La situation des maires de France est devenue « infernale » selon Philippe Dallier
Le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) a publié une étude de grande ampleur sur la situation des maires de France. Le constat est alarmant : à l’approche des municipales de 2020, les édiles sont partagés entre résignation et incertitude.

La situation des maires de France est devenue « infernale » selon Philippe Dallier

Le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) a publié une étude de grande ampleur sur la situation des maires de France. Le constat est alarmant : à l’approche des municipales de 2020, les édiles sont partagés entre résignation et incertitude.
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Par Marion D'Hondt

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« On gère la pénurie, on écoute les citoyens mécontents : c’est devenu infernal. »

Philippe Dallier, sénateur LR de la Seine-Saint-Denis, regarde l’action du gouvernement comme « de très petits pas qui ne suffisent pas à calmer l’inquiétude ». Certes, il « envoie des messages sympathiques aux élus » mais cela ne suffit pas. Emmanuel Macron « a tort » de ne pas se rendre au congrès des maires car il rompt sa promesse. Cette visite lui aurait permis de « sentir l’ambiance » car seul le « dialogue direct » permet de mesurer la réalité du terrain. Philippe Dallier a constaté qu’il est « difficile de composer des listes » pour les municipales et de « trouver des gens qui ont envie de consacrer du temps à la collectivité ». Cela est dû à la difficulté de la tâche et aux exigences croissantes des concitoyens. Il estime que « les maires sont noyés dans des réunions sans fin » avec les intercommunalités et les services de l’Etat. Il a l’impression d’une « perte de pouvoir des maires ». En 22 ans à la tête des Pavillons-sous-Bois, il a constaté un changement « du tout au tout ». En effet, à son arrivée en 1995, il avait « le sentiment et la réalité du pouvoir entre les mains », tandis qu’entre-temps « c’est devenu infernal ». Pour lui, il faut « donner de la visibilité » aux maires, par exemple sur la taxe d’habitation. « L’avenir d’une commune se construit sur le long terme », estime-t-il. L’activité du maire consiste principalement à « gérer la pénurie » et à « écouter les concitoyens mécontents », ce qui est générateur d’un « ras-le-bol général » chez les élus.

Les maires partagés entre résignation et sens du devoir

Les édiles ressentent une lassitude face aux attentes de plus en plus élevées des citoyens. Ils sont 49% à vouloir « abandonner tout mandat électif » dans la perspective de 2020. Les raisons de l’abandon sont diverses. 71% des maires souhaitent privilégier leur vie personnelle et familiale. La moitié d’entre eux considère avoir accompli son devoir civique. Viennent ensuite les difficultés croissantes à satisfaire les demandes des administrés et le manque de moyens financiers.

Les relations difficiles avec les différents échelons du pouvoir

Les maires s’inquiètent de la réduction de leur marge de manœuvre. Ils ont un sentiment de « dépossession » politique et administrative. Ils ont l’impression d’être de simples agents de mise en œuvre de la politique nationale. Ils souffrent aussi des différentes réformes de recentralisation. Les édiles doivent pallier les baisses des transferts financiers de l’État, soit en reportant les investissements, soit en impactant les services publics.

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