Le Sénat reporte le débat sur le tracking
Au lieu d’un seul débat sur le tracking le 29 avril, les sénateurs débattront de l’ensemble du déconfinement, dont le tracking numérique, très vraisemblablement le mardi 5 mai, selon les informations de publicsenat.fr. Le débat sera suivi d’un vote.

Le Sénat reporte le débat sur le tracking

Au lieu d’un seul débat sur le tracking le 29 avril, les sénateurs débattront de l’ensemble du déconfinement, dont le tracking numérique, très vraisemblablement le mardi 5 mai, selon les informations de publicsenat.fr. Le débat sera suivi d’un vote.
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Il y aura bien un vote au Sénat sur le tracking. Mais pas seulement, et une semaine plus tard que prévu. La Haute assemblée va en effet débattre, très vraisemblablement le mardi 5 mai après-midi, de la stratégie de déconfinement, dont le tracking fait partie, a appris publicsenat.fr auprès de plusieurs sénateurs. La date du 5 mai est quasi certaine, mais elle doit encore être confirmée la semaine prochaine. En tout état de cause, ce vote aura lieu la semaine du 4 mai. De source gouvernementale, on reste cependant encore prudent, ce jeudi en début d’après-midi. Mais « un débat plus large le 5 mai » est bien « dans les tuyaux » au Sénat.

Le débat, uniquement sur le tracking, était initialement prévu le 29 avril au Sénat, au lendemain du débat à l’Assemblée nationale, qui aura lieu le 28 avril. Les députés doivent aussi débattre puis voter sur le déconfinement. La date du 5 mai est aussi évoquée.

« Le Sénat, représentant des collectivités, est le lieu légitime pour ce débat sur le déconfinement »

Ce report permettra de débattre pleinement du déconfinement, dont les grands traits auront a priori été dévoilés la semaine précédente. « Le Sénat est le représentant des collectivités territoriales. Il est le lieu légitime pour que ce débat sur le déconfinement ait lieu » se réjouit un sénateur.

Autre avantage de ce report : l’application de traçage numérique « Stop Covid » n’est pas encore prête et ne le sera pas le 28 ou 29 avril. Laisser plus de temps devrait permettre de débattre au mieux de cette application qui n’en finit pas de faire polémique. Ce report permettra aussi d’avoir l’avis précieux de la Cnil sur le sujet, qui vient d’être saisie par le gouvernement. « Faire un débat sur le tracking, sans avoir l’avis de la Cnil, c’était particulier » glisse un sénateur. Auditionnée par le Sénat la semaine dernière, sa présidente ne cache déjà pas ses doutes quant à l’efficacité du dispositif.

Ce report devrait satisfaire les socialistes. Car la proposition de résolution, déposée sur le sujet par le groupe PS du Sénat, allait en ce sens. « Nous demandons qu’il puisse y avoir un débat global sur les mesures de déconfinement et le tracking » expliquait lundi son président, le socialiste Patrick Kanner.

Divisions chez LREM et LR au sujet du tracking

De son côté, le président LR du Sénat, Gérard Larcher, avait écrit un courrier au premier ministre pour avoir un débat global, suivi d’un vote. « On était réservé à l’idée de parler du trakcing tout seul, qui n’est qu’un élément du déconfinement. Si pas de test, pas de tracking » souligne un membre de la majorité sénatoriale.

Mais ce vote global sur le déconfinement pourrait aussi avoir un avantage plus politique. En réalité, comme LREM à l’Assemblée, où certains députés de la majorité présidentielle s’opposent fortement à « Stop Covid », les LR pouvaient se montrer en partie divisés sur le tracking. Au Sénat, le sénateur Patrick Chaize est ainsi pour un tracking obligatoire (lire ici et ). Il avait même déposé un amendement en ce sens, co-signé par le président de groupe Bruno Retailleau, alors que le président LR de la commission des lois, Philippe Bas, n’est pas « sûr que le jeu en vaille la chandelle » (voir son interview).

Un vote sur l’ensemble du déconfinement permettrait ainsi d’éviter de mettre en avant des votes contraires. « Gérard Larcher ne voulait pas de vote sur le tracking car les LR sont divisés » soutient un sénateur de l’opposition sénatoriale. Ce report du débat devra encore officiellement être acté à la Haute assemblée par une conférence des présidents, qui fixe l’agenda. La prochaine est prévue le 28 avril.

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