L’horizon se dégage pour Sylvie Goulard à la Commission européenne
L'examen de passage devant le Parlement européen de Sylvie Goulard, la candidate du président Macron à la Commission européenne,...

L’horizon se dégage pour Sylvie Goulard à la Commission européenne

L'examen de passage devant le Parlement européen de Sylvie Goulard, la candidate du président Macron à la Commission européenne,...
Public Sénat

Par Clément ZAMPA, avec Paul AUBRIAT à Paris

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L'examen de passage devant le Parlement européen de Sylvie Goulard, la candidate du président Macron à la Commission européenne, s'annonce plus facile que prévu après le règlement par cette instance de son cas dans une affaire d'emplois fictifs présumés mais elle pourrait avoir à s'expliquer sur son activité pour un think tank américain.

"Le cas au Parlement européen est clos. Il y a des irrégularités administratives mineures notées, non systématiques et non intentionnelles. Le remboursement lié à cette affaire a été effectué", a déclaré une porte-parole du Parlement européen, interrogée vendredi par l'AFP. Il s'agit d'une petite somme, a précisé un autre porte-parole.

La désignation mercredi de Mme Goulard, par le président Emmanuel Macron, pour occuper le poste de la France à la Commission dirigée par l'Allemande Ursula von der Leyen, avait provoqué quelques grincements de dents en raison de son implication présumée dans une affaire d'emplois fictifs d'assistants des eurodéputés du parti Modem.

Elle doit être auditionnée par le Parlement d'ici fin octobre comme tous les autres commissaires du nouvel exécutif européen présidé par l'Allemande Ursula von der Leyen qui doit entrer en fonction le 1er novembre.

Mme Goulard, spécialiste de l'UE aux compétences reconnues et eurodéputée centriste de 2009 à 2017, avait dû quitter son poste de ministre des Armées un mois à peine après sa nomination en 2017, en même temps que les centristes François Bayrou et Marielle de Sarnez.

Dans un entretien vendredi matin sur la chaîne BFM TV, la secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, avait affirmé que le Parlement européen avait blanchi Mme Goulard après une "enquête interne".

L'enquête judiciaire française sur ce dossier se poursuit néanmoins. Des anciens assistants parlementaires et quelques eurodéputés ont été auditionnés dans ce cadre.

A ce jour, Sylvie Goulard n'a pas été convoquée. Il semble aujourd'hui, selon une source proche du dossier en France, qu'elle ne soit pas la plus impliquée parmi les six parlementaires visés dans l'affaire.

"Elle n'aurait pas accepté sa nomination si elle pensait qu'il y a un problème", soulignait avant cette annonce une personne dans son entourage.

"Pour Sylvie, tout était conforme aux règles", insiste cette source. Quant à sa démission, elle était due "au risque d'une mise en examen" qui aurait entraîné un départ brutal du gouvernement.

La candidate, âgée de 54 ans, pourrait cependant être mise en difficulté par une autre affaire. Un travail généreusement rémunéré pour un think tank américain alors même qu'elle était eurodéputée.

Dans sa "déclaration d'intérêt" --que chaque eurodéputé doit présenter au Parlement européen-- Mme Goulard a en effet renseigné entre 2013 et 2016 un rôle de "conseillère spéciale" auprès du "Berggruen Institute for governance" pour "plus de 10.000 euros brut par mois" --un montant supérieur à son indemnité parlementaire d'environ 8.700 euros bruts.

- Rémunération élevée -

Il s'agit d'une affaire "gravissime", estime une source proche de la majorité, qui juge cette nomination "extrêmement risquée".

"Elle a quand même touché une rémunération élevée d'un think tank américain pour un travail dont on attend de savoir la réalité", s'étonne l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot, quand l'ancien eurodéputé Guillaume Balas se demande comment un parlementaire européen "peut avoir le temps de faire autre chose".

"Quand la rémunération est supérieure à l’indemnité, vous travaillez pour qui ?", s'interroge-t-il.

Le think tank en question, créé en 2010 par Nicolas Berggruen, un milliardaire américain et allemand, est une organisation à but non lucratif dont l'objectif est de réfléchir à "la manière de remodeler les institutions politiques et sociales".

Une recherche sur le site internet laisse apparaître que Sylvie Goulard a participé à deux réunions --à Paris en 2013 et Madrid en 2014-- ainsi qu'à une rencontre fin 2014 à Bruxelles ayant donné lieu à la rédaction d'un "papier de réflexion".

"Pendant la durée de son contrat, Sylvie a participé à l'organisation de conférences à Paris et Madrid, d'une table ronde à Bruxelles et de plusieurs autres réunions, en plus de préparer des documents d'information", confirme l’institut Berggruen, contacté par l'AFP.

"A chacun de juger de la situation. Mais pour elle, c'était conforme à la règle et public", répond l'entourage de l'intéressée.

"Il s'agit d'un contrat privé avec un organisme privé, légal et déclaré", ajoute cette source.

zap-pab-leb-bl-gd/clp-fmi/pg

Partager cet article

Dans la même thématique

GD 1
9min

Politique

A Tourcoing, Gérald Darmanin et Edouard Philippe gomment leurs différences et affichent leur unité

C’est un soutien de poids, mais exigeant. Désormais aux côtés du candidat Horizons pour la présidentielle, Gérald Darmanin a reçu pour sa rentrée politique Edouard Philippe. Les deux hommes assument quelques différences sur l’immigration ou les retraites. Mais l’unité, indispensable à la victoire, prévaut. Et dans cette perspective, Edouard Philippe veut donner une « place centrale » au ministre de la Justice dans la « recomposition » de la droite et du centre qui s’annonce, dans la foulée de la présidentielle.

Le

Sens: debat F. Hollande et E. Philippe Universite d ete Laboratoire de la Republique
7min

Politique

« C’est le choc des titans » : à Sens, le duel Hollande-Philippe prend des airs de répétition présidentielle

Ils n’ont pas encore le même statut dans la course à l’Élysée, mais ils en ont déjà les allures. À Sens, dans l’Yonne, François Hollande et Édouard Philippe se sont retrouvés samedi pour un débat consacré à la présidentielle de 2027, lors des universités d’été du Laboratoire de la République de Jean-Michel Blanquer. À droite comme à gauche, certains y voient déjà un avant-goût du match qui pourrait se jouer pour accéder au second tour face au Rassemblement national.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
7min

Politique

Primaire socialiste : des jeux plus ouverts que prévu ?

Rassemblés à Blois pour leurs universités d’été, les socialistes s’apprêtent à départager les candidats pour trouver leur champion à l’élection présidentielle. Alors que l’eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann est favori sur le papier, le scrutin est encore ouvert. Le premier secrétaire socialiste Olivier Faure, qui devrait se déclarer candidat en septembre, pourrait surprendre.

Le