Le PS exclut de voter la confiance au gouvernement d’Edouard Philippe
Pas question de voter la confiance au gouvernement d'Edouard Philippe: c'est en substance ce qui est ressorti mardi du Bureau...

Le PS exclut de voter la confiance au gouvernement d’Edouard Philippe

Pas question de voter la confiance au gouvernement d'Edouard Philippe: c'est en substance ce qui est ressorti mardi du Bureau...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

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Pas question de voter la confiance au gouvernement d'Edouard Philippe: c'est en substance ce qui est ressorti mardi du Bureau national du PS, qui a par ailleurs fixé au 8 juillet la désignation d'une nouvelle direction collégiale.

La direction du PS va proposer samedi au Conseil national, le parlement du parti, de se prononcer contre le vote de la confiance par les trente députés PS, selon des participants à ce Bureau national, le premier depuis la déroute électorale des législatives.

"Ce qui ressort, c'est que le Parti socialiste dans les conditions actuelles ne pourra pas accorder sa confiance au gouvernement, puisqu'il est clairement un parti d'opposition à la politique menée par Emmanuel Macron. Nous souhaitons, j'ai l'impression assez largement, que le vote du Conseil national de samedi puisse le dire clairement et unanimement", a déclaré l'ancien député Sébastien Denaja en sortant de Solférino.

La formulation proposée par la direction du PS pourrait toutefois laisser la porte ouverte à un vote d'abstention des députés. "Il sera proposé que le fait de ne pas participer à la majorité présidentielle se traduise par le non-vote de la confiance", a expliqué l'ex-député Jérôme Guedj.

Cette position laisse toutefois sur leur faim un grand nombre de socialistes, représentants de l'aile gauche du parti mais pas seulement.

"L'abstention, ça veut dire qu'on continue d'être dans la confusion, de ne pas choisir, et je crois que les électeurs en ont ras-le-bol d'un parti socialiste qui ne choisit rien. Il faut que ce soit extrêmement clair, autrement il y aura un problème de rassemblement pour continuer cette aventure-là", a mis en garde le député européen Guillaume Balas, proche de Benoît Hamon.

Un proche de la maire de Paris Anne Hidalgo souhaite aussi sous couvert d'anonymat que le conseil national tranche samedi en faveur du vote "contre", et réclame également une "position unanime du groupe socialiste". "Il faudra une position claire et unanime, et moi ma position c'est que ceux qui ne respecteront pas ce cadre d'unanimité devront quitter le Parti socialiste (...) Ceux qui ne l'accepteront pas devront siéger ailleurs", estime-t-il.

- Un groupe divisé en trois tiers -

Même appel à la cohérence pour le député Luc Carvounas, ancien lieutenant de Manuel Valls. "Les Macron-compatibles, (...) je pense que la République en marche les accueille à bras ouverts", a-t-il lancé à la presse.

Interrogé sur la possibilité ou non pour l'ancien Premier ministre Manuel Valls de siéger avec le groupe PS, M. Carvounas a estimé que "les membres du groupe socialiste ne peuvent pas se revendiquer de la majorité présidentielle". "J'appelle celles et ceux qui ont envie de voter la confiance (à ce) qu'au moins ils s'abstiennent", a-t-il ajouté.

Selon plusieurs d'entre eux, le groupe de députés PS se divise grosso modo en trois tiers: un tiers pour le vote de la confiance, un tiers contre, un tiers pour l'abstention.

Réunis mardi après-midi à l'Assemblée, ses membres n'ont pas tranché sur leur position future, mais ils devraient le faire "la semaine prochaine", selon Olivier Faure, qui pourrait être réélu jeudi président du groupe.

Selon des participants à la réunion, Olivier Faure et Stéphane Le Foll, l'ancien porte-parole du gouvernement, se sont exprimés en faveur de l'abstention.

Le bureau national, qui a réuni environ 80 participants pendant plus de quatre heures, s'est par ailleurs accordé pour renvoyer à un second conseil national, le 8 juillet, la décision sur la composition de la direction collégiale intérimaire destinée à prendre le relais de Jean-Christophe Cambadélis. Le premier secrétaire avait annoncé quelques minutes après 20H00 dimanche son départ face à la "déroute" du PS.

M. Cambadélis a proposé que cette direction collégiale élabore une feuille de route pour la refondation du parti, à soumettre au vote militant d'ici la rentrée. Il a aussi suggéré que le congrès du PS, qui doit théoriquement se tenir à l'automne, soit reporté début 2018 pour avoir le temps de mener un travail de fond.

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