Le ministre allemand des Finances soutient Macron face à Fillon
Le ministre allemand des Finances a rompu mardi la neutralité officielle de mise concernant l'élection présidentielle française,...

Le ministre allemand des Finances soutient Macron face à Fillon

Le ministre allemand des Finances a rompu mardi la neutralité officielle de mise concernant l'élection présidentielle française,...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le ministre allemand des Finances a rompu mardi la neutralité officielle de mise concernant l'élection présidentielle française, en indiquant qu'il préférait le centriste Emmanuel Macron à François Fillon, pourtant proche de lui sur le plan politique.

"Ne me mettez pas en difficulté, vous savez quelle est ma famille politique", a déclaré Wolfgang Schäuble en référence au fait que son parti conservateur, la CDU d'Angela Merkel, était un parti "frère" au plan européen des Républicains, le mouvement de M. Fillon.

Mais "si j’étais français, si j'étais habilité à voter (...) je voterais probablement pour Macron", a déclaré ce vétéran de la politique de 74 ans, qui jouit d'une image d'intégrité, lors d'un débat organisé par l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Il a justifié ses réserves par l'attitude de François Fillon face à son inculpation notamment de détournement de fonds publics dans une affaire d'emplois fictifs présumés concernant son épouse.

"Fillon, ce n'est pas tant les affaires en tant que telles, c'est sa réaction, ses attaques à l'égard de la justice et autres choses semblables", a-t-il dit.

"Tout cela n'est pas très encourageant", a déploré le ministre allemand des Finances, proche de la chancelière et poids lourd de son parti.

Angela Merkel n'a apporté de soutien officiel a aucun des candidats, après avoir reçu trois d'entre eux à Berlin, MM. Fillon et Macron mais aussi le candidat socialiste Benoît Hamon.

En 2012, elle avait soutenu le président sortant Nicolas Sarkozy.

En rompant cette neutralité d'usage, M. Schäuble a en réalité dit tout haut ce que nombre de responsables allemands, en particulier des proches d'Angela Merkel, disent en privé. S'ils louaient au départ les élans réformateurs de François Fillon, ils lui préfèrent désormais Emmanuel Macron et ses positions pro-européennes.

M. Schäuble a ironisé sur le parti de la droite française, aujourd'hui les Républicains, et son habitude de "changer de nom après chaque défaite" tout en gardant les mêmes responsables.

Le ministre allemand des Finances, considéré comme l'un des faucons de la politique d’austérité allemande et un repoussoir pour l'électorat de gauche traditionnelle, a vanté les mérites du candidat Emmanuel Macron, dont il estime au vu des sondages la victoire, au terme d'un second tour face à Marine Le Pen, comme "vraisemblable".

Tout en admettant que l'un des défis principaux du prochain président français sera de parvenir à dégager une majorité parlementaire.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le