Le Ceta approuvé par l’Assemblée, mais record de « marcheurs » contestataires
Contestation record dans la majorité: l'Assemblée nationale a approuvé mardi la ratification du controversé traité de libre-échange entre l'UE...

Le Ceta approuvé par l’Assemblée, mais record de « marcheurs » contestataires

Contestation record dans la majorité: l'Assemblée nationale a approuvé mardi la ratification du controversé traité de libre-échange entre l'UE...
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Par Ludovic LUPPINO

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Contestation record dans la majorité: l'Assemblée nationale a approuvé mardi la ratification du controversé traité de libre-échange entre l'UE et le Canada (Ceta), mais neuf députés LREM ont voté contre et 52 se sont abstenus.

Hasard de calendrier, le vote sur cet accord jugé par certains anti-écolo a eu lieu le jour de la visite à l'Assemblée de Greta Thunberg, égérie de la lutte climatique.

C'est du jamais vu chez les "marcheurs" depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017: le scrutin sur la proposition de loi "anticasseurs", début février, avait donné lieu certes à cinquante abstentions mais aucun LREM n'avait voté contre.

Le Ceta approuvé par l'Assemblée
Le Ceta approuvé par l'Assemblée
AFP

Seuls 229 macronistes ont approuvé mardi le Ceta, sur les 304 membres du groupe. Même tendance chez l'allié MoDem, avec six abstentions, deux votes contre, pour 32 approbations du texte.

Le gouvernement de Justin Trudeau s'est dit "heureux" du vote et assuré qu'il continuerait "de travailler avec tous les Etats membres de l'UE" pour en assurer la ratification définitive.

L'ensemble de la gauche s'est prononcée contre, au nom des risques environnementaux et sanitaires notamment. LR et UDI-Indépendants se sont en majorité opposés au texte qui doit maintenant être soumis au Sénat à une date encore indéterminée.

Au total, la ratification a été validée par 266 voix contre 213 et 74 abstentions.

"287 députés ne se sont donc pas prononcés en faveur de ce traité scélérat. Un premier avertissement sérieux pour @Matignon avec une majorité jusqu’ici aux ordres", a tweeté l'élu du Rassemblement national Louis Aliot.

Des opposants au Ceta se sont rassemblés mardi aux abords de l'Assemblée, le 16 juillet 2019
Des opposants au Ceta se sont rassemblés mardi aux abords de l'Assemblée, le 16 juillet 2019
AFP

"A ce niveau ce n'est plus un malaise, c'est une débandade" pour la majorité, a renchéri le député LR Pierre-Henri Dumont sur le réseau social.

L'ex-marcheur Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, y voit lui un "avertissement politique clair et net": "Si les prochains accords de commerce ne respectent pas plus le climat, la biodiversité et nos agriculteurs, ils ne passeront pas !".

- "Fissure" de la majorité -

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A gauche, l'Insoumis Eric Coquerel a jugé que "voter pour un accord aussi +climaticide+, c’est quand même incompréhensible".

"On ne peut pas inviter Greta (Thunberg) le matin et voter le Ceta le soir. Moi je suis impressionné par cette première fissure", a estimé de son côté le leader de "Debout la France" Nicolas Dupont Aignan, en référence à la visite au Palais-Bourbon mardi de l'égérie suédoise de la lutte contre le changement climatique.

Le chef de file des "marcheurs" à l'Assemblée Gilles Le Gendre a récusé toute fronde dans son groupe, saluant un vote "serré" mais "serein".

"Le résultat est là", a noté le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne, ajoutant que "nous serons très vigilants dans la mise en oeuvre de cet accord".

Les ONG ont déploré le vote, qui "signe le clap de fin de l’acte 2 du quinquennat" selon Greenpeace, quand la Fondation Nicolas Hulot et l'institut Veblen ont fustigé "une décision incompréhensible au regard du faisceau de menaces mises à jour".

Les principaux syndicats agricoles ont aussi déploré sans surprise la ratification de cet accord, dénonçant la "disparition de l'élevage français" et plus largement des normes de qualité de production européennes.

La jeune Suédoise Greta Thunberg reçue à l'Assemblée nationale, le 23 juillet 2019 à Paris
La jeune Suédoise Greta Thunberg reçue à l'Assemblée nationale, le 23 juillet 2019 à Paris
AFP

Lundi, l'ex-ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot avait appelé dans une lettre ouverte les parlementaires à avoir "le courage de dire non" à ce traité, qui risque à ses yeux d'ouvrir la porte à des substances dangereuses par un abaissement des normes sanitaires.

Une ratification irait "dans le bon sens", lui avait répondu Emmanuel Macron, tout en réaffirmant la nécessité de s'assurer que le texte soit "bien mis en œuvre".

- "Beaucoup de mythes" -

Négocié pendant plus de sept ans, l'"Accord économique et commercial global" (AECG) - en anglais Ceta - avait été approuvé par le Parlement européen en février 2017. Il doit être ratifié par les 38 assemblées nationales et régionales d'Europe.

L'examen au Palais Bourbon de ce texte, qui supprime notamment les droits de douanes sur 98% des produits échangés entre les deux zones, avait donné lieu mercredi dernier à environ 10 heures de vifs échanges, jusque tard dans la nuit.

Plusieurs élus d'opposition s'étaient inquiétés, notamment, de l'importation de viande nourrie par des farines animales interdites en France.

"Fake news", leur avait rétorqué le président de la commission des Affaires économiques Roland Lescure (LREM), soulignant que seules 36 fermes canadiennes peuvent exporter aux normes européennes.

"Il y a eu beaucoup de mythes autour de ce texte", a commenté mardi la commissaire européenne au Commerce, la Suédoise Cecilia Malmström.

ll-parl-bur/ib/sp

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