Le scénario d’une croissance à 6 % en 2021 « s’éloigne », selon Bruno Le Maire
Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, était auditionné ce 27 janvier par la commission des finances du Sénat. Il s’est exprimé sur les scénarios macroéconomiques du gouvernement. Celui d’un rebond de 6 % du PIB en 2021 « n’est plus le plus probable ».

Le scénario d’une croissance à 6 % en 2021 « s’éloigne », selon Bruno Le Maire

Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, était auditionné ce 27 janvier par la commission des finances du Sénat. Il s’est exprimé sur les scénarios macroéconomiques du gouvernement. Celui d’un rebond de 6 % du PIB en 2021 « n’est plus le plus probable ».
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Voici quatre mois que le ministre de l’Economie Bruno Le Maire n’avait pas revu les sénateurs de la commission des finances, à cause de son absence remarquée lors des nuits budgétaires de la fin 2020 au Sénat. C’est un ministre « volontariste » – certains diront trop optimiste – que les parlementaires ont auditionné ce 27 janvier. Au programme : l’évolution des mesures de soutien à l’économie, le plan de relance et les perspectives économiques des prochains mois, alors que se profilent de nouvelles restrictions sanitaires.

Si le ministre a martelé sa confiance dans la résilience de l’économie française, il a aussi reconnu que l’évolution de l’épidémie pèserait sur la croissance. D’après le ministre, qui a travaillé sur plusieurs scénarios à la demande de la présidence de la République, le scénario d’une croissance du PIB de 6 % cette année « n’est plus le plus probable » et « s’éloigne à mesure que la situation sanitaire reste préoccupante ».

Pour rappel, le budget 2021, adopté en décembre au Parlement, avait été construit sur l’hypothèse d’une croissance à 6 %. Sur ce même texte, lorsqu’avait débuté la lecture au Sénat le 19 novembre, le gouvernement avait déjà abaissé sa prévision de 8 à 6 %.

« Les mesures de soutien à l’économie resteront à dispositif des salariés et des entreprises »

Or, selon les explications de Bruno Le Maire, si « de nouvelles mesures de restriction sanitaire » devaient être prises, celles-ci « pèseront nécessairement sur l’économie ». Ce scénario fait désormais figure de référence. Mais Bercy compte sur un « rebond puissant » à partir de la fin du troisième trimestre. « Les fondamentaux de l’économie française sont sains », a rassuré le ministre.

Le ministère travaille également sur un scénario encore plus pessimiste, dans lequel l’épidémie resterait très présente jusqu’à la fin de l’année 2021, notamment à cause de l’émergence de nouveaux variants. Une telle situation obligerait notamment le gouvernement à prolonger encore davantage les mesures de soutien à l’économie, a prévenu Bruno Le Maire, qui « veut se préparer à tous les cas de figure ». Quel que soit le scénario de l’année 2021, il assure que « les mesures de soutien à l’économie resteront à disposition des salariés et des entreprises », et que ces dernières pourraient être « adaptées », le cas échéant. Le ministre a, par ailleurs, estimé que l’emploi avait contenu sa chute. « Nous avons une situation moins dégradée que prévu », selon ses mots.

Prêts garantis par l’Etat : Bruno Le Maire favorable à un étalement des remboursements, voire des transformations en subventions

Interrogé sur l’évolution des prêts garantis par l’Etat (PGE), le ministre s’est « engagé » à étudier l’idée d’un étalement du remboursement par les entreprises, avec la Commission européenne. Cet échéancier allongé concernerait les secteurs les plus en difficulté, comme l’aéronautique. Jusqu’à présent, 135 milliards d’euros ont été décaissés par l’Etat pour redonner des fonds à 650 000 entreprises. Bruno Le Maire « n’exclut pas » pas non plus l’idée de transformer les PGE des entreprises en subventions, s’il existe des perspectives de redressement. « Cela mérite d’être étudié », a-t-il insisté.

Lundi soir, dans Audition publique, sur les chaînes parlementaires, le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt a précisé que le taux de sinistralité des PGE, c’est-à-dire le nombre de prêts susceptibles de ne pas être remboursés, pourrait s’élever de 5 ou 6 %. Un chiffre proche de celui que le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, auditionné par la commission des Finances du Sénat ce mercredi matin, avançait (4,5 à 6 % du total). Des chiffres qui laissent sceptiques certains sénateurs. « Cela me semble faible, j’espère qu’il a raison », a réagi le sénateur LR Philippe Dallier.

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