Le Parlement catalan a voté l’indépendance
Après des semaines de tensions, les députés catalans viennent de voter en faveur de l'indépendance. Suite à quoi, le Sénat espagnol a voté l’application de l'article 155 de la Constitution pour permettre à Madrid de suspendre l'autonomie de la Catalogne. Prudents, les politiques français et européens réagissent avec parcimonie. 

Le Parlement catalan a voté l’indépendance

Après des semaines de tensions, les députés catalans viennent de voter en faveur de l'indépendance. Suite à quoi, le Sénat espagnol a voté l’application de l'article 155 de la Constitution pour permettre à Madrid de suspendre l'autonomie de la Catalogne. Prudents, les politiques français et européens réagissent avec parcimonie. 
Public Sénat

Par Helena Berkaoui

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

L’escalade de tensions entre la région catalane et le pouvoir central espagnol monte d'un cran. Les députés catalans viennent de voter en faveur de l’indépendance. Moins d'une heure plus tard, le Sénat espagnol a, lui, voté l’application de l’article 155 de la Constitution qui autorise Madrid à suspendre l’autonomie de la Catalogne.

L'article 155 stipule que « si une communauté autonome ne respecte pas les obligations qui lui sont imposées par la Constitution ou par d'autres lois, ou agit d'une manière qui porte gravement atteinte à l'intérêt général de l'Espagne, le gouvernement (...) pourra adopter les mesures nécessaires pour l'obliger à respecter les dites obligations, ou pour la protection de l'intérêt général ». Concrètement, cette mise sous tutelle permettrait à Madrid de dissoudre le Parlement catalan. Le gouvernement espagnol pourra prendre le contrôle de la police régionale, dont le chef a été mis e examen pour sédition, il pourra également prendre la main sur les médias publics afin de garantir la « transmission d’une information véridique, objective et équilibrée ».

Mariano Rajoy a réagi par un message publié sur Twitter appelant tous les Espagnols à garder leur calme. « L’état de droit sera restauré en Catalogne » a-t-il assuré.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a réagi au vote des députés catalans en faveur de l’indépendance. Via Twitter, Donald Tusk déclare que « pour l’Union européenne rien ne change. L’Espagne reste notre unique interlocuteur. J’espère que le gouvernement espagnol choisira la force des arguments et non l’argument de la force. »

Le référendum du 1er octobre sur l’indépendance de la Catalogne – interdit par le pouvoir central – avait donné lieu à des violences policières aux abords des bureaux de vote. Les forces de l’ordre étaient intervenues dans une centaine de bureaux de vote pour saisir le matériel. Une intervention qui n’a porté ses fruits puisque 2,26 millions de voix exprimées, soit un taux de participation de 42,3%, le oui à l’indépendance l’a emporté à 90 %. Ces violences ont cristallisé les tensions entre les indépendantistes et Madrid.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Meeting of Aurore Berge with parliamentary groups ahead of the bill to combat antisemitism
4min

Politique

Antisémitisme : après le retrait de la loi Yadan, vers un projet de loi plus général pour lutter « contre tous les racismes »

Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, la ministre déléguée chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, recevait l’ensemble des groupes parlementaires en vue de l’élaboration d’un projet de loi contre « les formes contemporaines de l’antisémitisme ». Il a été convenu lors de cette réunion d’élargir le texte à la lutte contre toutes les formes de racisme.

Le

Le Parlement catalan a voté l’indépendance
5min

Politique

« L’adoption de l’IA par nos entreprises est trop lente » : la ministre du numérique alerte sur le risque de décrochage face à la concurrence mondiale

Entendue ce mardi par la délégation aux entreprises du Sénat, Anne Le Hénanff s’est félicitée de la bonne santé de l’écosystème IA français, mais pointe le « retard » des entreprises françaises dans son utilisation. Plaidant pour une forte accélération en la matière, la ministre appelle faire émerger une « troisième voie de l’IA », française et européenne, face aux leaders américains et chinois.

Le