Le Drian, une prise de guerre convoitée pour Macron
Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé jeudi son soutien à Emmanuel Macron (En Marche!), un ralliement de poids...

Le Drian, une prise de guerre convoitée pour Macron

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé jeudi son soutien à Emmanuel Macron (En Marche!), un ralliement de poids...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé jeudi son soutien à Emmanuel Macron (En Marche!), un ralliement de poids critiqué par le socialiste Benoît Hamon qui accuse ce pilier du gouvernement de trahir le vote de la primaire PS.

M. Le Drian a confirmé sa décision jeudi à des élus du Conseil régional de Bretagne, ont indiqué à l'AFP plusieurs proches du ministre de la Défense. Il la dévoilera publiquement dans une interview à Ouest-France à paraître vendredi.

C'est le seul ralliement qu'avait publiquement souhaité le candidat d'En Marche!, le seul susceptible aussi de bénéficier d'un "traitement spécifique", selon l'entourage de M. Macron qui avait ouvert de longue date des "discussions" avec le président de la région Bretagne.

"Je suis toujours heureux qu'il y ait des femmes et des hommes de conviction qui nous rejoignent", a réagi par avance M. Macron, en déplacement jeudi dans l'Yonne.

"Jean-Yves Le Drian, c'est un responsable politique pour lequel j'ai beaucoup de respect et qui, en Bretagne, a construit justement une majorité de projet qui est assez voisine de la démarche qui est la nôtre", a-t-il relevé.

S'il ne "constitue pas une surprise", ce ralliement est un coup dur pour Benoît Hamon, qui peine à rassembler sa famille politique, et qui présentait justement jeudi ses propositions en matière de défense.

"Il n'est pas acceptable, en démocratie, que des responsables politiques ne s'accommodent du vote des électeurs que lorsque celui-ci leur convient", ont écrit dans un communiqué ses porte-parole.

"Le ministre de la Défense annonce son départ chez Macron le jour où Benoît Hamon parle aux armées. C'est moche", a résumé dans un tweet l'ancienne ministre et actuelle députée du Finistère Marylise Lebranchu, qui avait signé avec une centaine d'élus bretons une tribune en soutien à M. Hamon il y a une quinzaines de jours.

M. Hamon n'a pas commenté la décision de M. Le Drian, mais il ne s'est pas privé de critiquer une des propositions phares de M. Macron en matière de défense, la création d'un service militaire obligatoire d'une durée d'un mois.

- Le Drian ne "fera pas campagne" -

"Je ne suis absolument pas favorable au retour du service militaire obligatoire, parce que les armées n'en veulent pas", a déclaré M. Hamon à la presse, en marge de sa visite à Strasbourg. "Je pense que c'est inefficace (...) Je pense que c'est coûteux", a fustigé le socialiste.

Tenant de l'aile gauche du PS, M. Hamon, lui aussi Breton, n'aura pas su convaincre cet ancien professeur d'histoire âgé de 69 ans, ex-maire de Lorient et député du Morbihan.

C'est en revanche une prise de choix pour M. Macron. Alors que l'entourage de M. Macron admet que le candidat présente quelques faiblesses sur les questions régaliennes, le renfort de M. Le Drian, qui suit celui de Dominique Perben, ex-ministre de la Justice de Jacques Chirac, conforte son image.

Reste à savoir quelle position occupera M. Le Drian dans les semaines et mois à venir. "Il ne fera pas campagne", assure un lieutenant de M. Macron.

Sans condamner la décision de son ministre, le chef du gouvernement Bernard Cazeneuve a prévenu jeudi qu'il ne tolérerait pas que ce choix le conduise à négliger ses responsabilités gouvernementales.

M. Le Drian conservera-t-il son portefeuille si M. Macron est élu? "Ce ne serait pas un mauvais choix, non?" répond un proche de M. Macron.

Il s'agit du troisième ministre de gouvernement à rejoindre M. Macron, après la secrétaire d’État à la Biodiversité Barbara Pompili (Ecologistes!) et le secrétaire d’État aux Sports Thierry Braillard, aussi vice-président du Parti radical de gauche (PRG).

"Au rythme où vont les choses, les ralliements à Emmanuel Macron vont bientôt lui permettre de reconstituer une grande partie du gouvernement Valls", a raillé Bruno Retailleau (LR), coordinateur de la campagne de François Fillon.

Par presse interposée, M. Macron a répondu en soulignant qu'une "partie de la droite française" se retrouvait dans son projet. Outre le soutien de MM. Perben et Le Drian, il a aussi enregistré jeudi celui de l'ex chiraquien Philippe Douste-Blazy, et de l'ancien hollandais Frédéric Cuvillier. Deux partout.

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Drian, une prise de guerre convoitée pour Macron
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le

Le Drian, une prise de guerre convoitée pour Macron
3min

Politique

« Méthode détestable », « colère » : l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France tend les élus

Alors que le gouvernement a prévu de ponctionner 1,8 milliard d’euros du budget des départements dans le projet de loi de finances pour 2027, l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France a fortement déplu. Le Premier ministre a néanmoins invité les départements à le rencontrer le 16 novembre à Matignon, un report qui va « exacerber les tensions », a prévenu le président (centriste) des Départements de France, François Sauvadet. Une grande partie des élus ont quitté la salle quand la ministre des Collectivités s’est exprimée.

Le