Le Sénat rejette la collectivité unique de Corse
Le Sénat a rejeté le projet de loi visant à ratifier trois ordonnances destinées à clarifier le fonctionnement de la future collectivité unique de Corse.

Le Sénat rejette la collectivité unique de Corse

Le Sénat a rejeté le projet de loi visant à ratifier trois ordonnances destinées à clarifier le fonctionnement de la future collectivité unique de Corse.
Public Sénat

Par Saveria Rojek avec les images de Fabien Recker

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Un mauvais moment de la vie parlementaire » : le ministre Jean Michel Baylet n’a pas caché sa colère hier soir après le rejet du projet de loi par le Sénat. « Nous venons d’assister à un mauvais moment de la vie parlementaire. Le représentant du groupe centriste venait dire à cette tribune nous sommes favorables, il n’en est rien. J’ai vu les Républicains, et vous Monsieur le sénateur Panunzi en particulier, comme numéro de faux-cul parlementaire, il est difficile de faire mieux ! Tout cela sous l’œil de Camille de Rocca Serra. Les Corses vous tiendrons rigueur de ce qu’il s’est passé et ils auront raison ! » a déclaré le ministre des collectivités territoriales à l’issue de la séance."

Une collectivité unique de Corse entraînerait de nouvelles élections

La droite, les centristes mais aussi le groupe communiste ont voté contre ce texte qui acte l’entrée en vigueur de la collectivité unique de Corse.

Comme l’explique le rapporteur LR du texte Hugues Portelli, le gouvernement crée cette collectivité unique par souci de rationalité : « Aujourd’hui en Corse, vous avez deux départements, une collectivité territoriale, tout cela pour 300 000 habitants, ca fait beaucoup ! »

Le Sénat rejette la collectivité unique de Corse
00:19

Ces ordonnances que le Sénat a rejetées actaient la naissance de cette collectivité unique. Problème, si la collectivité entrait réellement en vigueur le 1er janvier prochain, de nouvelles élections locales auraient été nécessaires, élections que la droite locale est convaincue de perdre : « les élus corses du Sénat, centristes et de droite, ont voté contre car ils ne veulent d’élections. La droite les perdrait. Plus tard il y aura des élections, mieux ils se porteront. Ils veulent gagner du temps et je regrette donc que ce texte soit rejeté sans motifs sérieux » explique ce matin Hugues Portelli.

A la tribune, Jean-Jacques Panunzi, le sénateur LR de Corse du Sud, a lui justifié son opposition à la réforme : « ce texte est une coquille vide et nous sommes privés de référendum ». Il a défendu la nécessité d'une loi spécifique. C’est en fait l’autre raison inavouée de l’opposition à ce texte. François Fillon, en cas de victoire à la présidentielle, aurait promis à la droite insulaire un nouveau texte plus favorable à leurs intérêts….

La droite du Sénat s'oppose à la collectivité unique de Corse
00:46

En Corse, les réactions n’ont pas tardé : Jean-Guy Talamoni, l’actuel président de l'Assemblée de Corse dénonce « des manœuvres souterraines consternantes de certains élus corses qui tiennent un double discours ». 

Au Sénat, Philippe Kaltenbach,  dénonce les "contingences politiciennes".Le sénateur PS des Hauts-de-Seine explique que "la droite locale ne veut pas lacher le conseil départemental du sud qui disparaîtrait dans la fusion car, dit-il, elle a peur de ne pas remporter la nouvelle collectivité"

Collectivité unique de Corse : la gauche stupéfaite du revirement de la majorité sénatoriale
00:43

La collectivité unique doit naître le 1er janvier prochain de la fusion de la collectivité territoriale actuelle et des deux départements corses. Mais si les ordonnances ne sont pas ratifiées, sa création est compromise. La première ordonnance précise les règles budgétaires, fiscales et comptables, la deuxième porte sur diverses mesures institutionnelles et la troisième sur les nouvelles dispositions électorales. Elles sont destinées à compléter l'article 30 de la loi NOTRE sur la nouvelle organisation territoriale.

Quand à l’avenir de cette réforme, Hugues Portelli est ce matin confiant : « la commission mixte paritaire va se réunir le 12 février, elle échouera. Les députés auront alors le dernier mot et ils voteront le texte avant la fin de la session parlementaire ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Sénat rejette la collectivité unique de Corse
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le