Le PS infléchit sa ligne à gauche à l’approche des européennes
A huit mois des européennes, le PS a donné des gages à gauche en dévoilant mercredi une ébauche de programme qui entend tourner ...

Le PS infléchit sa ligne à gauche à l’approche des européennes

A huit mois des européennes, le PS a donné des gages à gauche en dévoilant mercredi une ébauche de programme qui entend tourner ...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

A huit mois des européennes, le PS a donné des gages à gauche en dévoilant mercredi une ébauche de programme qui entend tourner "clairement le dos à une Europe technocratique et libérale", et propose la création d'un intergroupe de gauche au Parlement européen.

"Nous socialistes français, plaidons pour la construction d'une gauche européenne qui assume une rupture avec les politiques libérales et austéritaires et construise une alternative progressiste et écologiste", peut-on lire dans ce texte adopté mardi soir à l'issue d'un bureau national houleux du parti.

Le document présenté mercredi sera enrichi d'ici le Bureau national du 2 octobre, puis soumis au vote des militants le 11 et définitivement approuvé par le Conseil national le 13.

Sur le fond, le PS assume un certain nombre de ruptures par rapport à sa doctrine habituelle. Il propose notamment une nouvelle approche des traités commerciaux, prenant davantage en compte les enjeux sociaux et environnementaux. Il demande la "suspension des négociations en cours" et annonce que les députés et eurodéputés "refuseront de voter" le traité eurocanadien CETA.

Les socialistes souhaitent en outre une révision des traités "qui devra être menée par une majorité de gauche en Europe", et une approche moins dogmatique du droit de la concurrence, qui permette l'émergence d'un champion européen de l'énergie.

Sur le plan stratégique, le parti se dit favorable à la création au Parlement à l'issue des élections d'un intergroupe ouvert "à l'ensemble des gauches et des écologistes".

Cet intergroupe serait-il ouvert aux élus du groupe qu'entend constituer le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon ? "Bien sûr que toutes les forces qui sont prêtes à se joindre à nous sur les sujets sur lesquels nous nous engageons seront les bienvenus", a répondu le premier secrétaire du PS Olivier Faure au cours d'une conférence de presse à Solférino.

Le député de Seine-et-Marne n'a pas repris à son compte la proposition du député Luc Carvounas d'une union de la "gauche arc-en-ciel" (PS, PCF, EELV, Générations) pour les européennes, affirmant que le PS aurait son "propre projet", son "propre candidat". Mais il a souhaité que le "combat" des uns et des autres se porte contre les "libéraux" plutôt que contre les autres listes de gauche.

- "Ligne de crête" -

Pour M. Faure, l'enjeu est de "sortir du débat mortifère qui oppose les libéraux aux souverainistes".

Il s'agit aussi de tendre la main à l'aile gauche du parti, qui menace depuis plusieurs semaines de quitter le navire pour se rapprocher de Jean-Luc Mélenchon.

Mardi soir, Emmanuel Maurel et ses proches n'ont pas pris part au vote. Auprès de l'AFP, le député européen reconnaît que plusieurs de ses propositions ont été reprises (création d'un intergroupe de gauche, moratoire sur les traités de libre-échange, engagement à voter contre le CETA, révision des traités).

Mais il continue de se dire insatisfait, invitant le PS à prendre ses distances avec le PSE (Parti socialiste européen) social-démocrate. "Il faut dire qu'on ne voudra pas d'une alliance avec les libéraux, les macronistes. Le poser come une condition", plaide-t-il.

"On ne peut pas se reconnaître dans un candidat qui va expliquer que les 3% de déficit, c'est bien", dit-il, visant le commissaire européen Pierre Moscovici, qui pourrait se porter candidat au poste de Spitzenkandidat du PSE (candidat au poste de président de la commission).

"Lorsqu'on dit qu'il faut réviser les traités, il faut dire sur quels aspects on propose soit de désobéir, soit de mener une bataille", ajoute-t-il.

Pour un ténor socialiste de la ligne majoritaire, les concessions faites à M. Maurel sont finalement assez ténues.

"C'est un texte plus social-démocrate, plus pro-européen que la semaine dernière, même s'il reste des scories sur les traités commerciaux", juge-t-il. "Le texte reste sur une ligne de crête plutôt sociale-démocrate. Emmanuel Maurel est au pied du mur. A lui de voir s'il s'y rallie", juge-t-il.

Partager cet article

Dans la même thématique

Session of questions to the government at the National Assembly
2min

Politique

Budget : Sébastien Lecornu a choisi le recours au 49.3

Après un week-end de réflexion, le Premier ministre va annoncer en Conseil des ministres le recours au 49.3 pour faire passer le budget 2026. Après avoir concédé de nombreux gestes en direction des socialistes, Sébastien Lecornu a obtenu de leur part un accord de non-censure. Le chef du gouvernement revient donc sur son engagement de ne pas avoir recours à cet article, mais évite la voie plus brutale des ordonnances.

Le

Formal opening session of the Court of Cassation
5min

Politique

Budget des collectivités : le gouvernement tend la main au Sénat en proposant un effort contenu aux alentours de 2 milliards d’euros

Dans la dernière ligne droite du marathon budgétaire 2026, le gouvernement ne souhaite pas prolonger plus que nécessaire la navette parlementaire en cas de recours à l’article 49.3. Pour que les sénateurs ne reviennent pas sur la copie qui serait validée par l’Assemblée, le gouvernement a limité l’effort demandé aux collectivités « un marqueur du Sénat ».

Le

Le PS infléchit sa ligne à gauche à l’approche des européennes
3min

Politique

Municipales à Paris : « Je regrette qu'on ne soit pas unis derrière la candidature de Rachida Dati », expose Aurore Bergé

À quelques semaines des élections municipales 2026, les rangs macronistes avancent en ordre dispersé à Paris. Aurore Bergé, ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, soutient Rachida Dati. « C’est elle qui peut gagner », estime la responsable sur Public Sénat ce lundi. Une position contraire à celle de son parti, Renaissance, qui s’est allié au candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel.

Le

FRANCE – ACTION FOR ZUCMAN TAX FOR BILLIONNAIRES
6min

Politique

« Les ultra-riches disposent aujourd’hui d’un accès privilégié aux sphères du pouvoir », Oxfam alerte sur l’explosion des grandes fortunes

Publié ce lundi 19 janvier à l’ouverture du Forum économique de Davos, le dernier rapport d’Oxfam sur les inégalités mondiales alerte sur l’explosion des fortunes des milliardaires. L’ONG met en garde contre les conséquences de cet enrichissement rapide, qui dépasse largement l’économie et menace directement la démocratie, en donnant aux ultra-riches un pouvoir politique et médiatique croissant.

Le