Le Canard enchaîné épingle Nyssen, le gouvernement prêche « l’exemplarité »
Françoise Nyssen a fait agrandir de 150 m2 les locaux parisiens de la maison d'édition Actes Sud, qu'elle dirigeait avant de...

Le Canard enchaîné épingle Nyssen, le gouvernement prêche « l’exemplarité »

Françoise Nyssen a fait agrandir de 150 m2 les locaux parisiens de la maison d'édition Actes Sud, qu'elle dirigeait avant de...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Françoise Nyssen a fait agrandir de 150 m2 les locaux parisiens de la maison d'édition Actes Sud, qu'elle dirigeait avant de devenir ministre de la Culture, sans en informer la Direction de l'urbanisme de la mairie de Paris, ni le fisc, affirme mercredi le Canard enchaîné.

"Sans autorisation de travaux ni déclaration au fisc, Françoise Nyssen a augmenté de 150 m2 la surface des bureaux parisiens de sa société. Le tout dans un immeuble classé", écrit le Canard enchaîné.

Contactés par l'AFP dès mardi, ni le ministère de la Culture, ni les éditions Actes Sud n'avaient réagi mercredi en milieu d'après-midi. Interrogé à l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a rappelé que "le président de la République s'est engagé sur l'exemplarité (...) et sur notamment les exigences de transparence".

"Il faut voir si la justice s'en saisit, je ne crois pas que ce soit le cas", a ajouté M. Griveaux avant de rappeler que si un membre du gouvernement est mis en examen "il doit quitter le gouvernement".

Le porte-parole a fait remarquer que quand Actes Sud s'est installé dans ce bâtiment parisien, "ils étaient locataires" et que le local comportait déjà des mezzanines. "Quand on est locataire et qu'on s'installe quelque part, on demande rarement s'il y a eu toutes les autorisations", a plaidé le porte-parole.

"Ces choses seront faites", a-t-il assuré avant de souligner que "personne en France n'est au-dessus des lois".

Selon le Canard, les travaux entrepris au siège parisien d'Actes Sud, un bâtiment du XVIIIe siècle situé au coeur du Quartier latin et inscrit à l'inventaire des Monuments historiques, ont été réalisés en 2012 par l'intermédiaire de la Société civile immobilière (SCI) Séguier gérée alors par Françoise Nyssen. C'est la même SCI qui a permis, selon le Canard, d'acquérir ce bâtiment en 1997.

Le Canard affirme qu'il n'y a "pas la moindre trace de dépôt d'une demande d'autorisation de bâtir" aux archives de la Direction de l'urbanisme de la mairie de Paris. Une autorisation est nécessaire à partir de l'ajout de 20 m2.

Ces travaux, consistant principalement à l'ajout de mezzanines, auraient également dû faire l'objet d'une demande auprès de l'architecte Bâtiments de France et de l'architecte en chef des Monuments historiques, ajoute le Canard.

L'hebdomadaire affirme en outre que l'agrandissement des locaux n'a pas été signalé à l'administration fiscale. "Ce petit +oubli+ a pu permettre à la société de la ministre de réduire d'un tiers l'impôt immobilier (la cotisation foncière des entreprises) qu'elle acquitte chaque année pour son siège parisien".

"Par la même occasion, ajoute le Canard, Françoise Nyssen et son mari (Jean-Paul Capitani, ndlr) ont eu la possibilité d'économiser le montant de deux taxes spécifiques qui frappent les bureaux en Ile-de-France".

Ce n'est pas la première fois, que Mme Nyssen est dans le collimateur du Canard. En juin, l'hebdomadaire satirique avait dénoncé l'agrandissement du siège d'Actes Sud à Arles, réalisé sans les autorisations nécessaires en 2011, avant d'être régularisé à l'entrée de Françoise Nyssen au gouvernement. La ministre avait alors regretté une "négligence".

Partager cet article

Dans la même thématique

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le

Epstein Library – Photo Illustration
3min

Politique

Affaire Epstein : les victimes du « rabatteur » français Jean-Luc Brunel continuent leur combat devant la justice

La publication de 3 millions de documents concernant Jeffrey Epstein, par le ministère américain de la justice, a confirmé la dimension planétaire de cette affaire de crimes sexuels. Depuis plusieurs années déjà, des victimes de l’ancien agent de mannequin, le Français, Jean-Luc Brunel, considéré comme un « rabatteur » de Jeffrey Epstein, demandent réparation. Certaines d’entre elles étaient présentes au Sénat en 2021 pour une table ronde sur les victimes de violences sexuelles dans le milieu de la mode.

Le