, reggae, saoul, rap "du Bout du Monde", rendez-vous incontournable des musiques métissées, fêtera cette année son vingt-sixième anniversaire sur la presqu'île de Crozon.
Alors que la France est confrontée à des incendies d’une ampleur inédite, le gouvernement de Sébastien Lecornu est devenu la cible d’une partie de l’opposition. Le sénateur et ancien pompier, Pascal Martin, plaide pour une refonte globale des doctrines opérationnelles françaises et du mode de financement des SDIS.
Cinq après l’ouverture du ferroviaire à la concurrence, un rapport sénatorial salue l’efficacité budgétaire de la réforme, mais regrette l’impréparation de l’Etat face aux bouleversements engendrés par la fin du monopole de la SNCF. L’éclatement du réseau et le sous-financement des lignes moins rentables préoccupent particulièrement les sénateurs.