Le Sénat adopte à l’unanimité l’école obligatoire dès l’âge de 3 ans
Les sénateurs ont adopté le passage de 6 à 3 ans de l’instruction obligatoire, l’une des principales réformes du projet de loi Blanquer sur l’école. « C’est un très grand progrès social, un progrès pédagogique et éducatif » a salué le ministre de l’Education nationale. La mesure concernera 25.000 enfants.

Le Sénat adopte à l’unanimité l’école obligatoire dès l’âge de 3 ans

Les sénateurs ont adopté le passage de 6 à 3 ans de l’instruction obligatoire, l’une des principales réformes du projet de loi Blanquer sur l’école. « C’est un très grand progrès social, un progrès pédagogique et éducatif » a salué le ministre de l’Education nationale. La mesure concernera 25.000 enfants.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

C’est la mesure phare du projet de loi « pour une école de la confiance » du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer : l’instruction obligatoire dès l’âge de 3 ans, au lieu de 6 ans actuellement. Le Sénat a voté à l’unanimité cette réforme, déjà adoptée par les députés.

« C’est un très grand progrès social, un progrès pédagogique et éducatif » et « confirmé par les dernières recherches en science cognitive », s’est réjoui le ministre. Surpris de voir certains, « il y a quelques semaines, affirmer que nous voulions supprimer l’école maternelle », il souligne que « c’est absolument l’inverse », « c’est un très grand signal envoyé à l’école maternelle aujourd’hui ». Cette scolarisation obligatoire se fera « en tenant compte de la différence des enfants, leurs particularités, leurs rythmes, leurs chemins » a assuré le ministre.

97% des enfants déjà scolarisés dès 3 ans

Dans les faits, la très grande majorité des enfants vont déjà à l’école dès 3 ans. C’est pourquoi certains y voient une mesure avant tout symbolique. Une vision que rejette le ministre. Il s’est dit « un peu surpris d’entendre toujours le même argument qui dit que 97% des enfants sont scolarisés et que la loi agirait en surface. 25.000 enfants (qui seront concernés par l’obligation), ce n’est pas quantité négligeable. (…) Même un enfant, ce serait important ».

Jean-Michel Blanquer place sa réforme dans une « filiation historique ». Il la met au rang des grands textes sur l’école. « On me dit que 97% des enfants sont déjà scolarisés à 3 ans. Savez-vous combien d’enfants étaient déjà scolarisés au moment des lois Jules Ferry en 1882 (sur l’enseignement obligatoire, ndlr) ? 93%. Et nous vivons cette loi comme étant fondatrice pour la République. (…) Ça a posé un cadre et c’est fondamental » rappelle le ministre de l’Education nationale.

« Nous compensons aux communes le surplus de dépenses »

Quelques rares voix ont exprimé des doutes, comme Sylviane Noël, sénatrice LR de la Haute-Savoie. « J’ai beaucoup de mal avec cette volonté de rendre obligatoire l’instruction dès 3 ans. (…) L’enfant a besoin de temps pour se construire » a-t-elle soutenu. « Avec des taux de scolarisation de plus de 97% à 3 ans et de 99,9% à 4 ans, la société a fait son choix » a souligné de son côté le rapporteur LR du texte au Sénat, Max Brisson, qui défend la mesure. En commission, les sénateurs ont cependant adopté le principe de « dérogation à l’obligation d’assiduité en petite section de maternelle », a rappelé le rapporteur.

Le ministre a reconnu qu’il y a encore « des problèmes à résoudre », notamment « financiers » pour les municipalités. « Nous compensons aux communes le surplus de dépenses que cela leur occasionnera » a-t-il assuré.

En commission, les sénateurs ont aussi prévu que la compensation prendra en compte la prise en charge des dépenses des maternelles que certaines collectivités avaient déjà consenties pour les établissements privés sous contrat. Certains « déplorent un cadeau fait aux écoles privées » a admis le sénateur LREM de Guyane, Antoine Karam, « mais rappelons qu’il s’agit d’abord d’une obligation constitutionnelle. L’Etat doit accompagner les communes quand il y a création de nouvelles compétences ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Sénat adopte à l’unanimité l’école obligatoire dès l’âge de 3 ans
2min

Politique

Violences urbaines : « La République n'est plus tenue, ni sur le plan social, ni sur le plan économique, budgétaire ou démocratique », tacle Patrick Kanner

Interrogé par Public Sénat sur les violences urbaines du 17 octobre, Patrick Kanner dresse un constat sévère du bilan du gouvernement, tout en ciblant les propos « outranciers » de La France insoumise. À la veille d'une réunion à Matignon avec le Premier ministre, le patron des sénateurs socialistes indique que les représentants du PS proposeront « un agenda pour sortir de la crise ».

Le

Le Sénat adopte à l’unanimité l’école obligatoire dès l’âge de 3 ans
2min

Politique

Maintien de l’ordre : Laurent Nuñez prêt à reprendre les propositions du Sénat 

Interpellé à plusieurs reprises lors des questions d’actualité au gouvernement, Laurent Nuñez s’est dit prêt à reprendre plusieurs propositions issues des travaux de la majorité sénatoriale de la droite et du centre, comme l’interdiction administrative de manifester pour les personnes susceptibles de troubler gravement l’ordre public. 

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
5min

Politique

Violences du 17 octobre : Sébastien Lecornu accuse LFI de porter « une atteinte très grave à l’État de droit »

Lors des questions au gouvernement, le sénateur Claude Malhuret a livré une charge virulente contre Jean-Luc Mélenchon et sa stratégie politique, qu’il accuse de « tout conflictualiser » pour favoriser une confrontation entre les deux extrêmes à la présidentielle. Le Premier ministre lui a répondu pour partager son constat sur la menace de l’ultragauche, qu’il accuse de porter atteinte à l’indépendance de la justice et aux institutions.

Le