La charge d’Henri Guaino contre la droite de Fillon
Alors que François Fillon remporte la primaire de la droite et du centre avec plus de 65% des suffrages, un irréductible gaulliste continue de résister encore et toujours au vainqueur. Henri Guaino, ancien conseiller et plume de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012 se présente seul à la prochaine présidentielle. A l’heure où la droite semble tourner définitivement la page du sarkozysme, quelle carte entend jouer le député des Yvelines ? Et quel regard porte-il sur la victoire de l’ancien Premier ministre qu’il a longuement côtoyé et beaucoup critiqué ? Déshabillons-les revient sur les indignations d’un des derniers gaullistes.

La charge d’Henri Guaino contre la droite de Fillon

Alors que François Fillon remporte la primaire de la droite et du centre avec plus de 65% des suffrages, un irréductible gaulliste continue de résister encore et toujours au vainqueur. Henri Guaino, ancien conseiller et plume de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012 se présente seul à la prochaine présidentielle. A l’heure où la droite semble tourner définitivement la page du sarkozysme, quelle carte entend jouer le député des Yvelines ? Et quel regard porte-il sur la victoire de l’ancien Premier ministre qu’il a longuement côtoyé et beaucoup critiqué ? Déshabillons-les revient sur les indignations d’un des derniers gaullistes.
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Par Estelle Ndjandjo

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Fervent opposant à la primaire de la droite et du centre, c’est en faisant cavalier seul qu’Henri Guaino se déclare candidat à l’élection présidentielle, en mai dernier. Fils spirituel de Philippe Seguin, il se revendique d’un gaullisme social, qu’il juge sous-représenté au sein de son parti, Les Républicains.

Les fils de M. Séguin

A l’instar de François Fillon, c’est auprès de Philippe Séguin, tonitruant ministre des affaires sociales dans le gouvernement Chirac, qu’Henri Guaino fait ses premières armes politiques dans les années 80.

Mais les deux héritiers se détournent vite l’un de l’autre. Henri Guaino désapprouve le discours « quasi-christique » que prend l’ancien Premier ministre en matière d’économie. Il explique : « c’est dans la nature de François Fillon de penser que le salut s’acquiert par la souffrance, surtout celle des autres ! ».  

Il reproche également au candidat Républicain ses prises de positions répétées à l’encontre du bilan du gouvernement de Nicolas Sarkozy et ajoute : « s’il voulait abréger ses souffrances, il lui suffisait de démissionner ».

Le président-candidat

Fidèle à Nicolas Sarkozy dès la première heure, Henri Guaino a en effet écrit de très nombreux discours pour l’ancien chef de l’État, même s’il précise qu’il était « avant tout son conseiller » et pas seulement « sa plume ». 

Mais aujourd’hui, il regrette que Nicolas Sarkozy ait remis son costume de « simple homme politique » et décrypte la défaite de ce dernier à la primaire à sa manière : « Nicolas Sarkozy n’aurait pas dû reprendre l’UMP, mais directement aller à la présidentielle. C’est difficile de passer du statut de Président à celui de chef de parti ». Une erreur qui lui fut fatale. L’ancien conseiller lui reproche également sa participation à la primaire de la droite et du centre : « la primaire ne fabrique pas l’homme de la Nation, mais l’homme d’un camp ».

Fillon : le danger de l’austérité ?

François Fillon désormais investi, Henri Guaino continue à critiquer son programme l’accusant de « dynamiter » l’assurance maladie et d’« affaiblir » la protection des chômeurs. « J’ai écouté François Fillon lors du dernier débat face à Alain Juppé, et je ne vois pas très bien le rapport entre la solidarité et la justice, et son programme économique et social ».

L’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy parle de « distorsion sémantique » entre le discours de François Fillon et son programme. « Soit le mensonge est dans le discours, soit le mensonge est dans le programme ».

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