Le Mouvement radical fait un  pas de plus vers la majorité
"La construction d'une force centrale, c'est aussi l'affaire des Radicaux": après une alliance aux Européennes avec LREM, le...

Le Mouvement radical fait un pas de plus vers la majorité

"La construction d'une force centrale, c'est aussi l'affaire des Radicaux": après une alliance aux Européennes avec LREM, le...
Public Sénat

Par Paul AUBRIAT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

"La construction d'une force centrale, c'est aussi l'affaire des Radicaux": après une alliance aux Européennes avec LREM, le Mouvement radical entend jouer des coudes et cherche sa place autour de la majorité, tout en défendant ses positions pour les municipales.

Réunifié il y a deux ans après 45 ans de partition entre radicaux de gauche et valoisiens, le plus vieux parti de France comptait ses troupes, samedi et dimanche à Bordeaux, pour mieux définir sa stratégie.

Car les retrouvailles se sont faites dans la douleur: une partie des ex-PRG a refait sécession au printemps lorsque le mouvement a décidé de s'allier avec La République en marche pour les Européennes. "Ce choix fut un choix de long terme", défend aujourd'hui le président du parti, le maire de Nancy Laurent Hénart, selon qui "les anciens partis doivent changer et donner la place à une nouvelle organisation".

Le succès de la liste de la majorité menée par Nathalie Loiseau a-t-elle pour autant acté l'intégration du petit MR dans la macronie ? "Ceux qui sont ici font partie de la majorité présidentielle", s'est avancée dimanche la seule ministre du gouvernement membre de MR, la ministre des Outre-Mer, Annick Girardin.

A défaut de protestations, la salle - 600 participants - s'est montrée prudente face à l'assertion. "On a toujours l'impression d'être sous-calculé: on est invité, on discute avec LREM, mais à la fin on a toujours l'impression d'être moins dans le jeu qu'on aurait pu espérer", fait valoir un cacique du parti, selon qui "dire qu'on est pleinement dans la majorité, c'est prendre le risque d'être déconsidéré".

"Le Mouvement radical, c'est l'indépendance dans l'interdépendance", abonde le numéro deux du parti, Harold Huwart, en paraphrasant Edgar Faure - l'une des glorieuses figures du parti au siècle passé.

Et, pour la sénatrice Nathalie Delattre, "LREM nous dit qu'ils ont besoin d'étoffer leur assise, mais nous ne sommes pas un parti godillot".

- Proches de Macron, moins de Philippe -

Pour peser, le mouvement centriste entend cultiver sa singularité: outre la laïcité, le "solidarisme" et une défense "des territoires" toute girondine, fort de "250 maires, dont vingt dans des communes de plus de 9.000 habitants", ne manque jamais de rappeler Laurent Hénart, lui-même maire de Nancy.

Après le jupitérisme jugé jacobin des premiers mois du quinquennat, les Radicaux veulent en tout cas voir dans l'action de l'exécutif des signes aujourd'hui positifs. "Je me sens plus proche du président de la République qu'au début de son mandat", explique David Valence, secrétaire national et maire de Saint-Dié-des-Vosges, en citant le projet de loi mobilités ou le Pacte ferroviaire.

Le satisfecit adressé au chef de l'État, s'il est partagé par les ténors du mouvement, est toutefois beaucoup plus timide à l'endroit du Premier ministre: "Il ne nous calcule pas et ne veut pas nous calculer", déplore un ponte, qui rejette toute idée de renforcement des troupes radicales dans le gouvernement, "sauf à renégocier intégralement un pacte majoritaire" - comprendre avec un nouveau locataire de Matignon.

A l'échelon local, les discussions avec LREM en vue des municipales sont plus simples: "L'union est une absolue nécessité", a plaidé dimanche le député LREM Sacha Houlié.

"Néanmoins, entre bons amis, il y a des choses qui ne se font pas", a mis en garde Laurent Hénart: les mairies radicales de Tours, Montélimar, Niort et Bourges sont en effet convoitées par LREM, alors même que leurs édiles MR "font le job et ont montré leur bienveillance pour le président de la République", a tonné le président du MR.

A Bordeaux, le divorce a d'ailleurs été sèchement prononcé: contre le candidat investi par La République en marche, Thomas Cazenave, le Mouvement radical a choisi de soutenir son adversaire, le sortant Nicolas Florian, successeur d'Alain Juppé.

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Mouvement radical fait un  pas de plus vers la majorité
4min

Politique

VSS dans le sport : « On est passé de 10 cas à 400 par an » alerte ce sénateur

Mathilde De Kerangat, ex-athlète olympique de voile, révélait en 2022 avoir été victime d’agressions sexuelles de la part de son entraîneur quand elle pratiquait l’athlétisme entre l’âge de 7 et 11 ans. Aujourd’hui, elle s’engage au sein de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le sport et s’engage auprès des plus jeunes pour faire de la prévention. Elle témoigne dans l’émission Sport etc. présentée par Caroline Delage.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
9min

Politique

Sénatoriales : après les municipales, le groupe LR pourrait « perdre de 3 à 5 sièges », face à la poussée du RN

Les municipales permettent déjà de faire des projections sur les sénatoriales de septembre 2026. Sur le papier, les LR craignent de perdre 3 à 5 sièges, mais le scrutin de 2029 s’annonce meilleur. Au groupe centriste, son président Hervé Marseille mise sur une « forme de stabilité ». Globalement, le sénateur LR Roger Karoutchi assure qu’« il n’y a pas de risque sur la majorité sénatoriale », qui restera « très large ».

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
4min

Politique

Présidentielle : les adhérents LR désignent Bruno Retailleau comme candidat

Le président des Républicains a été investi par son parti pour l’élection présidentielle ce dimanche, à la suite d’un vote en ligne des adhérents. La confirmation de la candidature de Bruno Retailleau était une étape nécessaire, mais n’épuise pas les questions sur la suite de la campagne présidentielle à droite. 

Le