Abstention ou vote blanc plutôt qu'Emmanuel Macron: deux militants de La France insoumise sur trois vont bouder le candidat d'En Marche! selon...
La France insoumise boude Macron, les candidats ont déjà la tête au débat
Abstention ou vote blanc plutôt qu'Emmanuel Macron: deux militants de La France insoumise sur trois vont bouder le candidat d'En Marche! selon...
Par Baptiste PACE et Jérémy MAROT, avec Stéphanie LEROUGE à Dijon
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Abstention ou vote blanc plutôt qu'Emmanuel Macron: deux militants de La France insoumise sur trois vont bouder le candidat d'En Marche! selon les résultats de la consultation dévoilés mardi, à la veille du crucial débat télévisé entre les deux postulants à l’Élysée.
Alors qu'Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont surtout attelés à préparer leur face-à-face, l'attention s'est portée sur les 430.000 adhérents de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, qui étaient appelés à s'exprimer sur la conduite à tenir au second tour de la présidentielle.
Parmi quelque 243.000 votants, 36,12% ont choisi le vote blanc ou nul et 29,05% l'abstention. Seuls 34,83% des militants ont opté pour le vote Emmanuel Macron. Le vote en faveur de Mme Le Pen, qualifié de "terrible erreur" par M. Mélenchon dimanche, n'était pas une option de cette consultation.
Principales différences entre Macron et Le Pen
AFP
Les Insoumis ont-ils été refroidis par la fin de non-recevoir opposée par M. Macron à leur leader ?
Dimanche, Jean-Luc Mélenchon, qui avait réuni près de 20% des voix au premier tour et avait refusé de donner une consigne de vote, a effectivement demandé un "geste" en faveur de ses électeurs. Mais M. Macron a refusé notamment d'abandonner son projet de réforme du droit du travail par ordonnances.
"Je ne vais pas modifier mon projet pour aller convaincre des électeurs qui n'ont pas voté pour moi au premier tour", a expliqué M. Macron sur RMC et BFMTV mardi matin. Il a toutefois promis de mener ses réformes "en considérant cette part des inquiets, des perdants, de ceux qui, aujourd'hui, n'y trouvent pas leur compte".
L'ancien ministre a poursuivi mardi ses clins d’œil à la France anti-FN: il a rencontré mardi matin le résistant Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin pendant l'Occupation allemande.
- Appel de Taubira en faveur de Macron -
Et il continue en outre d'engranger des soutiens, parfois symboliques, comme celui, appuyé, de l'ancien ministre grec Yanis Varoufakis ou de Christiane Taubira.
Combinaison des portraits de Macron et de Le Pen, le 30 avril 2017 à Paris
AFP/Archives
Bernard Cazeneuve a lui appelé mardi soir les socialistes à voter Macron et à être "disponibles pour le faire réussir", lors d'un meeting à Dijon.
Le Premier ministre était aux côtés du maire PS François Rebsamen et du porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, qui a exprimé son "incompréhension" face au choix des "Insoumis", une "erreur" selon lui. A l'inverse, Louis Aliot (FN) a qualifié ce résultat de "très sain" et "logique".
Tous ces appuis sont sans doute bienvenus alors que l'ancien locataire de Bercy est en recul dans les sondages, tout en restant assez largement favori (59 à 60% des voix).
Ce tassement pimente le débat diffusé mercredi à 21H00 sur TF1 et France 2, le duel étant lancé dès mardi par un tweet de Marine Le Pen. Si M. Macron "ne se sent pas à l'aise" dans le débat, "il peut toujours demander à François Hollande de venir lui tenir la main", a écrit la candidate du Front national.
"Notre but est de ne pas se laisser entraîner dans le combat de boue", prévient-on en retour dans l'entourage de M. Macron.
Présidentielle 2017 : évolution des sondages
AFP
Dans un entretien à paraître mercredi dans les titres du groupe Ebra, Emmanuel Macron se différencie de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et François Hollande, qui "aimaient trop la politique", à ses yeux, et assure que lui veut "réformer le pays" et pas "continuer le train des affaires".
En début de journée, les principaux soutiens de Mme Le Pen s'étaient employés à démentir tout plagiat alors que le discours de leur candidate lundi à Villepinte reprenait, mot pour mot, des passages d'un discours mi-avril de François Fillon.
Marine Le Pen a "assumé totalement", dans la soirée sur TF1, cet emprunt, qualifié de "clin d'oeil" aux électeurs du candidat de la droite avec lesquels elle partage "la même vision de la France, de sa grandeur, du rôle qu'elle doit avoir dans le monde".
A l'inverse, le parti Les Républicains a dénoncé ce plagiat comme une "grossière" tentative d'"acheter" ses électeurs.
Après le journal télévisé de TF1, Mme Le Pen a promis, lors d'une rencontre dans la soirée avec des Africains vivant en France et des Français d'origine africaine, de consacrer, si elle est élue, 0,7% du PIB à la "coopération avec l'Afrique".
Dans la nuit, le Sénat a adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir mais en supprimant les deux articles phares, le principe de l’assistance à mourir et ses modalités, rendant le texte inopérant. La majorité sénatoriale s’est divisée sur la version rédigée par la commission des affaires sociales qui préconisait une version de compromis. Le patron de LR, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il rejetterait le texte quelle que soit sa rédaction.
Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ».
Coup de théâtre, mercredi les sénateurs ont rejeté l’article 4, le cœur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. La commission des affaires sociales avait considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », pour les malades dont le pronostic vital » est engagé à très court terme. La majorité sénatoriale divisée n’est pas parvenue à s’entendre sur cette version.
Suite aux recours au 49.3 par le premier ministre pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu a écrit aux parlementaires pour expliquer les principales mesures de ce budget de compromis. Une lettre envoyée aux seuls députés en réalité. Les sénateurs, eux, ne l’ont pas reçue. Ils devront attendre le retour du texte à la Haute assemblée pour que le premier ministre leur écrive.