Le Parlement adopte définitivement le projet de loi « avenir professionnel »
Le Parlement a définitivement adopté mercredi, par un ultime vote de l'Assemblée, le projet de loi controversé sur "la liberté de...

Le Parlement adopte définitivement le projet de loi « avenir professionnel »

Le Parlement a définitivement adopté mercredi, par un ultime vote de l'Assemblée, le projet de loi controversé sur "la liberté de...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le Parlement a définitivement adopté mercredi, par un ultime vote de l'Assemblée, le projet de loi controversé sur "la liberté de choisir son avenir professionnel", acte II de la "rénovation du modèle social" voulue par l'exécutif.

Le texte a été adopté par 137 voix contre 30. La majorité LREM-Modem a voté pour, la droite et la gauche contre.

Un an après la réforme du Code du travail par ordonnances qui a donné plus de souplesse aux entreprises, et au dernier jour de la session extraordinaire, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a défendu un texte d'"émancipation sociale" qui réforme la formation professionnelle, l'assurance chômage et l'apprentissage "dans un monde en profonde mutation".

Parmi les mesures phares: extension de l'allocation-chômage, sous conditions, à certains démissionnaires, mue du compte personnel de formation (CPF), nouvelles règles pour l'apprentissage.

Après plus de deux mois de débats et plus de 2.500 amendements examinés, LR a exprimé sa "déception" et ses "inquiétudes" devant un gouvernement qui "ne tient pas ses engagements", la gauche a fustigé un texte qui "libère les marchés", en aggravant "la flexibilité".

"Ce projet de loi aggrave une logique de salariés kleenex", a notamment affirmé Adrien Quatennens (LFI), livrant un réquisitoire sur une politique économique et sociale qui "achève ce que Nicolas Sarkozy et François Hollande ont commencé".

Les groupes de gauche feront un recours devant le Conseil constitutionnel, a indiqué Pierre Dharéville (PCF).

L'élargissement de la couverture à certains démissionnaires, qui concernera 20 à 30.000 bénéficiaires, selon Muriel Pénicaud, est décriée par plusieurs opposants comme une promesse "piétinée".

Le candidat Macron avait évoqué une assurance chômage "universelle" permettant aux indépendants et démissionnaires de toucher des allocations, avec en "contrepartie" un contrôle renforcé des chômeurs. Il avait ajouté ensuite l'obligation, pour les démissionnaires, d'un projet professionnel.

Dans le texte: une indemnisation, sous conditions, en cas de démission avec un projet de reconversion ou de création ou reprise d'entreprise.

- Apprentissage -

Sur une autre promesse du candidat Macron, le bonus-malus pour pénaliser les entreprises qui abusent des contrats courts, le gouvernement laisse aux entreprises jusqu'à 2019 pour s'y attaquer, les menaçant sinon d'un tel dispositif, prévu par le texte et légèrement retouché au Parlement.

Alors que le pilotage de l'assurance chômage est bouleversé, la négociation d'une nouvelle convention d'assurance chômage a aussi fait débat, les oppositions critiquant une "injonction" présidentielle, après une annonce surprise d'Emmanuel Macron au Congrès.

Les organisations syndicales et patronales devront rouvrir à la rentrée une négociation globale sur toutes les règles en vigueur de l'assurance chômage, pas uniquement - comme le prévoyait le projet de loi - sur les contrats courts.

Les tirs croisés de droite et de gauche ont aussi ciblé la "refondation" du compte personnel de formation (CPF), trois ans après sa création sous le quinquennat Hollande.

Si la rapporteure Catherine Fabre (LREM) défend "un véritable accès à la formation" désormais, gauche et droite y voient une "régression". Volet le plus contesté, comme chez les syndicats et le patronat, ce compte ne sera plus alimenté en heures, mais en euros.

Pour attirer plus d'entreprises et de jeunes vers l'apprentissage, l'exécutif repousse l'âge limite à 30 ans, assouplit le temps de travail pour les mineurs, facilite les ruptures de contrat, et ajoute une aide au permis de conduire et une hausse de la rémunération.

Pour la gauche, l'apprentissage est mis "en danger", le rôle amoindri des régions au profit des branches professionnelles étant aussi critiqué à droite.

Partager cet article

Dans la même thématique

BIDONVILLE A MAYOTTE
7min

Politique

Inégalités dans les outre-mer : école, santé, pouvoir d’achat… Les propositions de la commission d’enquête du Sénat pour combler les disparités avec la métropole

La commission d’enquête sénatoriale sur les « inégalités systémiques » frappant les territoires ultramarins a rendu ses conclusions ce jeudi. Lancée par les sénateurs communistes, elle formule une soixantaine de propositions balayant le spectre des difficultés outre-mer, de la gestion sanitaire à la souveraineté économique.

Le

Presidential candidate Jean-Luc Melenchon gives a press conference in Paris
7min

Politique

Écorégions : Jean-Luc Mélenchon propose de redessiner la carte des régions pour faire de la France « la première République écologique du monde »

En pleine séquence de canicule, le chef de file de La France insoumise relance son projet de « république écologique ». Le candidat à l’élection présidentielle propose, s’il accède à l’Élysée, de remplacer les régions actuelles par treize « écorégions » organisées autour des bassins versants. Une réforme institutionnelle ambitieuse, qui reste à ce stade une proposition de campagne.

Le

Session of questions to the government at the National Assembly
9min

Politique

Main tendue de Laurent Wauquiez à Édouard Philippe : « C'est le retour de la droite la plus bête du monde », tacle le camp de Bruno Retailleau

Dans les colonnes du Figaro, le patron des députés de droite, Laurent Wauquiez semble avoir, une fois de plus, savonné la planche du candidat à la présidentielle de son parti, Bruno Retailleau, estimant, sans le nommer, qu'il devrait « savoir se retirer le plus tôt possible » au profit du candidat le mieux placé pour rassembler la droite et le centre, en l'occurrence Édouard Philippe. Si l'entourage de Laurent Wauquiez dément tout soutien au candidat Horizons, ses propos agacent mais ne surprennent pas vraiment le camp du Vendéen.

Le

Le Parlement adopte définitivement le projet de loi « avenir professionnel »
3min

Politique

Loi d’urgence agricole : « Si le Sénat fait le choix de faire capoter le texte, ce sera sa responsabilité », tacle Marc Fesneau, président des députés MoDem

Invité de la matinale de Public Sénat ce jeudi, Marc Fesneau a réaffirmé les lignes rouges de la majorité gouvernementale concernant le projet de loi d’urgence agricole, actuellement examiné au Sénat. La réintroduction de plusieurs pesticides par les sénateurs menace de « faire capoter le texte », qui ne pourra être voté en l’état à l’Assemblée, avertit l’ancien ministre de l’agriculture.

Le