Onze plaintes pour "entrave à la libre circulation" d'un côté, beaucoup de certitudes de l'autre: après trois semaines de mouvement social en...
Le fossé se creuse en Guyane, après une manifestation anti-blocage
Onze plaintes pour "entrave à la libre circulation" d'un côté, beaucoup de certitudes de l'autre: après trois semaines de mouvement social en...
Par Joris FIORITI, Cécile AZZARO, Marion BRISWALTER
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Onze plaintes pour "entrave à la libre circulation" d'un côté, beaucoup de certitudes de l'autre: après trois semaines de mouvement social en Guyane, le fossé semblait difficile à combler mercredi entre opposants et partisans de la poursuite du blocage.
Au lendemain d'un première manifestation anti-blocage à Kourou, où une "main courante" avait été déposée en gendarmerie, un cap a été franchi mercredi à Cayenne. Une centaine de chefs d'entreprise, commerçants et artisans se sont postés devant le commissariat, cette fois-ci pour déposer plainte.
Financièrement, "on n’a plus le moyen de suivre", a justifié Ysabel, propriétaire d'une boutique de prêt-à-porter qui vient de mettre "quatre salariés en chômage technique". Marie, fleuriste qui participait également au rassemblement, a assuré avoir "jeté pour 4.000 euros de fleurs".
L'entrave à la circulation étant établie dans une Guyane bloquée depuis trois semaines par de nombreux barrages, la justice doit désormais se positionner sur la réponse à apporter à ces plaintes. "Une enquête est en cours", a déclaré à l'AFP le procureur de Cayenne Eric Vaillant, sans plus de précisions.
Des manifestants font la queue pour déposer des plaintes contres les blocages en Guyane, à Kourou le 11 avril 2017
AFP
"C’est une minorité contre une majorité", a estimé Olivier Goudet, un des porte-paroles des "500 frères contre la délinquance", groupe dont les membres marchent cagoulés et qui a pris beaucoup d'emprise sur le collectif "Pou La Gwiyann dékolé" pilotant le mouvement social depuis trois semaines.
Les barrages sont "maintenus jusqu’à nouvel ordre", a-t-il affirmé à l’AFP.
Mais "l'objectif n'est pas de pénaliser la population", a assuré Mikaël Mancée, un autre porte-parole des "500 frères", sur la radio Péyi, très populaire depuis le début du conflit. "On passe à une autre phase du combat", a-t-il aussi promis, évoquant l'annonce "dès demain" d'une "évolution du mouvement".
La Guyane est agitée depuis trois semaines par un important mouvement social, sur fond de revendications sécuritaires économiques et sociales. Alors que le gouvernement a validé la semaine dernière un plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros pour ce territoire, "Pou La Gwiyann dékolé" réclame 2,1 milliards supplémentaires.
- Conteneurs déchargés au port -
Les appels officiels à lever les barrages se sont multipliés, dont celui de François Hollande, qui a fait valoir que "l'économie guyanaise ne doit pas être fragilisée plus longtemps". "On ne peut pas multiplier les annonces, les promesses" intenables, à douze jours du premier tour de l'élection présidentielle, a encore insisté le chef de l'Etat lundi.
Les barrages ne laissent plus passer les voitures depuis dimanche minuit, hors véhicules d'urgence ou production par les conducteurs d'un document démontrant l'urgence de leur voyage (rendez-vous médial, billet d'avion). Devant les critiques de la population, les piétons, les vélos et les scooters peuvent toutefois passer.
Le porte-parole du collectif des "500 frères" Mikael Mancee devant la préfecture de Cayenne le 7 avril 2017
AFP/Archives
"Il n'est pas tolérable de se voir refuser le droit de circuler librement sur le territoire", selon les signataires d'une pétition en ligne qui avait recueilli mercredi plus de 2.800 paraphes. Plus de 4.300 internautes font aussi partie d'un groupe Facebook "Stop aux barrages en Guyane".
Mais une autre pétition, intitulée "Pour le maintien des barrages en Guyane", mise en ligne mardi, a recueilli en quelques heures plus de 4.500 signatures.
La "grève générale illimitée", décrétée le 25 mars et qui bloque le port de Cayenne, entraîne des pénuries, notamment de produits frais, tandis que les ordures ne sont plus ramassées depuis mardi dans Cayenne et ses environs.
A la mi-journée, 325 conteneurs étaient en train d’être déchargés, a indiqué à l'AFP Philippe Lemoine, directeur général du port. "On en sait pas si tous les containers seront livrés, mais certains ont été sortis car ils répondaient à des besoins urgents, comme du matériel médical", a-t-il expliqué.
Et la propagande électorale des candidats à l'élection présidentielle ne sera pas distribuée dans les boîtes aux lettres en Guyane vu "l'impossibilité d'expédier les circulaires des candidats aux électeurs guyanais avant le premier tour du scrutin", a annoncé la préfecture mercredi.
Alors que le PS a dû multiplier localement les alliances avec LFI pour espérer conserver ses villes, les socialistes récusent l’idée d’une poussée insoumise, soulignant que le PS restera « la première force de gauche » au niveau local. En même temps, le PS assume les fusions avec les listes LFI. Une stratégie que les opposants à la direction d’Olivier Faure jugent « illisible ».
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.