Marc Ladreit de Lacharrière, entendu lundi par la police sur les conditions d'emploi de Penelope Fillon par sa revue, est un financier fortuné,...
Ladreit de Lacharrière, le financier qui murmure à l’oreille des politiques
Marc Ladreit de Lacharrière, entendu lundi par la police sur les conditions d'emploi de Penelope Fillon par sa revue, est un financier fortuné,...
Par Lucie GODEAU
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Marc Ladreit de Lacharrière, entendu lundi par la police sur les conditions d'emploi de Penelope Fillon par sa revue, est un financier fortuné, ami de longue date de François Fillon et disposant de ses entrées dans les cercles politique et culturel.
"François Fillon, je le connais depuis plus de vingt ans, c’est le compagnon de route de mon grand ami Philippe Séguin, nous avons fait des combats ensemble", rappelait le milliardaire de 76 ans sur Europe 1 en novembre, saluant la victoire de l'ancien Premier ministre à la primaire de la droite.
Cet entrepreneur affable et souriant --qui dispose de la 23ème fortune de France, estimée à 2,4 milliards de dollars en 2016 par le magazine Forbes-- est un formidable homme de réseaux.
Francois Hollande, Marc Ladreit de Lacharrière et François Fillon le 3 octobre 2016 à Paris
AFP/Archives
Les amitiés de ce proche de Jacques Chirac, avec qui il partage le goût pour les arts premiers, ne sont pas partisanes puisqu'il cultive aussi de bonnes relations avec François Hollande et a financé la fondation de Martine Aubry Agir contre l'exclusion.
Il s'est en revanche brouillé avec Nicolas Sarkozy.
Propriétaire de la Revue des Deux Mondes, qui a rémunéré l'épouse de François Fillon, Penelope, il détient avec ce titre prestigieux l'une des plus anciennes revues d'Europe.
Les "dîners du Cercle", organisés par la revue accueillent des personnalités politiques éclectiques dont Anne Hidalgo, Bruno Le Maire, Valéry Giscard d'Estaing ou encore Emmanuel Macron, selon le site de la revue.
- Un entrepreneur passé par l'Ena -
Mais cet actif déficitaire est marginal dans son holding diversifié Fimalac, fondé après une carrière dans les affaires, qui pèse près de 3 milliards d'euros en Bourse.
Le PDG de la société SOITEC André-Jacques Auberton-Hervé, le président Jacques Chirac, le PDG de FIMALAC Marc Ladreit de Lacharriere et le ministre de l'Economie Thierry Breton le 2 mars 2006 à Paris
AFP/Archives
L'Ardéchois Marc Ladreit de Lacharrière est passé par l'Ena, mais n'a pas rejoint la fonction publique, préférant entrer à la banque Indosuez.
Il a ensuite travaillé pour L'Oréal pendant quinze ans, avant de partir en 1991 pour fonder son propre holding, Fimalac.
Cédant des actifs industriels (Facom, des installations de stockage dans le port du Havre…) il a développé son agence de notation.
Après un investissement initial dans une petite agence anglaise, IBCA, il a racheté en 1997 Fitch Ratings, troisième agence de notation financière mondiale qui prospère, même si son rôle a été mis en cause pendant la crise financière de 2008.
Son holding a empoché en 2015 une belle plus-value de 1,652 milliard d'euros quand il a cédé 30% de Fitch au groupe de médias Hearst.
Fimalac contrôle toujours aujourd'hui 20% de Fitch, mais est aussi présent dans l'immobilier et a entrepris de bâtir à coups d'acquisitions un poids lourd français des médias en ligne et du divertissement.
Il s'est ainsi offert le groupe Webedia qu'il développe et a dans son écurie des sites tels qu'Allociné, PurePeople ou 750g.
Fimalac a aussi créé depuis 2010 un pôle divertissement conséquent avec l'objectif déclaré de défendre "l'exception française" dans la culture face aux géants anglo-saxons.
Il rassemble une douzaine de sociétés de production françaises, parmi lesquelles Gilbert Coullier Productions ou Debjam, la société de Jamel Debbouze, et la gestion de 101 salles de spectacles, dont la prestigieuse salle Pleyel à Paris.
S'il parle peu de ses affaires, Marc Ladreit de Lacharrière préfère mettre en avant sa fondation Culture et Diversité, créée en 2006 et qui a vocation à "aider les jeunes issus de l'immigration".
Ce grand collectionneur d'art a aussi exposé sa collection au Musée du Quai Branly à Paris.
Divorcé, père de quatre enfants, il est le compagnon de Véronique Morali, présidente du directoire de Webedia.
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