« Le déficit de notre régime de retraites est artificiellement entretenu » estime Marie-Noelle Lienemann
Alors que le jeudi 5 décembre s’annonce comme une date clé en matière de mobilisation contre la réforme des retraites, des sénateurs de la majorité et de l’opposition réagissent.  

« Le déficit de notre régime de retraites est artificiellement entretenu » estime Marie-Noelle Lienemann

Alors que le jeudi 5 décembre s’annonce comme une date clé en matière de mobilisation contre la réforme des retraites, des sénateurs de la majorité et de l’opposition réagissent.  
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Enseignants, avocats, retraités, policiers… qui vont manifester, de fortes perturbations dans les transports en commun…Cette grande grève nationale contre la réforme des retraites risque d’être massive.

« Ce que j’observe, c’est que c’est une grève préparée de longue main à laquelle ce sont associées de nombreuses organisations syndicales et pas que syndicales » analyse le sénateur (LR) de la Manche Philippe Bas, sur le plateau de Public Sénat. « Les grévistes réagissent à un projet de réforme dont on parle beaucoup mais qui en réalité n’est pas connu. Et qui est une réforme dite « systémique » (…) mais qui ne porte pas sur les garanties de financement qu’il faut apporter aux retraités d’aujourd’hui et de demain, pour être sûr que le fruit de leur cotisation leur permettra d’avoir une retraite correcte. »

Le président de la commission des lois du Sénat ajoute : « Cela ne vaut pas la peine de mettre les gens dans la rue sans leur donner la garantie du financement de leur retraite. »

Philippe Bas : « Cela ne vaut pas la peine de mettre les gens dans la rue sans leur donner la garantie du financement de leur retraite. »
00:42

 

Alors que le gouvernement justifie sa réforme des retraites par l’existence d’un déficit du régime des retraites, Marie-Noelle Lienemann sénatrice de Paris (rattachée au groupe communiste), répond que ce déficit « est artificiellement entretenu » : « Quand on regarde en détail, on se rend compte qu’il n’y a absolument pas d’augmentation des dépenses par rapport à toutes les prévisions avant. Mais ils baissent les recettes (…) parce que l’État ne compense plus toute une série d’allègements de cotisations (…) et deuxièmement parce qu’on a une estimation d’une chute du nombre de fonctionnaires et du gel des salaires des fonctionnaires. »

Et de poursuivre : « Ce système de déficit est lié à une survalorisation du manque de recettes provenant d’un jeu d’écriture de la part de l’État. »

La sénatrice estime qu’il faut « changer des choses » dans ce système mais pas de la façon choisie par le gouvernement et surtout pas en mettant en place une réforme universelle des retraites : « S’il y a de la justice sociale à faire, c’est de faire converger vers le haut, les métiers qui ont les mêmes pénibilités et d’essayer de mieux prendre en compte ce phénomène. D’harmoniser les régimes, pas de les supprimer. »

Alain Richard à propos de la réforme des retraites : « On respecte les positions des uns et des autres. Et le dialogue va se poursuivre. »
00:33

De son côté, Alain Richard sénateur (LREM) du Val-d’Oise, se veut apaisant : « La base du projet sera présentée dans le courant de ce mois. À la fois, je respecte pleinement les positions d’appel à la manifestation et à la grève (…) Je sais bien aussi que la majorité des Français considère que ce n’est pas une mauvaise idée d’évoluer à terme vers un régime qui soit sur des bases comparables pour l’ensemble des Français. Il y a une période de préparation de la réforme et d’explications qui n’est pas terminée. Cela déclenche de la nervosité. On respecte les positions des uns et des autres. Et le dialogue va se poursuivre. »

Selon lui, « la réforme se fera » et le nouveau système « sera plus équitable » que celui qui existe actuellement.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Iran Israel Usa : U.S. and Israeli Forces Strike Tehran as Part of Major Military Offensive
7min

Politique

Iran : « Les institutions iraniennes peuvent continuer de fonctionner quand bien même leurs dirigeants seraient éliminés »

Après la confirmation de la mort du guide suprême ce dimanche 1er mars, l’Iran rentre dans l’après-Khamenei. Que prévoient les institutions iraniennes pour remplacer le guide suprême ? Le régime peut-il tenir après avoir perdu son chef ? Qui pourrait émerger pour le remplacer ? La chercheuse Amélie M. Chelly, auteure de Iran : autopsie du chiisme politique (Ed. du Cerf), répond à nos questions.

Le

President Donald Trump Returns to the White House, Washington, District of Columbia, United States – 01 Mar 2026
8min

Politique

Guerre en Iran : comment Donald Trump peut-il justifier l’intervention auprès des Américains ?

En participant aux côtés de Israel à l’opération militaire en Iran, Donald Trump pourrait déconcerter son électorat qui a voté pour la promesse de la fin des guerres américaines au Moyen-Orient, coûteuses en hommes et en deniers publics. Depuis le début des frappes samedi matin, le président américain et son administration peinent à justifier cette opération tout en n’excluant pas l’envoi de troupes au sol. Rédhibitoire pour une bonne partie de la population américaine.

Le

« Le déficit de notre régime de retraites est artificiellement entretenu » estime Marie-Noelle Lienemann
3min

Politique

Guerre en Iran : « La France est en guerre depuis ce matin », estime le général Vincent Desportes

Dans un contexte de contagion de la guerre à l’ensemble du Moyen-Orient après l’intervention israélo-américaine en Iran, la France a annoncé mener « des actions défensives proportionnées. » Une position qui implique de « prendre part » à cette guerre, explique le général Vincent Desportes, qui a aussi rappelé que les intérêts politiques et économiques poursuivis par Donald Trump dans cette intervention.

Le