Moins de deux mois après l'affaire Benalla, la démission surprise de Nicolas Hulot, en pleine rentrée politique, est un nouveau coup dur pour le...
Le départ soudain de Hulot assombrit la rentrée de l’exécutif
Moins de deux mois après l'affaire Benalla, la démission surprise de Nicolas Hulot, en pleine rentrée politique, est un nouveau coup dur pour le...
Par Gaëlle GEOFFROY
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Moins de deux mois après l'affaire Benalla, la démission surprise de Nicolas Hulot, en pleine rentrée politique, est un nouveau coup dur pour le gouvernement et Emmanuel Macron, au moment où sa popularité est au plus bas.
Un président de la République en déplacement à l'étranger, un porte-parole du gouvernement appelé à réagir quasiment en direct: après des mois d'atermoiements, le ministre de la Transition écologique a annoncé sur France Inter qu'il quittait le gouvernement. Ni Emmanuel Macron ni Édouard Philippe n'avaient été prévenus.
Pris de court depuis Copenhague, Emmanuel Macron a dit dans l'après-midi "respecter" la décision de Nicolas Hulot, "un homme libre" dont l'Elysée vante le bilan, et compter sur son engagement "sous une autre forme".
Grandes dates de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, qui a annoncé quitter le gouvernement
AFP
En misant sur Nicolas Hulot, Emmanuel Macron et Édouard Philippe "savaient qu'ils prenaient un risque car dès le départ Nicolas Hulot avait dit que si ça n'allait pas assez vite, il partirait", rappelle Daniel Boy, chercheur au Cevipof.
Le journaliste de France Inter Thomas Legrand, qui a discuté avec M. Hulot avant l'interview, a évoqué sur BFMTV une réunion sur la chasse lundi à l'occasion de laquelle Emmanuel Macron, en réponse aux interrogations du ministre sur la présence du lobbyiste Thierry Coste, "aurait dit +je ne sais pas comment ce monsieur est rentré+", a rapporté le journaliste. Nicolas Hulot a alors eu "le sentiment qu'on se foutait un petit peu de lui".
- L'exécutif "subit" -
Cette démission arrive comme "une nouvelle difficulté, et ça continue de donner le sentiment qu'après un an où l'exécutif avait la main, depuis l'affaire Benalla, il subit. Il subit l'affaire Benalla, il subit les mauvais chiffres de la croissance, il subit l'équation budgétaire difficile, et aujourd'hui il subit - puisqu'il l'apprend à la radio - la démission de Nicolas Hulot", énumère Bernard Sananès, président de l'institut Elabe.
Galaxie des personnes présumées impliquées dans l'affaire Benalla, du nom de l'ex-collaborateur de l'Elysée qui a frappé un manifestant lors du 1er mai
AFP
"Ce n'est jamais agréable de perdre quelqu'un qui a une liberté de ton, dont on connaît la sincérité de l'engagement sur ces sujets", admet une source gouvernementaile, mais "ce qui change la vie des gens, ce n'est pas le nom du ministre mais ce sont les politiques mises en œuvre".
La même source confesse ignorer "comment l'opinion va réagir" au départ de M. Hulot.
A en croire Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop, c'est d'abord au prisme des dossiers économiques et sociaux, et pas de la question climatique, que l'efficacité du pouvoir est évaluée. Après l'affaire Benalla, l'impact pour Emmanuel Macron serait d'abord symbolique : "Sur des affaires extrêmement différentes, Emmanuel Macron perd ce qui était une de ses forces: la gestion de l'agenda médiatique", explique le sondeur.
Nicolas Hulot, caution écologique de ce début de quinquennat Macron, qui avait refusé d'entrer dans de précédents gouvernements, restait selon plusieurs instituts de sondage la personnalité politique préférée des Français. Ceux-ci étaient toutefois partagés sur l'efficacité de l'action du ministre.
- Reconnu ou technique -
Qui pourra remplacer ce ministre-clé dans l'édifice gouvernemental ? "Pour être ministre de l'Environnement, il faut avoir un poids politique", souligne Daniel Boy.
Premier profil évoqué par les politologues, "un écolo connu et reconnu", dit M. Boy, notant que "le seul qui reste en poste et qui est Macron compatible, c'est François de Rugy", le président de l'Assemblée nationale.
Autre solution, un ministre "technicien", compétent mais pas forcément connu du grand public. Ou un ministre plus "politique", à l'image du secrétaire d'État à la Transition écologique Sébastien Lecornu, ancien maire d'Évreux.
Reste que le prochain ministre "ne pourra pas du point de vue de la surface médiatique, dans son rapport aux Français, complètement éclipser Nicolas Hulot", souligne Frédéric Dabi.
"Il ne faut pas se dire qu'il faut trouver le même", affirme la source gouvernementale interrogée par l'AFP, en soulignant la singularité et la très forte personnalité" de Nicolas Hulot, avant d'esquisser un profil a priori plus modeste : "Quelqu'un qui ait un peu de convictions pour s'emparer des sujets, mais aussi quelqu'un qui aime mettre les mains dans le cambouis".
Le candidat de la gauche unie, hors LFI, mise sur un projet classique de gauche, mêlant mesures sociales et écologiques. Il récuse les attaques de la droite sur le manque de sérieux budgétaire et renvoie « Rachida Dati et Sarah Knafo » dos à dos. Pour le socialiste, ce sont « les deux faces d’une même pièce ».
Organisée à quelques semaines des élections municipales, une consultation Ipsos bva pour le Sénat souligne l'incertitude de près de la moitié des maires sur une nouvelle candidature. La difficulté de concilier mandat et vie privée est largement invoquée, mais d’autres motivations sont régulièrement citées, comme les violences verbales ou physiques et le manque de reconnaissance.
Inédit dans l’histoire récente, le Premier ministre a saisi lui-même le Conseil constitutionnel sur le budget. Sébastien Lecornu s’interroge notamment sur la solidité juridique de dispositifs, portant sur des niches fiscales et taxation de grandes entreprises. Les socialistes craignent la remise en cause à retardement d’éléments constitutifs du pacte de non-censure.
Alors que les femmes représentent aujourd’hui la moitié des joueurs de jeux vidéo, elles ne constituent qu’environ 10 % des streamers sur les grandes plateformes. Lors d’une table ronde organisée par la délégation aux droits des femmes, au Sénat, streameuses, journalistes et professionnelles du secteur ont dressé un constat sévère : le streaming, devenu un véritable espace de travail et de carrière, reste structuré par des violences sexistes, racistes et économiques qui freinent, voire brisent, les trajectoires des femmes.