« La Palestine n’est pas seule » affirme Emmanuel Macron
Ce vendredi, le chef de l’État recevait le président de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Une rencontre qui fait suite à la décision de Donald Trump de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale de l’État israélien, revenant par là même sur le rôle de médiateur des États-Unis dans les négociations. Comme sur le climat, la France pourrait prendre le leadership dans le processus de paix israélo-palestinien.    

« La Palestine n’est pas seule » affirme Emmanuel Macron

Ce vendredi, le chef de l’État recevait le président de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Une rencontre qui fait suite à la décision de Donald Trump de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale de l’État israélien, revenant par là même sur le rôle de médiateur des États-Unis dans les négociations. Comme sur le climat, la France pourrait prendre le leadership dans le processus de paix israélo-palestinien.    
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le président de la République recevait ce vendredi le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Une rencontre qui se place dans un contexte particulier. La décision de Donald Trump de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale de l’État israélien a ravivé les tensions. Isolé sur la scène internationale, Donald Trump a fait face à la réprobation de la communauté internationale. L’ONU a condamné, à une écrasante majorité, la décision du président américain, ce jeudi. Le statut de la ville sainte est un point névralgique des négociations entre Palestiniens et Israéliens. Cette décision affaiblit encore un peu plus le laborieux processus de paix et remet sérieusement en cause la capacité des États-Unis à conserver leur rôle de médiateur. Un rôle historique résumé par le célèbre cliché de la poignée de main entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin devant Bill Clinton.

bill_clinton_yitzhak_rabin_yasser_arafat_at_the_white_house_1993-09-13.jpg

La France, nouveau médiateur du conflit israélo-palestinien ?

« Le rôle de la France est d’être tout à la fois attaché à la stabilité et la sécurité dans la région, la place de la Palestine et la sécurité des Palestiniens et la sécurité pour les Israéliens » a affirmé Emmanuel Macron, ce matin. Une position historique qui prend une autre tonalité après la décision de Donald Trump. En perte de leadership dans la région depuis plusieurs décennies, la France pourrait profiter des insuffisances américaines. Tout comme dans le dossier sur le climat où Donald Trump s’est retiré de l’accord de Paris en laissant à Emmanuel Macron l’opportunité de s’illustrer. Une certaine diplomatie à la française pourrait ainsi renaître en s’inspirant de la ligne gaullo-mitterrandiste au Proche-Orient.    

« Il n’y a pas d’alternative à la solution des deux États »

Emmanuel Macron a donc rappelé qu’il désapprouvait « la décision prise par le président américain sur Jérusalem » et a réaffirmé son « attachement au droit international, à la relance d’un processus politique. » Sans dévier de la position habituelle de la France, le président de la République a insisté sur le fait qu’il « n’y a pas d’alternative à la solution des deux États et pas de solution des deux États sans accord entre les parties sur Jérusalem. » Emmanuel Macron a rappelé que Jérusalem devait être la « capitale des deux États. »

Lire aussi. Jérusalem : « Le processus de paix est devenu une fiction diplomatique » selon Henry Laurens

« Les aspirations du peuple palestinien ont un écho fort, constant au sein de la communauté internationale » a-t-il souligné avant d’affirmer que « la Palestine n’est pas seule. » Le chef de l’État est revenu sur sa rencontre avec le Premier ministre israélien dimanche dernier. « Je lui ai demandé l’arrêt de la colonisation qui mine toute perspective de souveraineté palestinienne » a-t-il indiqué. Et d’ajouter qu’il avait poussé Benyamin Netanyahu à avoir « des gestes courageux afin  de contribuer à la reprise des négociations. »

Favoriser la « réconciliation inter-palestinienne »

Le président de la République a salué l’accord du Caire conclu entre le Hamas et Fatah en octobre. Le Fatah est considéré comme le seul interlocuteur de la communauté internationale alors que le Hamas figure sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. Dans les faits, le Hamas contrôle la bande de Gaza. Cette bande de terre située entre Israël et l’Égypte subit un blocus depuis près de 10 ans. Aujourd’hui, Emmanuel Macron a plaidé pour un « retour effectif de l’Autorité palestinienne à Gaza. »

 

Partager cet article

Dans la même thématique

France Farmers’ Protest Continues in Central Paris
6min

Politique

Colère des agriculteurs : au-delà de la gestion de la mobilisation, le gouvernement attendu au tournant sur le fond

Signature du Mercosur, gestion de la dermatose nodulaire, des normes jugées pénalisantes… La mobilisation des agriculteurs est montée d’un cran ce jeudi. Une centaine de tracteurs ont rejoint Paris et l’Ile-de-France à l’appel de la Coordination rurale, malgré l’interdiction. Ce type de mobilisations spectaculaires met une pression supplémentaire sur le Premier ministre qui annoncera des mesures concrètes vendredi.

Le

Paris: Macron and Attal during a ceremony at the Mont-Valerien memorial
7min

Politique

Interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans : la bataille des textes dans la « guéguerre » Attal–Macron

Ce jeudi 8 janvier, le Conseil d’État examine le projet de loi du gouvernement interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans et l’usage des téléphones portables dans les lycées. Alors que le gouvernement et la majorité parlementaire défendent des mesures proches, la coexistence de plusieurs textes cristallise une rivalité entre exécutif et Parlement, et rend le calendrier législatif incertain.

Le

« La Palestine n’est pas seule » affirme Emmanuel Macron
4min

Politique

Groenland : « Donald Trump nous met le couteau sous la gorge », estime Cédric Perrin

Au micro de Public Sénat, Cédric Perrin, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, estime que les déclarations de Donald Trump sur le Groenland visent à mettre la pression aux Européens, dans un contexte où les Etats-Unis viennent de redéfinir leurs objectifs stratégiques. Par ailleurs, l’élu sera reçu à l’Elysée ce jeudi en fin de journée, alors qu’Emmanuel Macron doit présenter les garanties de sécurité pour l’Ukraine.

Le