La France veut une coopération internationale dans l’aide aux victimes du terrorisme
Une conférence internationale s’est tenue ce lundi à Paris pour mieux coordonner et harmoniser l’assistance aux victimes sur le plan international.

La France veut une coopération internationale dans l’aide aux victimes du terrorisme

Une conférence internationale s’est tenue ce lundi à Paris pour mieux coordonner et harmoniser l’assistance aux victimes sur le plan international.
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Le calendrier est symbolique. Ce lundi est marqué par deux cérémonies d’hommages aux victimes des attentats de janvier 2015, à Montrouge et devant l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris. Deux ans après cette série d’attaques, la France organise sa première Conférence internationale pour l’aide aux victimes. Objectif : améliorer au niveau international, la prise en charge et l’accompagnement des personnes touchées par les accidents collectifs, les catastrophes naturelles, et surtout, les actes terroristes.

Comme pour mieux souligner la dimension universelle du thème, c’est la Maison de l’Unesco à Paris qui accueille les discussions et les tables-rondes de cette première rencontre, organisée à l’initiative du gouvernement français. « Personne aujourd’hui n’est épargné par le terrorisme », rappelle au début de la journée Juliette Méadel, la secrétaire d'État chargée de l'Aide aux victimes, nommée au gouvernement le 11 février dernier. « Il est temps de construire, à l’échelle internationale, une vraie politique de l’aide aux victimes », met-elle en avant.

« Réponse internationale »

L’actualité dramatique de ces derniers mois, et même de ces derniers jours, le montre. Les attentats n’épargnent aucun continent, ils affectent aveuglément des personnes d’horizons différents au sein d’un même lieu. L’ancien garde des Sceaux, Robert Badinter, dans son discours d’introduction affirme que la réponse « ne peut être qu’internationale » :

« Le terrorisme aujourd’hui est de dimension internationale et les victimes elles aussi sont de toutes les nationalités et relèvent de toutes les souverainetés. Avec cette dimension internationale, c’est le la droit même de la réparation aux victimes qui doit changer ».

"Le droit même de la réparation due aux victimes doit changer", explique Robert Badinter à la Civic
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« Un droit à l’indemnisation universel »

Quatre axes prioritaires de travail ont été fixés par la France dans les travaux du jour, allant de la question de l’information (à court et long terme) à celle de l’accès aux soins, en passant par l’égalité de traitement dans la prise en charge des victimes d’un pays à un autre, ou encore la question des indemnisations. « C’est la question d’un droit à l’indemnisation universel que nous devons construire tous ensemble », espère Juliette Méadel.

Au total, 26 États sont représentés dans les discussions, qui visent à confronter les expériences et les pratiques des uns des autres ». Comment accompagner les victimes ? Sous quelles modalités ? Comment réunir les différents acteurs ? La liste des besoins est longue. « Nous avons tous beaucoup à apprendre », estime Juliette Méadel. Y-compris la France qui pourrait, « s’inspirer », selon elle, de dispositifs espagnol et israélien. Le premier concerne par exemple le retour à l’emploi des victimes du terrorisme, le second est un réseau de centres d’aide et de soutien psychologique.

Dans le colloque, les intervenants se succèdent et font chacun part de leur domaine d’expertise et de leurs expériences. Il y a là des figures d’associations françaises de victimes, des membres de l’administration américaine, d’autres encore représentent des ONG étrangères, le monde médical est également représenté. Certains intervenants ont même vécu des attaques, ou sont des proches de victimes. 500 personnes assistent à cette journée, dont le silence répond aux témoignages forts.

Implication de la société civile

Rescapé de l’attentat de Copenhague du 14 février 2015, l’ambassadeur de France au Danemark François Zimeray, défend le besoin d’une « juridiction internationale », et déclare que « la non-reconnaissance du statut de victime » est vécue par les proches comme « une violence, une offense ». Sur la question de la mémoire, Anthony Gardner, le vice-président du mémorial du 11-Septembre à New-York, insiste sur l’importance de l’implication de la société civile dans l’élaboration du lieu.

Levent Altan, vice-président de l’organisation Victim Support Europe, qui œuvre pour une meilleure défense des droits des victimes dans plusieurs pays européens, plaide pour la création d’un réseau transnational, pour faciliter l’accès à l’information pour les victimes étrangères.

« Nous montrons aussi au monde que nous avons une tradition de protection, dans un service public qui est organisé sur tout le territoire et qui est aussi une des spécificités de la France. »
Juliette Méadel

"Nous montrons au monde que nous avons une tradition de protection", considère Juliette Méadel, en marge de la Civic
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Les enseignements du colloque et les représentants des différents gouvernements présents devraient en fin de journée se mettre d’accord sur un certain nombre de principes. Un comité devrait ensuite se réunir dans trois mois afin de veiller à la mise en œuvre des décisions prises ce lundi, selon Juliette Méadel.

Pérenniser l’événement, faire de cette conférence internationale un rendez-vous annuel est une autre ambition affichée par la France, elle qui, il y a deux ans, était le centre d’attention de nombre de chancelleries dans le monde.

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