La ministre de la Santé Agnès Buzyn a estimé vendredi qu'il y aurait "des suites" dans l'affaire du lait contaminé à la salmonelle du groupe Lactalis, notant les "peines graves" encourues par certains acteurs, sans les identifier.
"Là où on est extrêmement inquiets, c'est effectivement le fait que les gens ne prennent pas suffisamment conscience du risque sanitaire dans le retrait de lots qui est totalement de la responsabilité de chacun et les gens sont exposés à des peines graves, des peines pénales, des amendes", a déclaré la ministre sur Europe 1.
"Je crois qu'il y aura des suites, une enquête est ouverte et nous verrons les responsabilités de chacun", a-t-elle ajouté, assurant que les services de l'Etat avaient "fait leur travail" et que les alertes étaient "plus que claires".
Malgré le rappel de lots de lait infantile, en trois étapes en décembre, des supermarchés ont reconnu avoir continué à commercialiser des produits qui auraient dû être re évoquant des peines gravestirés de la vente.
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a révélé que les contrôles avaient également fait état de la présence de produits visés par le rappel dans des pharmacies, crèches, hôpitaux et grossistes.
"C'est incompréhensible et c'est totalement de la responsabilité soit de ces établissements (hospitaliers) soit des pharmaciens", a souligné Agnès Buzyn, notant qu'il semblait y avoir 44 pharmacies "défaillantes" sur 20.000 en France.
Le porte-parole de Lactalis, Michel Nalet, donne une conférence de presse à Paris le 11 janvier 2018
AFP
"On est en train de faire une enquête, j'ai des remontées des Agences régionales de santé concernant les hôpitaux incriminés", a-t-elle ajouté.
"Je crains que nous trouvions des choses étonnantes chez Lactalis", a-t-elle d'autre part déclaré, évoquant "une forme de résistance" dans les retraits de lots et notant que les trois rappels successifs avaient "compliqué le traitement" de l'information par les distributeurs.
Dans un entretien au Parisien, elle a toutefois salué les excuses du groupe Lactalis.
"C'est déjà très bien d'avoir présenté ses excuses. Je ne suis pas sûre que cela soit suffisant s'il y a eu des défauts dans la chaîne de surveillance", a expliqué la ministre.
"Nous avons été à l'origine de l'alerte et de la demande immédiate de retrait des lots", a-t-elle fait valoir, saluant "une extrême réactivité" des services de l'Etat. Pour Mme Buzyn, "les industriels sont en première ligne de la responsabilité sanitaire".
Au 9 janvier, les autorités de santé avaient recensé 35 nourrissons atteints de salmonellose et ayant consommé un lait ou un produit d'alimentation infantile de l'usine Lactalis incriminée. Dix-huit nourrissons ont été hospitalisés, mais tous sont sortis de l'hôpital, selon la même source.
"A ma connaissance aujourd'hui, les derniers cas signalés vraiment liés à la contamination datent de début décembre", a indiqué Mme Buzyn sur Europe 1.
Après les représentants de la grande distribution jeudi, le groupe Lactalis va devoir s'expliquer vendredi devant le ministre de l'Economie, qui a convoqué sa direction et dénoncé une "entreprise défaillante".
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