« Le carnet » noir du harcèlement au Parlement européen
Jeanne Ponté est une des quelque 5 000 attachés parlementaires qui travaillent au Parlement européen. Elle consigne depuis 2014 tous les gestes déplacés, les cas de harcèlements ou d’agressions sexuelles dont elle-même et ses collègues sont les victimes. Elle livre aujourd’hui son témoignage sur le plateau de l’émission Europe Hebdo.

« Le carnet » noir du harcèlement au Parlement européen

Jeanne Ponté est une des quelque 5 000 attachés parlementaires qui travaillent au Parlement européen. Elle consigne depuis 2014 tous les gestes déplacés, les cas de harcèlements ou d’agressions sexuelles dont elle-même et ses collègues sont les victimes. Elle livre aujourd’hui son témoignage sur le plateau de l’émission Europe Hebdo.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Dans la foulée de l’affaire Weinstein, les révélations de harcèlement sexuel se multiplient dans tous les milieux. Assistante de l’eurodéputé socialiste Édouard Martin, Jeanne Ponté a décidé de prendre la parole pour dénoncer ces faits au sein du Parlement européen. La jeune femme raconte avoir elle-même été victime d’un comportement déplacé de la part d’un député allemand en juillet 2014 alors qu'elle est toute jeune assistante. Choquée par cet événement, elle décide quelques mois plus tard de consigner des gestes, des noms, des dates, dans un petit carnet « pour ne pas s’habituer ». Elle répertorie ainsi tous les actes dont elle a connaissance : « ça va du commentaire sexiste, au harcèlement sexuel, au message reçu au milieu de la nuit par des députées et de manière répétée, à des cas d’agression sexuelle ».

Le Parlement européen a pourtant mis en place dès octobre 2014, un comité de lutte contre le harcèlement, présidée par l’eurodéputée française Élisabeth Morin-Chartier. Un comité qui n’existe pas dans les assemblées parlementaires françaises. Mais un comité qui n’a, à ce jour, jamais été saisi pour un cas de harcèlement sexuel…  Jeanne Ponté salue le bien-fondé de ce comité mais elle insiste sur l’importance de le perfectionner. Elle avoue qu’elle-même n’avait pas connaissance de son existence lorsqu’elle a débuté dans l’institution.

Des mesures pour améliorer la situation ?

Malgré tout, selon l’assistante parlementaire, aujourd’hui « tout le monde a envie d’avancer dans la même direction et c’est extrêmement positif ». Les députés eux-mêmes se sont saisis du sujet, mettant le harcèlement à l’ordre du jour de la dernière session plénière. Ils ont ainsi adopté le 26 octobre dernier une résolution réclamant un audit et des mesures pour lutter contre le faible taux de signalement.

Édouard Martin, député socialiste, explique que « si ce comité a le mérite d’exister, et il faut le garder, il n’est pas adapté à la situation du harcèlement sexuel ». Il insiste sur la nécessité de recourir à une expertise extérieure pour mieux cerner la problématique : «  qu’ils viennent voir quelle est l’amplitude du problème et peut-être aussi nous aider à améliorer les instances ». L’ancien syndicaliste plaide aussi pour une réforme du statut des assistants parlementaires, qui sont embauchés avec des contrats précaires. Une simple rupture de confiance peut être cause de licenciement, alors Édouard Martin pointe le risque de double peine pour celles, victimes, qui oseraient prendre la parole : harcelée et licenciée.

Partager cet article

Dans la même thématique

Photo illustration police nationale en service
5min

Société

Sécurité : accord des parlementaires sur le projet de loi Ripost

Députés et sénateurs se sont entendus ce lundi après-midi sur une version commune du projet de loi Ripost visant à réprimer plusieurs troubles à l’ordre public comme les rodéos urbains, l’organisation de rave parties et la consommation de protoxyde d’azote. L’essentiel du texte fait consensus entre les deux chambres du Parlement.

Le

« On se sera battu jusqu’au bout » : la droite sénatoriale prépare ses recours au Conseil constitutionnel contre la loi sur la fin de vie
6min

Société

 « On se sera battu jusqu’au bout » : la droite sénatoriale prépare ses recours au Conseil constitutionnel contre la loi sur la fin de vie

Sur le projet de loi relatif à la fin de vie, qui devrait être définitivement adopté le 15 juillet, Gérard Larcher va déposer un recours pour vérifier la constitutionnalité des dispositions. Une procédure rare. Les sénateurs de la majorité sénatoriale de droite et du centre feront eux aussi leur propre saisine.

Le

French L1 football match between Olympique Lyonnais (OL) and Le Havre AC
4min

Société

Droits TV, LFP, rémunération des dirigeants : le Sénat et l’Assemblée tombent d’accord sur le texte encadrant le sport professionnel

La commission mixte paritaire sur la proposition de loi encadrant le sport professionnel qui s’est tenue ce mercredi a été conclusive. Députés et sénateurs se sont mis d’accord sur le plafonnement des rémunérations des dirigeants du foot français, avec des dérogations, ainsi que sur plusieurs mesures de régulation du secteur. L’interdiction de la multipropriété adoptée à l’Assemblée nationale a en revanche été écartée.

Le