Laurent Pietraszewski, le nouveau Monsieur retraites, à peine arrivé déjà critiqué
Nommé secrétaire d’État en charge des retraites suite à la démission de Jean-Paul Delevoye mercredi, Laurent Pietraszewski est déjà sous le feu des critiques. En cause notamment, des indemnités de licenciement de 71 872 euros versées par Auchan et déclarées pour août septembre 2019.

Laurent Pietraszewski, le nouveau Monsieur retraites, à peine arrivé déjà critiqué

Nommé secrétaire d’État en charge des retraites suite à la démission de Jean-Paul Delevoye mercredi, Laurent Pietraszewski est déjà sous le feu des critiques. En cause notamment, des indemnités de licenciement de 71 872 euros versées par Auchan et déclarées pour août septembre 2019.
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Propulsé secrétaire d’État aux retraites après la démission de Jean-Paul Delevoye, le marconiste, Laurent Pietraszewski est déjà dans le viseur de l’opposition. Il n’aura pas fallu plus de 24 heures pour que quelques éléments gênants du profil de l’ancien député LREM du Nord remontent à la surface. Ouvrant le bal, le président de l'Observatoire d'Éthique publique, René Dosière, affirmait ce matin sur Europe 1 que la déclaration d'intérêts du nouveau « Monsieur retraites » du gouvernement « n'est pas claire à 100% ». Le spécialiste des finances publiques regrette le « peu de renseignements sur les activités qu'il a pu exercer durant les cinq années précédant son élection comme député » et estime que « sa déclaration mériterait d'être un peu plus précise ».

« Laurent Pietraszewski sera chargé de la réforme des retraites, lui qui gagne 71 872 € pour un job d'été chez Auchan mais vire sans scrupule une caissière pour une erreur de 0,80 € ! », s’indigne la sénatrice communiste, Laurence Cohen, sur Twitter. La sénatrice fait référence, ici, à une ligne de la déclaration d’intérêt et d’activité, disponible sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), qui a retenu l’attention.

Élu député en 2017, Laurent Pietraszewski a perçu 71 872 euros de la part son ancien employeur, Auchan, entre août et septembre 2019 selon sa déclaration d’intérêts. Contrairement à ce qui a pu être dit ce matin, cette somme correspond en réalité à des indemnités de licenciement et non à un travail estival (lire notre article). Une fois élu Laurent Pietraszewski aurait décidé de se mettre en congé sabbatique à partir du 8 juillet 2017, restant donc comptabilisé dans les effectifs du groupe. Son poste a cependant été supprimé dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi alors qu’il refusait que son contrat de travail soit transféré dans une autre entité du groupe. Il a donc perçu ses fameuses indemnités de licenciement, déclarées pour la période août septembre 2019. « 12 mois d’indemnité et ouverture de droit aux allocations chômage : le droit du travail qu’on aime », ironise la sénatrice socialiste, Marie-Pierre de La Gontrie (voir son tweet).

Concernant, le licenciement d’une salariée syndiquée à la CFDT, la sénatrice évoque là une affaire rapportée par le quotidien, l’Humanité en août 2017. En 2002, Laurent Pietraszewski est alors chargé des ressources humaines dans l’hypermarché Auchan de Béthune (Pas-de-Calais). Le cadre prononce une mise à pied disciplinaire à l’encontre de l’employée pour une « erreur de commande de 80 centimes d’euros et un pain au chocolat cramé donné à une personne » expliquait Guy Laplatine, délégué syndical central CFDT, à l’Humanité. La salariée avait même été convoquée par le commissariat et placée en garde à vue, selon le syndicaliste. Un épisode susceptible d’interroger sur la conception du dialogue social du député LREM qui au moment de la publication de cet article était également rapporteur du projet de loi d’habilitation pour réformer par ordonnances le Code du travail.

Si les élus de la majorité présidentielle saluent à l’unisson la nomination de Laurent Pietraszewski, les éléments évoqués plus haut risquent de braquer un encore un peu plus les élus de l’opposition. La députée insoumise, Caroline Fiat, a, elle, rappelé le rôle de Laurent Pietraszewski dans le vote des ordonnances visant à réformer le Code du Travail : « Nommer pour la réforme des retraites un député qui a saccagé le Code du travail... », s’étrangle-t-elle. Indignation similaire du côté du député Les Républicains, Olivier Marleix : « On a du souci à se faire avec votre conception de la justice sociale ».

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