Après plus de trois semaines de conflit social en Guyane et un fossé croissant entre opposants et partisans des blocages, les "500 frères", fer...
Le conflit social en Guyane se prépare à une nouvelle phase dans la mobilisation
Après plus de trois semaines de conflit social en Guyane et un fossé croissant entre opposants et partisans des blocages, les "500 frères", fer...
Par Cécile AZZARO
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Après plus de trois semaines de conflit social en Guyane et un fossé croissant entre opposants et partisans des blocages, les "500 frères", fer de lance de la contestation, promettent une nouvelle phase dans la mobilisation jeudi.
"L'objectif n'est pas de pénaliser la population", a affirmé mercredi Mikael Mancée, l'un des porte-parole du mouvement, en annonçant "une autre phase du combat" qui sera précisée dans la journée, à la veille du week-end de Pâques, fête religieuse très suivie dans ce département d'outre-mer.
Le porte-parole du collectif des "500 frères" Mikael Mancee devant la préfecture de Cayenne le 7 avril 2017
AFP/Archives
Cette annonce se fera peut-être à l'occasion d'une nouvelle marche du collectif "Pou la Gwiyann dékolé" pilotant le mouvement social, organisée à 16H00 à Cayenne, en direction d'un barrage près du rectorat et de l'université.
"On continuera de faire des choses que personne n'a vues", a cependant promis M. Mancée. "On lâche rien. Dans tous les barrages, la population est déterminée", a-t-il encore assuré, estimant même qu'il allait "falloir durcir le mouvement", face au "mépris du gouvernement".
Le collectif a d'ailleurs lancé un questionnaire en ligne "pour avoir l'avis de la population" sur les suites à donner au mouvement.
Depuis plusieurs jours, des voix se font entendre crescendo pour réclamer la fin des blocages, après trois semaines d'un conflit qui paralyse la circulation et plus largement l'économie de tout le territoire.
La ministre des Outre-mer Ericka Bareigts parle à la foule réunie devant la préfecture à Cayenne le 30 mars 2017
AFP
Mercredi, onze plaintes pour "entrave à la libre circulation" ont ainsi été déposées par une centaine de chefs d'entreprises, commerçants et artisans venus manifester à Cayenne contre la poursuite du blocage, au lendemain d'une première manifestation anti-blocage à Kourou.
Le procureur de Cayenne Eric Vaillant a indiqué qu'une enquête était en cours suite à ces plaintes.
Même s'ils se disent toujours pour le mouvement social qui porte des revendications sécuritaires, économiques et sociales pour permettre le rattrapage de la Guyane par rapport à l'Hexagone, les plaignants ont notamment invoqué des pertes financières de plus en plus importantes, "affirmant n'avoir plus les moyens de suivre" le conflit.
- Crainte d'une "division" -
Et après un mouvement inédit qui a culminé le 28 mars par une manifestation d'ampleur jamais égalée en Guyane, de nombreux Guyanais expriment leur crainte d'une "division" du mouvement, notamment en raison de nombreux messages haineux sur internet entre les partisans et les opposants aux blocages.
Alors que le gouvernement a validé la semaine dernière un plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros pour ce territoire, "Pou La Gwiyann dékolé" réclame 2,1 milliards supplémentaires.
La "grève générale illimitée", décrétée le 25 mars et qui bloque le port de Cayenne, entraîne des pénuries, notamment de produits frais, tandis que les ordures ne sont plus ramassées depuis mardi dans Cayenne et ses environs.
Les barrages ne laissent plus passer les voitures depuis dimanche minuit, hors véhicules d'urgence ou production par les conducteurs d'un document démontrant l'urgence de leur voyage (rendez-vous médial, billet d'avion).
Le trafic aérien est également fortement perturbé depuis plusieurs semaines, mais jeudi, le vol aller-retour d'Air France entre Paris et Cayenne sera opéré, a annoncé la compagnie aérienne, tandis qu'Air Caraïbes a maintenu pour ces prochains jours sa desserte de la Guyane.
Les appels à lever les barrages se sont multipliés, dont celui de François Hollande, après plusieurs jours de silence mal acceptés par la population. "On ne peut pas multiplier les annonces, les promesses" intenables, à onze jours du premier tour de l'élection présidentielle, a insisté le chef de l'Etat lundi.
Le conflit a des conséquences également sur la campagne présidentielle: la propagande électorale des onze candidats ne sera pas distribuée dans les boîtes aux lettres des électeurs guyanais vu "l'impossibilité d'expédier les circulaires des candidats avant le premier tour du scrutin", a annoncé la préfecture.
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