Le 100ème congrès des maires sous tension
C’est un congrès historique qui s’ouvre ce mardi 21 novembre à Paris pour l’Association des Maires de France. À l’occasion de son centième anniversaire et sur fond de tension avec l'exécutif, l’association, présidé par François Baroin, entend bien faire entendre, au Président de la République, ses préoccupations et ses revendications.

Le 100ème congrès des maires sous tension

C’est un congrès historique qui s’ouvre ce mardi 21 novembre à Paris pour l’Association des Maires de France. À l’occasion de son centième anniversaire et sur fond de tension avec l'exécutif, l’association, présidé par François Baroin, entend bien faire entendre, au Président de la République, ses préoccupations et ses revendications.
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Par Jules Duribreu

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Inquiétude, abattement et colère, voilà les sentiments qui dominent chez les élus locaux à l’ouverture de cette première journée du congrès de l’AMF. Pour André Laignel, premier vice président de l’association, ce constat serait partagé par l’ensemble des maires: «Les menaces qui pèsent sur l’avenir de nos communes sont aujourd’hui ressenties de la plus petite à la plus grande. Et il faut que ce congrès nous sorte de l’enlisement, mais nous ne sortirons que de l’enlisement avec de l’audace.»

En cause, pour André Laignel, le comportement de l'exécutif vis-à-vis des maires. «On est confrontés à un manque de considération qui est patent, on nous accuse d'être trop nombreux, d'être inefficaces, trop coûteux, clientélistes. Les mots blessants ont été accumulés et les maires ne supportent plus d'être pointés du doigt.»

Taxe d’habitation et plan d’économie : Les raisons de la colère

Depuis la présidentielle, les élus locaux sont allés de déconvenues en déconvenues et sont plus que jamais inquiets sur leur autonomie financière. La suppression de la taxe d’habitation, annoncée pendant la campagne d’Emmanuel Macron, a déjà endommagé la relation entre l'exécutif et les territoires, et la confiance n’est pas de mise concernant l’éventuelle compensation par l’État des pertes liées à la disparition de cette source de revenus. «Par le passé, nous avons déjà eu ce genre de promesse. On a toujours constaté que ce n’était pas vrai. On nous prend des crédits sur des choses qui étaient gravées dans le marbre.»  

Ensuite, le plan d'économies demandé aux collectivités par l'exécutif, qui les invite à réaliser treize milliards d'économies sur cinq ans, ne fait qu’empirer une situation déjà orageuse. «On ne peut pas rester à 13 milliards de pénalisations de notre action. On ne peut pas nous demander de baisser notre dette pendant que l’État augmente la sienne. On ne peut pas accepter la suppression de 70 000 emplois dans les communes.»

Une remise en cause de la décentralisation ?

«Cela fait maintenant près de 10 ans qu’on nous supprime des impôts, qu’on nous baisse des dotations. Nous sommes à notre maximum et nous connaissons des difficultés.» souligne André Laignel. Une situation qui, selon le maire d’Issoudun, irait jusqu’à remettre en cause la logique même de décentralisation. «Il y a la liberté réelle et la liberté théorique. Si nous ne pouvons plus dépenser, notre liberté est atteinte, notre autonomie est atteinte.»

Des attentes fortes vis-à-vis de l'exécutif

Pour autant, si la relation entre Emmanuel Macron et les élus locaux semble être tendue, le dialogue reste ouvert et la démarche se veut constructive, comme le souligne le premier vice-président de l’AMF. «Nous avons eu avec le président de la république, François Baroin et moi, un entretien d’une heure, un vrai entretien d’une heure, où nous lui avons dit ce que nous attendions, car nous ne sommes pas une force de refus, nous sommes une force de proposition. Nous attendons jeudi, lors du discours du Président de la République, ce qu’il en est. Mais nous avons la crainte que cela soit une grande déception.»

En outre, le gouvernement devrait affirmer sa présence durant ce congrès, avec un discours du premier ministre Edouard Philippe dans l’après-midi du 21 novembre et le déplacement de 14 ministres à la porte de Versailles. «Est-ce de la considération ou la preuve d’une crainte du gouvernement de l’ambiance de ce congrès ? S’ils viennent nous dire des choses, nous nous réjouissons d'être un lieu de dialogue.»

 

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