Dans la majorité LREM à l'Assemblée nationale, des "marcheurs" n'hésitent plus à lancer des avertissements à l'exécutif, comme mardi sur le Ceta...
La majorité LREM à mi-mandat, entre coups de semonce et continuité
Dans la majorité LREM à l'Assemblée nationale, des "marcheurs" n'hésitent plus à lancer des avertissements à l'exécutif, comme mardi sur le Ceta...
Par Anne Pascale REBOUL
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Dans la majorité LREM à l'Assemblée nationale, des "marcheurs" n'hésitent plus à lancer des avertissements à l'exécutif, comme mardi sur le Ceta, même si le renouvellement à mi-mandat des postes clés s'est traduit par le choix de la continuité.
Le scrutin sur la ratification du traité de libre-échange entre l'UE et le Canada, marqué par un record de 9 votes contre et 52 abstentions chez les "marcheurs", a sonné comme un nouveau coup de semonce, après les 50 abstentions en février déjà sur le projet de loi "anticasseurs".
Ce n'est "en aucun cas" un début de fronde, affirme Gilles Le Gendre, patron fraîchement reconduit du groupe fort de 304 membres du parti présidentiel à l'Assemblée. Il voit dans le vote la traduction de "sensibilités", à "l'image des Français", sur ce traité jugé par certains nocif pour l'environnement, fort enjeu de l'acte 2 du quinquennat.
"L'incompréhension des citoyens, notamment dans des territoires ruraux, sur des enjeux aussi complexes, est difficile à défendre pour certains", analyse une députée, qui souligne le "boulot énorme d'explications" mené en interne, qui a limité la casse.
Le chef de file des députés LREM Gilles Le Gendre à l'Assemblée nationale, le 4 juin 2019.
AFP/Archives
"Ce sont des expressions individuelles, pas des courants", juge une source parlementaire. "La majorité évolue, grandit, devient plus mûre: les députés ont besoin d'être de plus en plus convaincus", selon une autre.
Un collègue peste: "On a une fédération d'auto-entrepreneurs qui n'ont aucun sens politique et qui sont tous prêts à la démagogie au premier coup de pression".
Faut-il voir dans ce vote un soubresaut ou un mouvement plus profond? C'est un "avertissement" à l'exécutif sur ces traités commerciaux, affirme un contestataire, mais "la majorité ne met pas le gouvernement en risque sur des textes majeurs", assure une de ses membres.
D'autres sont plus alarmistes: entre les 10-20 LREM qui délaissent le Palais Bourbon, et 20 à 50 abstentions qui ne sont plus rares, "le groupe majoritaire a virtuellement perdu la majorité" (à 289 voix), s'inquiète une de ses figures. L'allié MoDem, fort de ses 45 députés, n'est guère plus sûr.
- Pas de "dégagisme" -
Dans le même temps, les "marcheurs", "profondément légitimistes" selon un observateur, ont reconduit la plupart de leurs hauts responsables.
Dès le premier tour, mardi, de ce vote interne, Gilles Le Gendre l'a emporté par 161 voix sur 295 face à cinq concurrents, et considère sa "légitimité renforcée".
Roland Lescure a été confirmé, mardi aussi, aux Affaires économiques, Bruno Studer aux Affaires culturelles et Barbara Pompili au Développement durable.
Le cas de cette dernière est "très politique", décrypte un député au sujet de cette ex-écologiste qui "survit dans la tempête" autour de son ancien collègue François de Rugy.
Et mercredi, au second tour, Yäel Braun-Pivet a été reconduite aux Lois, ainsi que Brigitte Bourguignon aux Affaires sociales. Seul Jean-Jacques Bridey a perdu son siège à la Défense, au profit de Françoise Dumas.
Plutôt que des nouvelles têtes d'affiche, comme promis en juin 2017 pour la mi-mandat, les députés ont donné la prime aux sortants: 12 réélus sur 23 postes en jeu, hors "perchoir" de l'Assemblée non concerné.
"On en a assez de danser sur un volcan en permanence... Et face aux textes importants qui nous attendent (bioéthique, budget...), la compétence reconnue est plus forte que le risque de se tromper", d'après une élue.
"Le chamboule-tout n'est pas toujours souhaitable", relève une autre.
La stabilité permet "de mieux continuer les travaux engagés", appuie Sylvain Maillard, alors que Gilles Le Gendre, qui avait succédé à Richard Ferrand en septembre 2018, entend affirmer "l’identité politique" du groupe, sans retomber dans les clivages gauche-droite, et renforcer son poids "vis-à-vis de l'exécutif".
Face à la gestion actuelle, "tout le monde râle mais tout le monde vote pour la constance", grince un élu influent.
L'objectif de 2017 n'était pas le "dégagisme" mais que "personne ne soit propriétaire de son poste", rappelle Gilles Le Gendre.
Enfin, avec 13 députées pour 10 députés à ces postes clés, "la parité est atteinte de façon démocratique et naturelle", a souligné le groupe LREM, alors que ses membres n'avaient pas voulu l'imposer dans les règles du scrutin.
La commission d’enquête sénatoriale sur les « inégalités systémiques » frappant les territoires ultramarins a rendu ses conclusions ce jeudi. Lancée par les sénateurs communistes, elle formule une soixantaine de propositions balayant le spectre des difficultés outre-mer, de la gestion sanitaire à la souveraineté économique.
En pleine séquence de canicule, le chef de file de La France insoumise relance son projet de « république écologique ». Le candidat à l’élection présidentielle propose, s’il accède à l’Élysée, de remplacer les régions actuelles par treize « écorégions » organisées autour des bassins versants. Une réforme institutionnelle ambitieuse, qui reste à ce stade une proposition de campagne.
Dans les colonnes du Figaro, le patron des députés de droite, Laurent Wauquiez semble avoir, une fois de plus, savonné la planche du candidat à la présidentielle de son parti, Bruno Retailleau, estimant, sans le nommer, qu'il devrait « savoir se retirer le plus tôt possible » au profit du candidat le mieux placé pour rassembler la droite et le centre, en l'occurrence Édouard Philippe. Si l'entourage de Laurent Wauquiez dément tout soutien au candidat Horizons, ses propos agacent mais ne surprennent pas vraiment le camp du Vendéen.
Invité de la matinale de Public Sénat ce jeudi, Marc Fesneau a réaffirmé les lignes rouges de la majorité gouvernementale concernant le projet de loi d’urgence agricole, actuellement examiné au Sénat. La réintroduction de plusieurs pesticides par les sénateurs menace de « faire capoter le texte », qui ne pourra être voté en l’état à l’Assemblée, avertit l’ancien ministre de l’agriculture.