Marine Le Pen, qui se voit qualifiée pour le second tour de la présidentielle, a poursuivi dimanche à Bordeaux sa stratégie visant à se...
Le Pen se présente comme « seule alternative » à Macron ou Fillon
Marine Le Pen, qui se voit qualifiée pour le second tour de la présidentielle, a poursuivi dimanche à Bordeaux sa stratégie visant à se...
Par Guillaume DAUDIN
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Marine Le Pen, qui se voit qualifiée pour le second tour de la présidentielle, a poursuivi dimanche à Bordeaux sa stratégie visant à se présenter comme "seule alternative" à Emmanuel Macron ou François Fillon et dénoncé les "flèches venimeuses des médias".
La candidate du FN s'est présentée lors de ce meeting comme la candidate du "peuple" contre le "système", avec l'objectif affiché de transformer le second tour en référendum : "patriotes" contre "mondialistes".
Sous les drapeaux tricolores et les cris "Marine à l’Élysée" ou "On est chez nous", la candidate a "conjuré" ses partisans à une très forte mobilisation et déroulé plusieurs propositions pour les jeunes.
Profitant de l'actualité - soutien mercredi de Manuel Valls à Emmanuel Macron, rencontre samedi entre Emmanuel Macron et Christian Estrosi, patron LR de la région Paca -, Mme Le Pen a tempêté contre des adversaires "coalisés" et leurs "connivences fondamentales" qu'ils ne pourraient s'empêcher de "dissimuler".
Quant au candidat de la droite François Fillon, "rien ne le sépare de M. Macron pour qui, main dans la main avec M. Valls, il appellera à voter pour le second tour, s'il est lui-même disqualifié", a-t-elle jugé, devant quelque 2.000 personnes dans un hall du Parc des Expositions.
"Fillon, Macron, le système veut l'un ou l'autre à l’Élysée (...). L'un ou l'autre arrivera à l’Élysée, pourvu que cela ne soit pas le peuple", a dénoncé la présidente du Front national, jugeant que le candidat de la droite et celui d'En Marche! bénéficient de "l'amplification de la caisse de résonance des patrons de presse".
Sous le coup de révélations judiciaires depuis fin janvier, la dirigeante du FN a attaqué les médias, Le Monde et BFMTV (qui diffusait son meeting en direct) en tête. Le quotidien du soir a dévoilé mercredi une lettre du trésorier du FN Wallerand de Saint-Just qui semble accréditer une volonté du FN de se financer sur le dos du Parlement européen. Mme Le Pen a annoncé une plainte prochaine.
- Message aux "gens de droite" -
Manifestation contre le Front National, à Bordeaux, en marge d'un meeting de Marine Le Pen, le 2 avril 2017
AFP
A trois semaines d'une élection qu'elle présente systématiquement comme un "choix de civilisation", la patronne du FN voit désormais celui qu'elle qualifie de continuateur de la "Hollandie", M. Macron, situé dans les sondages au même niveau qu'elle au premier tour, autour de 25% des intentions de vote.
Il la battrait toujours largement dans cette configuration de second tour qui se consolide depuis fin janvier, avec une vingtaine de points d'avance.
Sur les terres d'Alain Juppé, Mme Le Pen a donc choisi la stratégie frontale pour tenter d'engranger les voix de droite hésitantes envers M. Fillon, son principal réservoir d'après ses partisans.
"Ne vous laissez pas abuser par M. Fillon", a-t-elle ouvertement lancé aux "gens de droite". L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy "n'incarne aucune capacité de rupture, aucun espoir d'alternance", selon la candidate FN, qui affirme disposer seule d'un projet "réellement alternatif".
"A supposer même que M. Fillon soit qualifié puis élu, il serait dans l'incapacité d'appliquer son programme, un programme de sang et de larmes, de privations et de sacrifices que son crédit personnel lui interdit d'exiger des Français", a-t-elle lancé, en référence aux mises en examen du député de Paris et de son épouse dans une enquête sur des soupçons d'emplois fictifs, ainsi qu'aux révélations sur le train de vie du candidat LR.
Alors que se tenait le meeting, plus d'un millier de personnes, dont le candidat présidentiel du NPA Philippe Poutou, ont manifesté dans le centre-ville de Bordeaux aux cris "Ni au pouvoir, ni dans la rue, ni dans les têtes : ne laissons pas le fascisme s’installer !"
La manifestation a été émaillée de quelques heurts avec les forces de l'ordre, quelques manifestants lançant en fin de parcours boulons et pavés. La police a répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes et procédé à dix interpellations.
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