Le « chèque eau » au menu du Sénat à la rentrée
Le projet de loi Engagement dans la vie locale et proximité de l'action publique, examiné au Sénat après la pause estivale, prévoit de généraliser la tarification sociale de l’eau.

Le « chèque eau » au menu du Sénat à la rentrée

Le projet de loi Engagement dans la vie locale et proximité de l'action publique, examiné au Sénat après la pause estivale, prévoit de généraliser la tarification sociale de l’eau.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Après le « chèque énergie », un « chèque eau » ? Le coût de l’eau peut représenter un coût important dans le budget des Français les plus modestes. Des disparités importantes existent suivant les régions, mais en moyenne, la facture est loin d’être négligeable. Selon l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement, elle s’élevait en 2015 à 485 euros par an pour un foyer français (soit 40 euros chaque mois), sur la base d’une consommation de 120 mètres cubes.

D’après l’état actuel de l’avant-projet de loi, la prochaine réforme territoriale, relative à « l’engagement dans la vie locale et la proximité de l'action publique », examinée par les sénateurs au début de l’automne, devrait introduire un dispositif de type « chèque eau ». L’un des articles de l’avant-projet de loi souhaite modifier le Code des collectivités territoriales, pour que « les services publics d'eau et d'assainissement soient autorisés à mettre en œuvre des mesures sociales visant à rendre effectif le droit d'accéder à l'eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous ». Concrètement, ce coup de pouce pourrait prendre la forme de versements d’aides, ou de tarifs progressifs dans la tarification de l’eau, avec l’instauration d’une tranche gratuite pour les besoins de base.

Une expérimentation déjà menée par 50 collectivités locales

Le projet de loi de Sébastien Lecornu devrait donc entériner une disposition introduite par la loi Brottes. Cette proposition de loi adoptée en 2013, à l’initiative du député (PS) François Brottes, ouvrait le champ à une expérimentation d’un tarif social de l’eau pendant cinq années. Une cinquantaine de collectivités locales avaient été retenues pour accompagner les ménages en difficulté. La même loi avait introduit le principe d’interdiction des coupures d’eau pour factures impayées.

Dans son discours du 29 août 2018, aux Assises de l’eau, le Premier ministre Édouard Philippe insistait sur la « volonté » du gouvernement « d’accélérer le déploiement de la tarification sociale de l’eau ». « Nous proposerons dans ce but aux collectivités volontaires de mettre en place un dispositif de chèque-eau et d’en confier la gestion à l’opérateur national du chèque énergie », précisait-il.

En avril 2018, une proposition de loi des sénateurs socialistes, adoptée par le Sénat mais qui n’a pas encore été examinée par l’Assemblée nationale, réclamait de prolonger jusqu’en 2021 l’expérimentation du tarif social de l’eau.

Partager cet article

Dans la même thématique

Le « chèque eau » au menu du Sénat à la rentrée
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le