Le gouvernement promet des moyens pour la justice et une procédure pénale simplifiée
Une loi de programmation en 2018, une justice plus rapide et la promesse d'une procédure pénale simplifiée: le gouvernement a...

Le gouvernement promet des moyens pour la justice et une procédure pénale simplifiée

Une loi de programmation en 2018, une justice plus rapide et la promesse d'une procédure pénale simplifiée: le gouvernement a...
Public Sénat

Par Gregory DANEL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Une loi de programmation en 2018, une justice plus rapide et la promesse d'une procédure pénale simplifiée: le gouvernement a souhaité mettre en avant des mesures concrètes pour améliorer la sécurité du quotidien et le fonctionnement de la justice.

Faciliter le travail des magistrats et des forces de sécurité et améliorer in fine le service rendu aux citoyens: tel semble être le credo des volets judiciaire et sécuritaire du discours de politique générale du Premier ministre Edouard Philippe, prononcé mardi devant l'Assemblée nationale.

"Rien n'est possible sans une justice forte", a affirmé le chef du gouvernement.

Quinze ans après la dernière loi de programmation votée en 2002 sous le gouvernement Raffarin et alors que la conférence des procureurs de la République dénonçait le jour même, dans un livre noir "Une justice en voie de clochardisation", M. Philippe a promis de présenter en 2018 au Parlement une loi quinquennale de programmation des moyens de la Justice.

"Cette loi permettra à la garde des Sceaux d'engager un vaste mouvement de dématérialisation, de simplification et de réorganisation", selon le Premier ministre qui a pris soin de ne pas avancer de chiffres.

En avril, un rapport sénatorial préconisait une hausse des moyens "de 5% par an d’ici 2022, assortie de profondes réformes structurelles", une proposition soutenue par l'ex-hôte de la Chancellerie, Jean-Jacques Urvoas.

M. Philippe a fait en tout cas de l'amélioration des conditions matérielles de la justice une des clefs de son efficacité et du lien de confiance rétabli avec les justiciables, "en particulier sur les infractions les plus graves".

"Des peines seront renforcées tandis que d'autres incivilités pourront faire l’objet de contraventions plutôt que de procédures plus lourdes mais trop souvent dépourvues d’effet", a ajouté le chef du gouvernement.

Promesse de campagne du candidat Macron, les 15.000 places supplémentaires de prison seront construites, a assuré Edouard Philippe qui sans surprise s'est attiré les foudres du Syndicat de la Magistrature (SM, classé à gauche), lequel a dénoncé une "politique qui favorise l'emprisonnement sans régler la surpopulation".

- "Police de sécurité du quotidien" -

Autre chantier sur le bureau de la garde des Sceaux Nicole Belloubet, partagé cette fois-ci avec le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb: une simplification de la procédure pénale avec l'objectif de "faire reculer l'insécurité".

"Au printemps 2018, après des expérimentations, ils porteront ensemble un projet de réforme reposant sur des procédures simplifiées, afin que les forces de sécurité soient libérées de la complexité administrative", a indiqué Edouard Philippe.

C'est là aussi la traduction d'une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, réitérée plusieurs fois par le ministre de l'Intérieur et qui devrait rencontrer un écho positif dans les rangs policiers.

"C'est une demande récurrente", confirme Patrice Ribeiro, patron du syndicat Synergie-Officiers. "Ca ne veut pas dire moins de droit mais plus d'efficience. A l'ère du numérique, on ne peut pas travailler comme au Moyen-Age. Aujourd'hui, le policier est noyé sous une procédure chronophage et qui n'a plus de sens", commente le syndicaliste.

Le chef du gouvernement a également brièvement évoqué une autre promesse de campagne de M. Macron: la "police de sécurité du quotidien", vue comme une "condition pour rétablir la confiance" mais dont les contours peinent à prendre forme.

"Pour l'instant, on voit quels en seraient les objectifs, rapprocher la police de la population, mais pas les modalités", commentait récemment auprès de l'AFP Patrice Bergougnoux, ex-directeur de la Police nationale et auteur de "Sécurité, ce que l'on vous cache".

En matière terroriste, Edouard Philippe a rappelé que l'exécutif entendait assurer la sortie de l'état d'urgence au 1er novembre grâce à l'adoption d'un nouveau projet de loi antiterroriste.

"Nous ne baisserons pas la garde", promet le Premier ministre tout en livrant de sombres prévisions: "Il y aura d'autres attaques, d'autres drames, d'autres vies innocentes fauchées."

Partager cet article

Dans la même thématique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés
7min

Politique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés

Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.

Le

SIPA_01234434_000029
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Philippe et Attal font de l’école un nouveau terrain de bataille, au risque d’éreinter le bilan Macron

À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.

Le

Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
4min

Politique

Primaire PS/Place publique : comment va-t-elle se passer ?

Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.

Le

Capture d’écran du documentaire « Montand est à nous » d’Yves Jeuland
5min

Politique

Les « docus de l’été » : Du communisme à l’Aveu de Costa-Gavras, la vie d’Yves Montand racontée par Yves Jeuland

Fasciné depuis son enfance par la vie d’Yves Montand, dans son film Montand est à nous, Yves Jeuland nous propose un voyage dans la vie de la star française. Une forme d’inventaire affectif du réalisateur pour celui qui fut tour à tour un chanteur et un comédien engagé aux côtés du parti communiste avant d’en dénoncer les errements, dans l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le film de Costa Gavras l’Aveu. "Montand est à nous", un documentaire d’Yves Jeuland à voir cet été sur Public Sénat.

Le