Le gouvernement présente un nouveau plan anti-radicalisation jihadiste
Edouard Philippe présente vendredi à Lille un nouveau plan contre la radicalisation jihadiste, un domaine où les autorités...

Le gouvernement présente un nouveau plan anti-radicalisation jihadiste

Edouard Philippe présente vendredi à Lille un nouveau plan contre la radicalisation jihadiste, un domaine où les autorités...
Public Sénat

Par Marc PRÉEL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Edouard Philippe présente vendredi à Lille un nouveau plan contre la radicalisation jihadiste, un domaine où les autorités avancent encore à tâtons trois ans après les attentats de janvier 2015.

Au terme d'un comité interministériel rassemblant dans la matinée une dizaine de membres du gouvernement, dont Nicole Belloubet (Justice), Gérard Collomb (Intérieur), Jean-Michel Blanquer (Education) et Laura Flessel (Jeunesse), le Premier ministre, en déplacement dans le Nord depuis jeudi, doit dévoiler à la mi-journée un "plan national de prévention de la radicalisation", promis en octobre par Emmanuel Macron qui comportera une soixantaine de mesures, selon Matignon.

Le volet le plus attendu concerne les prisons; c'est la violente agression d'un surveillant par un détenu radicalisé à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) qui avait déclenché le vaste mouvement de protestation des gardiens en janvier.

Sur près de 70.000 détenus en France, 512 personnes sont actuellement incarcérées pour des faits de terrorisme. Par ailleurs, 1.139 prisonniers de droit commun ont été identifiés comme "radicalisés".

Le gouvernement veut prévenir la "contagion". Selon des sources gouvernementales, le Premier ministre doit annoncer des mesures renforçant "l'étanchéité" entre les détenus radicalisés et les autres, ainsi qu'une meilleure détection et répartition, pour décongestionner les maisons d'arrêt d'Ile-de-France où sont incarcérés 60% des détenus poursuivis pour actes de terrorisme.

Avant la réunion gouvernementale, Mme Belloubet doit se rendre tôt vendredi matin dans la prison voisine de Lille-Annoeullin, où se trouve un quartier pionnier de prise en charge de la radicalisation. Une des pistes pour éviter que les cadres prosélytes des réseaux jihadistes n'entrent en contact avec les détenus de droit commun.

Concernant les mineurs de retour de zones de guerre jihadiste, le Premier ministre devrait notamment lancer le chantier de la professionnalisation des personnels amenés à prendre en charge des "lionceaux du Califat" de retour de Syrie ou d'Irak après avoir été embrigadés par l'organisation Etat islamique.

Au dernier pointage officiel, 68 mineurs, en quasi-totalité de moins de 13 ans, sont de retour en France. Quelque 500 seraient encore au Levant.

- 'désengagement' -

Mais l'exécutif a aussi pris soin de développer un large volet de prévention, conscient que la "déradicalisation" ou, vocable plus prudent, le "désengagement", s'avèrent très difficiles.

Les difficultés des autorités françaises à trouver une parade efficace avaient été symbolisées par l'échec du premier centre de "déradicalisation", en Indre-et-Loire, qui n'avait accueilli personne car il était basé sur le volontariat.

Sur un volet éducatif, outre des mesures de soutien à la laïcité à l'école et d'éducation aux médias (anticomplotisme...), l'exécutif devrait confirmer son soutien à une proposition venue du Sénat de durcir les conditions d'ouverture d'établissements scolaires hors contrat, afin de combattre l'émergence de structures islamistes.

En appui de la campagne "Stop Jihadisme" lancée en 2016, l'exécutif réfléchit aussi à des dispositifs de contre-discours plus ciblés, ou encore à mieux coordonner les alertes sur la radicalisation dans les structures psychiatriques.

Un volet du plan doit également favoriser une meilleure détection des cas de radicalisation, chez les élèves, parmi les fonctionnaires ou encore dans le sport, selon des sources proches de l'exécutif.

Après la présentation du plan à la préfecture de Lille, Edouard Philippe doit clore son déplacement nordiste vendredi après-midi dans une usine près de Roubaix et sur le campus de l'Edhec, la grande école de commerce lilloise.

Aux côtés du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et du secrétaire d'Etat Jean-Baptiste Lemoyne qui pilotent le commerce extérieur français depuis le Quai d'Orsay, il doit annoncer des mesures pour relancer les exportations françaises, gros point noir de l'économie nationale, en favorisant notamment l'apprentissage de l'anglais et en instaurant des guichets uniques.

Le déficit commercial français s'est nettement dégradé en 2016 et 2017, pour atteindre 62,3 milliards d'euros l'an dernier.

Partager cet article

Dans la même thématique

Le gouvernement présente un nouveau plan anti-radicalisation jihadiste
4min

Politique

Réquisitions contre Marine Le Pen : « J'attends avec impatience le jugement, parce qu'on veut savoir comment va se dérouler notre élection présidentielle », déclare Laurent Jacobelli

Quatre ans de prison, dont un ferme aménageable, et cinq ans d'inéligibilité ont été requis mardi contre Marine Le Pen dans le procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires des eurodéputés FN. En revanche, à l’inverse de la condamnation de première instance, aucune exécution provisoire n’a été demandée par le parquet. « Ça prouve que tout ce que l'on disait lors de la première étape du procès était réaliste », estime Laurent Jacobelli, député et porte-parole du RN.

Le

Paris : Suspension of session of Appeal trial of Marine Le Pen
2min

Politique

Procès en appel des assistants FN : le parquet requiert quatre ans de prison, dont un ferme, et cinq ans d’inéligibilité contre Marine Le Pen, mais sans application immédiate

Trois semaines après l’ouverture du procès en appel de Marine Le Pen et de dix autres prévenus dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national (devenu Rassemblement national), le parquet a présenté ses réquisitions ce mardi. En première instance, Marine Le Pen avait été condamnée à 4 ans de prison, dont 2 avec sursis, 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

Le

Conference pour la relance economique de la ville de Paris
11min

Politique

« Manipulation », « coups de billard », « roue de secours » : la campagne des municipales se tend à Paris, alors que cinq candidats pourraient se retrouver au second tour

Un sondage, qui ouvre pour la premier fois la voie au maintien de cinq candidats au second tour, avec Sarah Knafo qui atteint les 10 %, pourrait « changer tout » à l’issue du scrutin. La candidate Reconquête devient « un caillou dans la chaussure de Dati », qui ne progresse pas, relève-t-on à gauche, alors que du côté de Pierre-Yves Bournazel, la tension est palpable, un élu Horizon l’accusant de vouloir « faire élire un maire de gauche ». Pour éviter la dispersion, les équipes de Dati et de Grégoire misent sur « le vote utile ».

Le