« L’exercice de la chasse à courre ne présente aucun caractère de dangerosité », selon Pierre de Roüalle, président de la société de Vénerie
La mission conjointe de contrôle de sécurisation sur la chasse a réuni ce mardi 8 mars au Sénat plusieurs représentants d’associations de chasse aux chiens courants au cours d’une audition. Ces derniers ont tenté de justifier leur pratique et rassurer les sénateurs sur l’application des normes de sécurité au cours des battues.

« L’exercice de la chasse à courre ne présente aucun caractère de dangerosité », selon Pierre de Roüalle, président de la société de Vénerie

La mission conjointe de contrôle de sécurisation sur la chasse a réuni ce mardi 8 mars au Sénat plusieurs représentants d’associations de chasse aux chiens courants au cours d’une audition. Ces derniers ont tenté de justifier leur pratique et rassurer les sénateurs sur l’application des normes de sécurité au cours des battues.
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Par Louis Dubar

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Plaisir populaire rassemblant près d’un million de pratiquants réguliers en France, les sénateurs se sont intéressés à la chasse aux chiens courants en auditionnant deux associations spécialisées : la société de Vénerie et deux représentants de la Fédération des Associations de Chasseurs aux Chiens Courants (FACCC).

Une chasse aux chiens courants : une pratique sûre

Pour Pierre de Roüalle, président de la société de Vénerie, le risque d’un accident à l’arme à feu au cours d’une chasse à courre est limité, « nous n’avons jamais constaté le moindre incident sur les dix dernières années. » Plusieurs facteurs expliquent cette situation. La vénerie est un type de chasse qui limite l’usage de l’arme à feu. « Nous utilisons un fusil uniquement au moment des ‘abois’, pour la vénerie du cerf et exceptionnellement pour celle du sanglier », explique le président de la société. 390 équipages de veneurs sont répertoriés en France, sur les 37 équipages chassant le cerf, « une petite dizaine recourt à l’arme à feu régulièrement. » En 2021, 650 cerfs ont été « prélevés » par des veneurs, la mort de l’animal est généralement provoquée par des armes blanches (lances et couteaux) des équipages, « 150 cerfs soit 20 % du total, ont été abattus à l’aide d’un fusil. » Pierre de Roüalle souligne également la responsabilité des équipages, « l’usage de l’arme à feu est utilisé principalement en Ile de France dans le but d’éviter tout débordement. » Le président de l’association insiste sur le fait que « l’exercice de la chasse à courre ne présente aucun caractère de dangerosité » envers les autres usagers de la nature. 

» Lire aussi : Sécurisation de la chasse : « A la réglementation », les chasseurs préfèrent la « formation »

Contrairement à la vénerie, les chasseurs avec chiens courants utilisent régulièrement des armes à feu notamment pour la chasse au grand gibier. « Ce n’est pas pour autant que les accidents sont en progression » prévient Daniel Roques, président de la fédération. La sécurité demeure une préoccupation majeure des chasseurs aux chiens courants, « depuis 53 ans que je pratique la chasse à tir aux chiens courants, j’ai vu énormément évoluer les normes de sécurité », souligne Henri Touchard, vice-président de la FACCC. « Les règles sont énoncées à chaque point de rencontre et de départ de chasse », ajoute Daniel Roques, « un cérémonial utile et nécessaire avec les chefs de ligne et les pratiquants. » Pour la FACCC, les consignes de sécurité énoncées dans la loi de 2019 et les schémas départementaux de gestion cynégétique doivent être respectées tout en poursuivant « les formations pédagogiques rappelant les règles de sécurité. » Le vice-président de la fédération de chasseurs aux chiens courants, Henri-Touchard appelle également les autres usagers de la nature à se saisir de ce problème de sécurisation des battues, « c’est par le collectif que nous atteindrons le zéro accident. » Le chasseur demande d’imposer aux randonneurs, vététistes et aux usagers de la nature, « le port d’une tenue adaptée au même titre que les chasseurs doivent porter une tenue orange. » Pour le président de la FACCC, « la majorité des accidents sont liés au non-respect des règles de sécurité. […] Concernant l’accident dans le Lot, le chasseur n’a pas identifié l’animal et il a tiré. Tous les chasseurs ne sont pas suffisamment à l’écoute et il faut les sanctionner », ajoute-t-il. En décembre 2020 en plein confinement, Morgan Keane a été tué accidentellement par un chasseur près de son domicile. La mort du jeune homme a relancé le débat sur la sécurisation de la chasse, une pétition intitulée « Morts, violences et abus liés à la chasse : plus jamais ça ! », avait recueilli sur le site du Sénat plus de 122 000 signatures. Les deux femmes à l'origine de l'initiative ont été auditionnées début décembre 2021.

Refus d’un renforcement du cadre réglementaire

En décembre 2021 dans le département de l’Oise, l’équipe de vénerie de la Futaie des amis a abattu à l’arme à feu un cerf dans une zone pavillonnaire. L’arrêté ministériel du 25 février 2019 concernant l’exercice de la chasse à courre demande aux équipages de ‘gracier’les animaux s’ils se situent près d’une zone d’habitation. Début janvier, la préfecture a décidé de suspendre pour 15 jours l’équipage de veneurs. Pour le président de la société de vénerie, « le sujet ne concerne pas tellement l’usage de l’arme de feu, ce n’est pas un problème lié à la sécurité. Il y a une infraction concernant le tir en zone urbanisé, prohibé par l’arrêté. » Le président défend la réglementation actuelle, « la chasse à courre doit s’arrêter dans les zones périurbaines surtout quand c’est une fin de chasse, au moment des abois. » Interrogé sur un possible renforcement du cadre réglementaire à travers la mise en place d’un permis de chasser sans arme, Pierre de Roüalle rejette l’idée « un permis qui n’apporterait pas grand-chose de plus » en matière de sécurité, « on ne voit pas l’intérêt, si ce n’est compliquer les choses. » Il est rejoint dans cette opposition par les représentants de la FACCC. L’utilisation d’une application de géolocalisation pour les autres usages dénaturerait la chasse à courre, « c’est une question éthique, nous sortons de la confrontation qui est au centre de la prédation et de la motivation du veneur de poursuivre l’animal. » Pour le président de la Société, la vénerie est une chasse itinérante parfaitement perceptible pour les autres usagers de la nature, « c’est une chasse à cor et à cri, on entend la meute de chiens se déplacer à un kilomètre. » Le vice-président de la FACCC alerte les sénateurs sur une mesure contre-productive qui permettrait d’informer les militants opposés à la chasse, « c’est un point sur lequel il faudrait être vigilant. »

» Lire aussi : Mission d’information sur la chasse : audition tendue au Sénat avec des associations anti-chasse

 

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